Niger Économie et Développement, An 3 du Gouvernement de la Renaissance

Satisfecit pour Issoufou Mahamadou. Sept avril 2011-7avril 2014, cela fait trois ans, jour pour jour qu’Issoufou Mahamadou, le président de la République du Niger est arrivé au pouvoir, au terme d’une élection présidentielle. Que retenir de son action au sommet de l’Etat, trois ans après son avènement au pouvoir ?

Transport au Niger, Niamey [Wikipédia]Transport au Niger, NiameyPour « renforcer, et stabiliser les institutions démocratiques et républicaines, assurer la sécurité des frontières, des personnes et des biens, nourrir les Nigériens, équiper le pays en infrastructures, éduquer et soigner les enfants, assurer  au peuple l’accès à l’eau et à l’assainissement et créer des emplois, Issoufou Mahamadou s’était engagé à mobiliser plus de 6240 milliards de francs Cfa ». Ce qui avait paru avait paru énorme, démagogique, voire impossible à nombre de ses compatriotes, en son temps.

Mais aujourd’hui, la donne a changé. Et, ce qui avait paru chimérique, illusoire dans le temps, est en phase avancée de réalisation, de concrétisation.

Mahamadou IssoufouMahamadou Issoufou

Grâce au rétablissement du monopole fiscal de l’Etat, Issoufou Mahamanou a pu faire passer les recettes internes annuelles de l’Etat de 632 milliards de francs environ en 2011 à 719 milliards de francs en 2012 et 839 milliards de francs en 2013. Ce qui revient à dire qu’en trois ans, le montant cumulé des ressources internes mobilisées, est de plus de 2190 milliards de nos francs contre des prévisions de 1872 milliards, soit un taux de réalisation de 117%. En clair, les réalisations ont largement dépassées les prévisions. Même si çà et là, des effets pervers liés à la fraude fiscale et la corruption perdurent.

Quand on sait que le taux de pression fiscale du Niger reste en-deçà de celui de 17% du Produit intérieur brut (Pib) fixé par l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), il faut se féliciter de cette performance de l’économie nigérienne. Et miser sur de meilleures perspectives au cours des deux prochaines années, avec le renforcement des mesures d’assainissement  et la mise en œuvre de nouvelles réformes du secteur des régies financières pour l’accroissement des recettes internes au niveau de l’Etat. C’est en cela que se justifient certainement les nouvelles orientations des autorités nigériennes pour une meilleure taxation du secteur de la téléphonie mobile. C’est aussi dans cette même veine qu’il faut situer les négociations du pouvoir avec les partenaires du secteur de l’uranium, pour une réévaluation et un meilleur rendement.

Le pouvoir avait tablé sur la mobilisation de 3120 milliards de francs en ressources externes, soit le même montant qu’au niveau des ressources internes. En trois ans, le gouvernement a déjà mobilisé plus de 3200 milliards, soit  102%  des  prévisions. Avec la manne pétrolière et autres découverte de ressources naturelles tout azimut, le Niger est aujourd’hui crédible et les bailleurs de fonds et autres investisseurs se bousculent à ses portes pour participer à son émergence. La suite on la connait.

Le gouvernement doit travailler à meilleure consommation des crédits alloués. Comme l’attestent des études récemment menées sur le terrain. Même s’il n’a véritablement pas de difficulté à mobiliser avec succès des  investissements directs étrangers, notamment dans les secteurs miniers, pétrolier et de la téléphonie.

L’efficacité de la dépense publique reste à améliorer dans l’optique d’une lutte contre les surfacturations et les fausses factures, afin que l’argent public soit dépensé au service des populations bénéficiaires effectivement.

Des indicateurs au beau fixe…

Le classement mondial du Niger dans le domaine de la liberté de presse, l’amélioration de  son indice de perception de la corruption, son éligibilité au programme du Millenium Challenge Corporation des Etats-Unis d’Amérique, sa reconduction pour la troisième fois comme membre du Conseil d’administration de l’ITIE, son adhésion au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), sont autant d’indicateurs qui attestent des succès remportés par le gouvernement sur plusieurs fronts.

