EBOLA, l’épidémie qui sème la « panique sans frontières »

Le virus de la fièvre hémorragique Ebola n’a pas fini de faire parler de lui. Après avoir surpris les autorités sanitaires d’Afrique de l’Ouest par son apparition en Guinée, il continue de faire des victimes. En progressant sans crier gare dans les pays voisins, en l’absence d’une stratégie de lutte globale. Au Liberia où la situation est des plus préoccupantes, des responsables de ce pays en sont arrivés à parler de menace sur l’existence même du pays. C’est dire combien la panique y a atteint son paroxysme.

Fait inédit face à une épidémie, la plus grave depuis l’identification du virus en 1976, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été contrainte d’autoriser des thérapies non encore homologuées. Le péril en valait la chandelle, ou du moins le risque. Soit. Pendant ce temps, les scientifiques du monde entier et les responsables de l’OMS s’activent. Comme ils peuvent. L’enjeu est d’apporter, le plus rapidement possible, des réponses adéquates à ce fléau qui menace le monde.

En attendant un sérum ou un vaccin efficace contre Ebola, le monde sanitaire se trouve littéralement déboussolé. Et il court dans tous les sens à la recherche de la solution miracle. Bruce Aylward, le directeur adjoint de l’OMS, a raison d’avertir : « ce n’est pas une crise africaine, c’est une crise mondiale ».Mais en raison du caractère éminemment mortifère du virus Ebola, la maladie a suscité et continue de susciter une panique sans frontières qui a vite fait de mettre l’Afrique quasiment en quarantaine. Le pire, c’est qu’elle n’est plus seulement sanitaire, puisqu’elle freine les relations et les échanges économiques avec le continent. Dans les pays particulièrement touchés par l’épidémie, et bien au-delà, cette quarantaine sanitaire risque donc fort de se doubler d’une quarantaine économique. Une situation qui pourrait ébranler la confiance que l’économie africaine s’employait déjà si difficilement à gagner.

C’est, en somme, dans ce contexte critique pour l’Afrique et qui ne prête pas du tout à sourire, que les Béninois ont cru devoir détourner le nom EBOLA pour l’appliquer – non sans humour – à leurs échéances électorales à venir. Ainsi, parle-t-on désormais de deux Ebola au Bénin : soit le virus de la fièvre hémorragique, soit le virus de la fièvre électorale béninoise, à savoir « Election Béninoise Organisée sans Liste Approuvée » (EBOLA). Dont acte !

Le , marqué comme : . Par Marcus Boni Teiga.

Commentaires