PROJETS DU NEPAD L’éternelle course vers le financement

A l’issue du sommet sur les infrastructures tenu du 14 au 15 juin 2014 à Dakar, sous la présidence du chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, président en exercice du comité d’orientation du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement en Afrique), les dirigeants africains ont retenu seize projets sur les cinquante et un que compte le programme de développement des infrastructures en Afrique sur la période 2010 - 2040. Mais où trouver les ressources pour le financement de ces projets ?

De bonnes infrastructures de communications sont un levier indispensable de développementDe bonnes infrastructures de communications sont un levier indispensable de développement

Le Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Carlos Lopes est clair :

« si l’Afrique arrive à combler ses retards en matière d’infrastructures, il pourra accroître le taux de croissance de son économie de 2% par an, augmenter la productivité des entreprises de l’ordre de 40% et favoriser la modernisation de son économie». Prenant en compte cette orientation, le continent noir mise désormais sur certains projets devenus prioritaires du fait de leurs impacts économiques potentiels. Au nombre de ceux-ci figurent l’extension du port de Dar es Salam, la création du gazoduc Nigeria-Algérie, la modernisation du chemin de fer Dakar-Bamako, la construction d’un corridor littoral Abidjan-Lagos et d’un corridor pour l’Afrique du Nord ou, encore, la réalisation d’un pont routier et ferroviaire Brazzaville/Kinshasa… une bonne option car il est évident que la construction d’infrastructures nouvelles permettra de désenclaver certains Etats africains comme le Burkina-Faso, le Niger, le Mali, et de valoriser les interconnections entre pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique des Etats d’Afrique du Sud-Est (SADC ) et de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Mais question : Où trouver les 306 milliards de francs CFA nécessaires pour réaliser les 16 projets ?
Beaucoup de théories sont avancées : le partenariat public-public, le partenariat public-privé, le recours accru à l’émission d’emprunts obligataires sur les marchés régionaux et internationaux, la création de fonds souverains, la mobilisation de l’argent envoyé sur le continent par la diaspora. Quoi qu’on dise, quel que soit la ou les options prises, il y a nécessité, voire urgence pour les pays africains d’innover dans la recherche de financement de ces projets surtout que d’après les spécialistes des questions de financement, moins de 10 % des projets d’infrastructures sont susceptibles de générer des revenus importants et donc d’intéresser le secteur privé. Il faudra plus que jamais une détermination forte des dirigeants politiques africains pour instaurer une réelle coopération au niveau régional et mobiliser des ressources internes.

Attentes légitimes

De l’avis de nombreux Africains, le NEPAD reste une abstraction. Répondant à une question des confrères d’Afrique Renouveau, lors de la semaine d’activités marquant les 10 ans du plan, Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire exécutif de l’Agence du NEPAD affirmait que « le NEPAD reste une abstraction parce que les gens ne savent pas ce qu’il a réalisé, puisque ce qui a été fait n’a pas été communiqué…Quels que soient les efforts consentis pour réaliser des choses positives, la masse de l’information négative produite par les médias occidentaux rend difficile le passage d’idées positives… ». Soit ! Il ne serait pas juste d’affirmer que le NEPAD n’a rien fait ou ne représente qu’une vue d’esprit des dirigeants africains. Mais il est évident que les attentes des Africains sont grandes et pas encore satisfaites aux regards des espoirs suscités par ce projet en 2001.Pour les combler, au-delà de la communication, il faudra des actes, du concret en somme courir ne serait-ce que pour réaliser les ambitieux projets retenus.

 

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