Avis que ne partagent pas certains Nigériens à l’instar de ce chauffeur taxi qui m’a conduit à mon hôtel le jour de mon arrivée à Niamey : « Issoufou est en train de réaliser plein de belles choses à Niamey au détriment des populations de l’intérieur…Au terme de son mandat, je me demande comment il va convaincre les populations d’Agadez, Tillabéry et autres pour lui apporter leurs suffrages dans la perspectives d’un second mandat…Face à mon étonnement, Ibrahim volubile m’explique que les populations de l’intérieur du pays sont laissées pour compte pendant que le pouvoir est aux petits soin pour Niamey la capitale. A l’instar de cet taximan, ils sont nombreux, les Nigériens qui s’émerveillent aujourd’hui face aux résultats obtenus sur terrain par un gouvernement qui a su mettre en place toutes les institutions prévues par la Constitution, et s’est permis même le luxe, d’engager sa responsabilité, devant le Parlement, au mois d’octobre 2013. Ce qui est inédit en Afrique In fine, le Niger, aujourd’hui, c’est une démocratie qui marche, avec des moyens considérables et des potentialités énormes.

Un fort potentiel

Le Niger renaît. Les chantiers s’y multiplient conformément aux prévisions du gouvernement. De gros efforts sont consentis dans le domaine des infrastructures socio collectives et des grands travaux.

S’agissant des Technologies de l’information et de la communication (Tic), le Programme de Renaissance vise à porter le taux de couverture nationale  de 54% en 2010 à 72% en 2015 et celui de la pénétration des Tic de 25% en 2010 à 50% en 2015. C’est dans cette perspective que les équipements de l’Office de radio télévision du Niger (Ortn) ont été renforcés et plusieurs centaines de kilomètres de fibre optique posés.

Concernant les infrastructures urbaines, Niamey  Nyala et Dosso Soga sont en cours. Les autres villes suivront. A Niamey, a été inauguré le 1er échangeur. Sont en cours, la réalisation du deuxième  échangeur, celui de la Place des martyrs, les travaux de bitumage de la route Goudel-Tondibia-Tondikoireye. Autres chantiers en perspective, les travaux d’aménagement de certains ronds-points,  de bitumage de 70 Km de rues de Niamey, deux autres échangeurs, le 3ème pont sur le fleuve à Niamey, ainsi que l’aménagement des corniches, la restructuration de certains quartiers, la réalisation de la cité administrative et des hôtels.

Le moins qu’on puisse dire c’est que, beaucoup d’efforts sont consentis par le pouvoir pour rendre la ville de Niamey vraiment coquette. Néanmoins, cet objectif ne sera pleinement atteint que si la population de Niamey, ses élus locaux, ses leaders d’opinion, notamment ses chefs de quartier, s’approprient le projet, pour en faire leur chose. Et s’engagent, conformément aux prescriptions de l’Islam, à maintenir propre leur cadre de vie, à éviter les installations anarchiques et à protéger les investissements coûteux réalisés par l’Etat à leur profit.

S’agissant de Dosso Soga, sont en cours : la réalisation de 15 Km de voirie, l’aménagement et la réhabilitation des édifices publics et une Cité dite du 18 Décembre. Par ailleurs, dans le cadre des  57ème  et 58ème anniversaires de la République qui auront  lieu, Inchallah, à Maradi  le 18  Décembre 2015 et à Agadez, le 18 Décembre 2016, le Gouvernement est instruit pour lancer les programmes « Maradi Kollia » et « Agadez Sokni ». La reconstruction en cours  du marché central de Maradi est désormais partie intégrante du programme « Maradi Kollia ». Les autres grandes villes chefs-lieux des régions auront également leur programme : ainsi le Gouvernement concevra les programmes « Diffa N’Gla’a », « Tahoua Sakola », « Tillabéry Galgalo » « Zinder Saboua ».

