Centrafrique Les tensions persistent…

Le nouveau Premier ministre centrafricain, Mahamat Kamoun, a du pain sur la planche. Sa nomination par la présidente Catherine Samba-Panza n’a pas obtenu le consensus nécessaire pour lui faciliter la tâche. C’est le moins que l’on puisse dire.

Le pire est que son gouvernement a-t-il été à peine formé que le pays connaît de nouvelles dissensions internes au sein des protagonistes de la crise centrafricaine. Il y a quelques jours, ce sont des miliciens Anti-balaka qui défrayaient la chronique avec des querelles intestines sur fond d’échanges de tirs d’armes à feu. Et le 25 août, ce sont de violents affrontements qui ont opposé deux factions de l’ex-rébellion Seleka à Bambari. D’après RFI : « Ceux qui se sont affrontés sont des partisans du général Ali Darass, qui était jusqu’à l’arrivée de l’état-major de la Seleka le maître de Bambari. En face, d’autres membres de la Seleka : les partisans du général Joseph Zoundéko, le chef d’état-major venu s’installer sur place après le congrès de Ndélé au mois de mai dernier ».

Malgré la démission de l’ancien Premier ministre André Nzapayeké, et la nomination du nouveau, Mahamat Kamoun, les tensions ne semblent pas baisser. En témoignent les violentes critiques de l’ex-Seleka à l’endroit de celui qui fut pourtant le directeur de cabinet de son leader, l’ex-président Michel Djotodia. Pour le journal burkinabé, Le Pays : « Plutôt que de faire dans la précipitation, Catherine Samba-Panza aurait dû travailler à aplanir certaines difficultés, afin de faciliter la mise en place d’une équipe consensuelle dans laquelle se reconnaîtront toutes les sensibilités. Cela aurait eu l’avantage de faire avancer la machine de la réconciliation en panne, du fait de la violence qui caractérise la RCA. Si la mission dépêchée au Bénin pour rencontrer l’ex-président de la junte centrafricaine, Michel Djotodia, s’inscrit dans cette logique, c’est tant mieux ».

La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et son médiateur, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, ne sont manifestement pas au bout de leurs efforts. Il faut espérer que les renforts de casques bleus de l’ONU attendus en Centrafrique contribuent à ramener la sécurité indispensable à la reconstruction de l’Etat centrafricain. Et surtout à la réconciliation nationale. Il s’agit là, en fait, d’étapes cruciales, voire décisives avant la mise œuvre d’un processus politique en vue d’une future élection présidentielle.

Le . Par Tcha Sakaro.

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