L’Europe, seule bouée de sauvetage pour les jeunes Africains ?

L’immigration clandestine de ressortissants africains en direction de l’Europe n’a cessé de prendre des proportions inquiétantes depuis quelque temps. En dépit des drames qui sont souvent le lot de nombre de candidats à l’exode, des refoulements aux frontières et de la rude vie de clandestin à l’intérieur de l’Union européenne.

On a beau renforcer les lois sur l’immigration dans la plupart des pays concernés, les immigrants n’ont de cesse de redoubler d’ingéniosité afin de contourner tous les obstacles pour parvenir à leurs fins. Les images d’Africains se ruant sur une barrière de fils de fer barbelés à la frontière entre le Maroc et l’Espagne comme des hussards chargeant la défense ennemie, et cela au péril de leur vie, en disent long sur le désespoir ou l’espoir de ces derniers. C’est selon. Ces jeunes Africains qui prennent d’assaut Ceuta et Melilla, Lampedusa et bien d’autres endroits dans la perspective de trouver un eldorado quelque part en Europe, expriment de façon éloquente un profond sentiment d’afro-pessimisme. Quoi qu’en pensent les dirigeants du continent.

En effet, si les jeunes qui sont censés incarner par essence la force de l’espoir en viennent à préférer une autre manière de se faire hara-kiri, par des tentatives d’immigration clandestine vers l’Europe plutôt que de rester en Afrique, il y a manifestement péril en la demeure. Ce qui doit en interpeller plus d’un.

A l’instar de tous les téléspectateurs du monde entier, les gouvernants africains dont les ressortissants se ruent sur les côtes européennes, voient sans doute ces images qui dépassent l’imagination sur des chaines de télévision. Et la question qui va sans dire est de savoir ce qu’ils éprouvent face à un tel spectacle. Certains diront tout simplement qu’il y a des centaines de millions de personnes qui vivent en Afrique et qu’une poignée d’aventuriers en quête de fortune outre-Atlantique ou Méditerranée ne peuvent donner une image réelle de la situation sociale du continent. Seulement voilà : au-delà des discours lénifiants des politiciens sur la lutte contre la pauvreté et la redistribution judicieuse des richesses nationales, la fracture sociale est énorme entre les élites et la masse. C’est-à-dire entre l’Afrique d’en haut et l’Afrique d’en bas, pour paraphraser l’ex-Premier ministre français Raffarin. C’est donc, en désespoir de cause, les mirages de l’Europe qui semblent constituer la seule bouée de sauvetage aux yeux des jeunes laissés pour compte des villes et campagnes du continent africain. Sans que, aussi bien en Afrique qu’en Europe, l’on daigne apporter des solutions idoines à cet autre fléau des temps modernes.

Le . Par Marcus Boni Teiga.

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