En matière d’infrastructures routières, l’axe Niamey-Namaro est déjà inauguré. La  section urbaine de cette route, à l’entrée de Niamey, vient d’être achevée. Les travaux de la routeTsernaoua-Madaoua sont terminés. Des routes sont en cours de  réhabilitation pendant que de nouvelles routes sont en cours de réalisation ou  au stade d’appel d’offres ou d’études techniques. Les routes bitumées nouvelles ou en cours  de réfection concernent les tronçons Diffa-frontière avec le Tchad y compris les voiries des villes de Diffa, Mainé-Soroa et N’guigmi, Goudoumaria-Djajiri, Zinder-Guidimouni, Maradi-Madarounfa-frontière avec le Nigéria, Guidan-Roumdji-Madaoua, Madaoua- Bouza- Keita-Tahoua, Filingué-Tahoua, Moujia-Illéla-Badaguichiri, Bella-Gaya, Say-Tapoa.

Les routes au stade d’appel d’offres ou dont les études sont terminées ou en cours concernent les tronçons Arlit-Assamaka, Agadez-Aabalama, Zinder-Magaria-frontière avec le Nigéria, la route RTA- Kao- Tchintabaraden, Dosso-Béla, Balléyara-Filingué,  les  ponts  sur le fleuve Niger à Farié,  la voie d’accès à l’île de Lété, la voie d’accès au 2ème pont de Niamey phase II, Tchadoua- Maradi-Dan Issa-frontière avec le Nigéria (réhabilitation), Zinder-Agadez (réhabilitation),  Hamdara- Washa- Dungas- Frontière avec le Nigéria, Tchadoua-Mayahi-Tessaoua, Malbaza-Dabnou, l’ouvrage de franchissement de Goulbi-Maradi à Tibiri, Agadez-Dabaga-Iférouane- Route des Istambulawa (Rta), Bagaroua-Illéla, Dogon-Doutchi-Bagaroua, Dogon-Doutchi-Loga, Balléyara-Loga-Dosso, Ouallam-Tillabéry, Abalak-Bermo-Dakoro, Keita-Dakoro-Belbédji-Guézaoua, Say-Kobadjé, plusieurs routes transversales liant le Niger au Nigéria, etc.….

S’agissant des pistes rurales, plus de 400 km sont réalisés pendant que d’autres sont en cours de réalisation, d’appels d’offre ou d’études. La réduction des coûts de transport sera surtout obtenue grâce au chemin de fer.

Le 7 avril 2014, le lancement des travaux du chantier de chemin de fer Niamey-Parakou-Cotonou s’est déroulé à Niamey au Niger. Le 8 avril 2014, du côté béninois, les travaux concernant le même tronçon ont été lancés à Cotonou. L’ensemble du chantier comprend une partie  réhabilitation de Cotonou à Parakou et une partie travaux neufs de Parakou à la frontière du Niger, puis de celle-ci à Dosso et Niamey. Les travaux seront réalisés en partenariat entre l’Etat béninois, l’Etat nigérien, les privés  béninois, les privés nigériens et le groupe Bolloré. Ils  dureront 24  mois. Le 7 Avril reprendra donc la marche, l’aventure, interrompue en 1936, c’est-à-dire il y a de cela 78 ans, quand il a été mis fin aux  travaux  de construction du chemin de fer à Parakou, au Bénin.

Pour le président nigérien, « la reprise de l’aventure ne se limitera pas seulement à ce tronçon : elle se poursuivra avec le tronçon Niamey-Téra-Ouagadougou-Abidjan. Les études techniques sur le trajet Niamey-frontière Burkina sont en cours. Un protocole d’accord portant sur ce trajet a été déjà signé avec le Groupe Timis. Le rêve de relier le Niger à l’océan, par chemin de fer, va donc, avec l’aide de Dieu, devenir une réalité. La réalisation de la boucle ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou permettra au Niger, pays continental, d’avoir accès, à moindre coût,  à deux ports de la sous-région : le port  d’Abidjan et celui  de Cotonou ».

