Trafic De Vehicules D’occasion Le Port de Lomé fait son come-back

En Afrique de l’Ouest, le trafic de véhicules d’occasion constitue un commerce lucratif et pour les entrepreneurs et pour les caisses des Etats des ports par lesquels ils transitent en direction des pays de l’hinterland. En effet, à défaut de pouvoir acheter des véhicules flambant neuf, les classes moyennes des pays de la sous région ont jeté leur dévolu sur les voitures d’occasion.

Salon automobile à Colmar_2013_006Importées d’Allemagne, des Pays Bas, de Belgique, de France et d’ailleurs, elles sont connues sous divers noms en Afrique: « Au revoir France », « Voitures congelés », « Secondes mains », etc. Outre les commerçants, le trafic emploie une main d’œuvre locale importante constituée en majorité de jeunes, en l’occurrence les transitaires et les démarcheurs. Sans compter les gardiens des parcs automobiles et les activités connexes qu’il génère. Mais il profite surtout aux ports de transit.

Ainsi, les ports des pays côtiers comme ceux d’Abidjan, de Cotonou, de Lomé, de Tema et d’Accra se partagent la manne issue du commerce en direction des pays enclavés comme le Niger, le Mali, le Burkina et même le Nigeria et le Tchad. Mais chaque port essaie d’en tirer le meilleur profit et construit sa stratégie pour être le plus attractif possible pour ses clients. Après de longues années d’affluence, le port de Cotonou est quasiment déserté actuellement par ses clients des pays de l’hinterland. Plusieurs raisons sont à l’origine de cette désaffection progressive du port de Cotonou. Et cela, au profit du port de Lomé, devenu de plus en plus compétitif en termes de rapport qualité-prix.

Selon nombre d’opérateurs économiques et manutentionnaires utilisant les deux ports, celui de Cotonou compte 12 postes de quai contre 9 pour Lomé. A cela, il faut ajouter que les postes de contrôle routiers pour traverser le pays sont plus nombreux au Bénin qu’au Togo. Dans le même ordre d’idées, au port de Cotonou, les usagers mettent entre 18 à 20 jours pour récupérer leurs marchandises contre 5 à 6 jours ou 6 jours à Cotonou contre 2 à 3 jours à Lomé. Tandis que les clients du port de Lomé disent être satisfaits de la gestion du port de Lomé par la direction générale qui est souvent à leur écoute, il n’en est pas de même de celui de Cotonou. Et c’est là le véritable nœud du problème.

Le port de Cotonou connaît un problème de management depuis quelques années. Lequel s’est aggravé ces dernières années. Cela n’est d’ailleurs pas sans s’en ressentir sur ses différentes prestations au profit de ses clients. La multiplication des difficultés dues à sa mauvaise gestion et les récentes tribulations avec l’opérateur économique Patrice Talon qui était censé gérer le nouveau Programme de vérification des importations (Pvi) ont achevé de dévier le trafic vers son concurrent de Lomé. La raison en est simple et bien logique, selon Ismaël Tela, démarcheur de véhicules d’occasion à Cotonou, il s’agit d’une question de logique commerciale : « Je me mets à la place des commerçants de voitures d’occasion pour comprendre les raisons qui font que le port de Lomé ne peut que les attirer. Chez nous, il y a non seulement les nombreux postes de contrôle des forces de sécurité publique qui rançonnent les gens. Mais il y aussi le temps que tu peux mettre avant de sortir tes véhicules du port. En plus cela coûte plus cher ici à Cotonou en transit qu’à Lomé. Si vous étiez commerçant, que choisiriez-vous ? Vous choisiriez le port de Lomé, sans aucun doute, même si vous êtes Béninois et un bon patriote ».

En attendant que les autorités béninoises ne redressent la situation au port de Cotonou, Lomé reste pour le moment la destination la plus prisée du trafic de véhicules en Afrique de l’Ouest. Ce qui n’est pas sans arranger les affaires de l’économie togolaise.

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