France/Presidentielle 2017 Et si Alain Juppé était le candidat des Africains…

La France est actuellement agitée par une double crise. Si la plus inquiétante est essentiellement économique, il n’en demeure pas moins que le pays est également confronté au renouvellement de son personnel politique et à la réorganisation de ses grands courants politiques. Le retour dans l’arène de l’ex-président Nicolas Sarkozy face à des présidentiables potentiels comme Alain Juppé et François Fillon à l’UMP donnera sans doute lieu à une véritable bataille à droite, avant la présidentielle de 2017.

Alain Juppé, le maire actuel de BordeauxAlain Juppé, le maire actuel de Bordeaux

La situation économique de la France n’est pas reluisante. Les acteurs économiques et politiques du pays, toutes tendances confondues, en conviennent. Habituellement frileuse à faire des réformes, la France va donc devoir s’y résoudre en désespoir de cause. Depuis la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre en remplacement de Jean-Marc Ayrault, les résultats escomptés se font toujours attendre. Quant à la cote de popularité du président français, François Hollande, elle ne cesse de dégringoler : conséquence de cette fâcheuse situation qui met en difficulté la gauche dans la perspective de la présidentielle de 2017.

Dans ce contexte, l’ancien président Nicolas Sarkozy qui guettait une occasion en rongeant son frein a rapidement fait son come back dans l’arène politique. Pour préparer sa reconquête du pouvoir. Un retour risqué face aux nombreuses dissensions internes à l’UMP et la détermination de ses principaux rivaux au sein de son propre parti, à savoir Alain Juppé et François Fillon.

Du reste, le maire de Bordeaux ne s’est pas fait prier pour avertir Nicolas Sarkozy : « Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire les primaires tout seul, ça ne marchera pas. Si le but est de faire voter les 175 000 militants de l’UMP, ce n’est pas la peine, ils l’auront fait en décembre prochain (…) La raison d’être de ces primaires, c’est de les ouvrir à nos partenaires du centre pour qu’il n’y ait qu’un seul candidat à la présidentielle de 2017».
Si la situation économique de la France ne s’améliore pas considérablement d’ici à la fin de l’année prochaine, la gauche et particulièrement le Parti socialiste (PS) aura du mal à convaincre les électeurs français de renouveler leur confiance aux socialistes. Du coup, la tentation sera grande que les Français se tournent vers l’extrême droite représentée par le Front national (FN) de Marine Le Pen, à défaut d’avoir une droite qui fait bloc avec un projet de société cohérent et convaincant.

Pourquoi les Africains préfèrent Juppé à Sarkozy

Il apparaît évident maintenant que Nicolas Sarkozy ne peut plus éviter les primaires dans son propre camp. Comme ce fut le cas lors de la dernière présidentielle. Si les électeurs de l’UMP étaient des Africains, Alain Juppé l’auraient certainement remporté avec un score à la soviétique. Non pas parce que le maire de Bordeaux compte dans ses rangs un franco-camerounais nommé Pierre de Gaétan Njikam Mouliom comme adjoint. La première raison principale de cet état de fait est en rapport avec ce fameux discours de Dakar qui est resté en travers de la gorge des Africains. L’homme qui a osé dire que: « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. (…) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance…» ne pourra jamais le faire oublier. Il a beau s’en excuser. Les Africains ont particulièrement la dent dure contre l’ancien président français pour la seconde raison principale: le renversement de Mouammar Kadhafi au mépris de l’avis opposé de l’Union africaine (UA) et l’abandon de la Libye à son triste sort.

Enfin, Alain Juppé dont Jacques Chirac « l’Africain » parlait en disant de lui : « le meilleur d’entre nous » peut compter sur les amitiés africaines de l’ancien président de la République. Il n’a d’ailleurs pas attendu pour révéler à notre confrère Le Figaro son soutien au maire de Bordeaux en ces termes : «J’ai toujours su qu’Alain Juppé serait au rendez-vous de son destin et de celui de la France. Peu de choses pouvaient me faire plus plaisir, pour moi-même, pour lui et surtout pour notre pays». Une chose est certaine, le plus grand soutien de Juppé pour les primaires à l’UMP lui viendra d’Afrique. Et peut-être même aussi pour la présidentielle de 2017.

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