Des ressources considérables

La réalisation du Projet Kandadji constitue, après le chemin de fer, le deuxième grand rêve des Nigériens. A en croire Issifou Mahamadou, la phase barrage de ce projet a connu des difficultés qui ont amenés à résilier le contrat d’exécution des travaux. Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, ces difficultés sont désormais derrière nous. Avec les partenaires techniques et financiers, le dossier a été totalement repris, son financement actualisé est estimé à plus de 500 milliards de francs, tous volets compris. Le financement est acquis dans sa totalité. L’exécution  des travaux préparatoires, confiés à une entreprise chinoise, est en cours. L’appel d’offres, pour le génie civil et les équipements hydromécaniques du barrage, sera lancé dans les prochaines semaines. Les autres phases suivront ».Au titre des autres projets, on peut retenir pêle-mêle, la construction de la centrale thermique au charbon à Salkadamna, le barrage hydro électrique de Kandadji, les travaux de la centrale de Gourou Banda, le renforcement des capacités de production et de transport de Sonichar, la ligne électrique Soraz-Zinder-Maradi-Malbaza, la mise en service de la ligne haute tension Birnin Kebbi- Mallanville-Niamey- Ouagadougou.

En plus de l’hydro-électricité, du fuel et du charbon, le gouvernement intensifiera l’utilisation du  gaz dont la consommation est passée de trois mille tonnes en 2011 à douze mille tonnes en 2013. A travers le recours aux briquettes de charbon et au gaz domestique, afin de réduire la demande en bois de chauffe et la pression sur l’environnement. Le Gouvernement envisage aussi le recours au solaire et au nucléaire dont il a décidé de préparer l’avènement avec la création de la Haute autorité nigérienne à l’énergie atomique (Hanea).

L’achèvement de la construction du pipeline Agadem-Raffinerie, la mise en exploitation de la raffinerie de Zinder et la commercialisation des produits pétroliers ont eu comme effet immédiat la baisse des prix à la pompe des produits pétroliers en 2013. En trois ans, il a été produit environ 12 millions de barils et le taux de raffinage a atteint 18 mille barils par jour en 2013. L’exploration pétrolière se poursuit et les réserves découvertes permettent d’envisager les perspectives d’exportation du pétrole brut avec optimisme.
La production d’uranium est estimée à plus de 13 mille tonnes sur la période 2011-2013. Elle a été satisfaisante en 2013, en dépit de l’attentat perpétré contre la Somaïr. Les négociations engagées pour le renouvellement de la convention de longue durée de cette société et celle de la Cominak  permettront  de créer les conditions d’un meilleur équilibre avec nos partenaires, avec notamment  la mise en vigueur des dispositions fiscales du code minier de 2006, la nigérisation immédiate du poste de directeur général de la Somaïr et celle dans deux ans de celui de la Cominak. Ces nigérisations permettront une plus grande participation du Niger à la gouvernance des sociétés. Les négociations  permettront, par ailleurs, la réhabilitation de la Route Tahoua-Arlit, la construction d’un siège pour les sociétés productrices d’uranium à Niamey et  l’accélération de la mise en valeur de la vallée de l’Irhazer. La production d’or, interrompue un moment, a repris. Entre 2011 et 2013, environ cinq tonnes d’or ont été produites.

La construction de la nouvelle cimenterie à Malbaza se poursuit. Les travaux de construction d’une nouvelle unité de production de ciment d’une capacité d’un million de tonnes par an ont été récemment lancés à Garadaoua. Un protocole d’accord et un contrat ont été signés pour la construction de la cimenterie de Kao d’une capacité d’un million de tonnes par an.

Les Nigériens peuvent se frotter les mains aujourd’hui et espérer des lendemains meilleurs eu égard aux ressources et potentialités de leur pays.

Le . Par Serge de Souza.

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