Ebola Afrique de l’Ouest : le virus continue sa progression

Le 29 août 2014, à la faveur d’une conférence de presse, le ministre de la Santé du Sénégal Awa Marie Coll Seck, a confirmé la présence du virus Ebola au Sénégal. Ce qui porte maintenant à cinq le nombre de pays de la sous région atteints par cette épidémie.

Ebola virus particlesLe premier cas de fièvre à virus Ebola a été détecté en Mars 2014 en Guinée. Mais en réalité ce virus était présent dans ce pays depuis décembre 2013. En effet au Sud de la Guinée, plus précisément dans la préfecture de Guéckédou un enfant de deux ans meurt le 6 Décembre 2013 des suites d’une maladie dont personne ne maîtrisait les causes et les origines. Il faisait une forte fièvre, accompagnée de nausées et de diarrhées. Mais dans la semaine du 23 décembre 2013 la mère, la sœur et la grand-mère du petit ont ensuite été contaminées et toutes trois ont succombé à la maladie. C’est bien après qu’il a été établit qu’il s’agissait de la fièvre hémorragique Ebola. Très tôt ce mal s’est propagé et a atteint d’autres pays à savoir le Liberia, la Sierra Leone, le Nigeria et le Sénégal.
Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) du 28 août, 3069 cas ont été dénombrés dans les quatre premiers pays et 1552 personnes sont mortes. Au 26 août 2014, le taux global de létalité est de 52 %. Il varie de 42 % en Sierra Leone à 66 % en Guinée. A ces cas de décès, il faudra maintenant ajouter celui du Sénégal, un jeune Guinéen étudiant dans une université de Conakry contaminé qui s’est rendu au Sénégal et y est mis en quarantaine à l’hôpital de Fann à Dakar.

Les recherches ont permis de savoir que la souche à l’origine de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, appartient à l’espèce « Zaïre », et serait une souche spécifique ayant évolué séparément ; il est possible qu’elle circule depuis quelques temps dans la région, quoi qu’inconnue jusqu’alors.

Plusieurs raisons expliqueraient la rapide propagation du virus en Afrique de l’Ouest : la surveillance (contrôle dans les gares routières, ports et aéroports, campagne d’information dans les médias) s’est relâchée dans la sous région ; la grande mobilité des populations même malades pour aller voir des parents dans des villes éloignées ; le transfert de corps des défunts jusqu’à leurs villages natals pour les funérailles, le refus des malades des contraintes qui leur sont imposées qu’ils jugent plus draconiennes que celles mises en œuvre lors d’autres types d’épidémies comme la méningite ou la rougeole, ce qui les amène à fuir et à échapper à tout contrôle.

Panique généralisée

Visiblement les pays de l’Afrique de l’Ouest ont été surpris par cette épidémie et très tôt leur dispositif de riposte s’est révélé inopérant. Il eu assez de tergiversations aussi. Le Liberia, la Guinée, la Sierra Leone et le Nigeria ont dû décréter l’état d’urgence sanitaire. Le Nigeria a décidé de décaler la rentrée scolaire d’un mois. L’option de fermetures de frontières prise par certains pays ne semble pas être la meilleure formule. Le cas du Sénégal qui a pourtant fermé ses frontières avec la Guinée en est une preuve. C’est la communauté internationale qui a dû prendre le devant des opérations en participant à l’aide humanitaire dans cette crise. Au-devant de cette offensive contre le virus on retrouve entre autres l’Organisation Mondiale de la Santé, la Commission européenne, Médecins sans frontières, les organisations internationales de la Croix rouge et du Croissant Rouge.

Le , marqué comme : . Par Euloge Aïdasso.

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