Togo EKUE ADADE, SG CNP TOGO : « M. Naku a été élu à la tête du CNP à l’issue d’une élection totalement transparente »

Le Conseil National du Patronat du Togo connaît une crise depuis avril 2014. L’élection des membres du Conseil d’Administration (CA) a été invalidée par une décision de justice pour raison de fraude massive, et du coup, une équipe d’administrateurs provisoires a été désignée pour réorganiser, à l’horizon de septembre 2015, une nouvelle élection. Malgré cette décision de justice, que ce soit le Bureau International du Travail, la Fédération des organisations patronales de l'Afrique de l'ouest, le gouvernement togolais ou les organisations syndicales togolaises le CA déchu demeure l’organe représentatif du CNP-Togo. M. Eku Adadé, le Secrétaire Général élu a accordé le vendredi 26 Septembre dernier une interview à la rédaction du Courrier des Afriques.

Eku Adadé, SG du Conseil National du Patronat du Togo (du CA dont l'élection est invalidée) dans son bureau à domicileEku Adadé, SG du Conseil National du Patronat du Togo (du CA dont l’élection est invalidée) dans son bureau à domicile

Courrier des Afriques : Vous êtes le secrétaire général de l’équipe de monsieur Naku dont l’élection a été invalidée par une décision de justice pour raison de « fraude massive ». Comment appréciez-vous cette décision de justice ?

Ekué Adadé : Je voudrais d’abord lever une équivoque. Celle de l’équipe. Le CNP fonctionne sur un modèle de Conseil d’Administration et d’Assemblée Générale. Les membres du Conseil sont élus individuellement sur candidature déposée par leurs associations de base respectives. Ainsi donc les candidatures sont individuelles.

Maintenant pour répondre à votre question, je vous dirai qu’en tant que légaliste je respecte la justice de mon pays. Mais en tant que justiciable, je suis en droit de ne pas être d’accord avec le jugement rendu. C’est aussi la position des 17 associations de base du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-TOGO, (y compris celle du plaignant), qui ont fait appel de cette décision de justice. Elles se fondent sur le processus rigoureusement démocratique du déroulement des élections du 20 septembre 2013.

 

Dans un délai d’un an, l’équipe provisoire qui gère le CNP doit, entre autres, réorganiser les élections des nouveaux membres du Conseil d’Administration. Allez-vous y participer ? Si oui, comment comptez-vous vous y prendre pour éviter ce qu’on vous reproche à tort ou à raison pour les dernières élections?

Eku Adadé : Les 17 associations ont signifié par écrit aux autorités de la République ainsi qu’à la justice togolaise ne pas reconnaître la légitimité des administrateurs désignés. Cet acte est contraire à la Convention C 87 du Bureau Internationale du Travail que le Togo a bien ratifié. Alors comment et avec qui vont-ils pouvoir organiser lesdites élections? La sagesse voudrait que la raison revienne pour éviter à notre pays des décisions regrettables de la part du BIT. Ce que, nous au niveau du CNP-TOGO, nous n’avons jamais souhaité et espérons ne pas se voir réaliser.

 

D’aucuns estiment que monsieur Naku, après 13 ans à la tête du Conseil d’administration du patronat, devra enfin déposer le tablier et laisser d’autres patrons faire leurs preuves. Que répondez-vous ?

M. Naku a été élu à la tête du CNP à l’issue d’une élection totalement transparente. Les associations se sont prononcées à travers les urnes. Nous sommes encore en République que je sache. Si elles l’ont choisi entre deux candidats c’est qu’elles estiment pouvoir une fois encore bénéficier de sa ténacité, de son travail remarquable à la tête de notre institution. Ceux qui s’acharnent aujourd’hui sont ceux-là même qui l’ont obligé à se présenter alors qu’il avait émis fortement le souhait de se retirer après avoir fondamentalement transformé le CNP-TOGO durant ces 13 ans.

 

A la dernière réunion du Bureau International du Travail, l’actuel Administrateur provisoire, monsieur Essohana Papaly, avait été interdit d’accès aux travaux par les organisateurs et une invitation expresse fut alors envoyée à Monsieur Naku pour rejoindre Genève et conduire la délégation patronale togolaise. Est-ce à dire ipso facto que le BIT ne considère pas la décision de justice qui invalide votre élection ?

Je n’étais pas à Genève, mais je vous confirme que M. Naku y était invité par la BIT. Et je puis vous certifier, en tant qu’ancien fonctionnaire des Nations Unies, que seules font foi les conclusions officielles publiées par les institutions des Nations Unies à l’issue des réunions qu’elles organisent. Je vous invite à vous y référer et à tirer les conclusions qui s’imposent.

 

Selon vous, comment se porte aujourd’hui le climat des affaires au Togo ?

Le CNP-TOGO est un partenaire de l’État et travaille dans ce sens. Son objectif est d’accompagner le pays dans ses orientations économiques tout faisant s’il le faut des propositions. Ce que les entreprises togolaises ou installées au Togo s’efforcent, dans la mesure de leur capacité, de faire à travers notre institution. A l’instar des pays de la sous région, le Togo s’installe dans une politique qui devrait, à terme, favoriser le développement des entreprises dans un climat de confiance, de sérénité et de développement. Le climat des affaires est donc sur la bonne voie.

Interview réalisée par Ghislain GANDJONON, envoyé spécial à Lomé

Commentaires

  1. Le , François AGOSSOU a dit :

    Bonjour mon Cher Marcus TEIGA. J’ai bien apprécié le journal qui est original et bien écrit. Il sort de l’ordinaire et fait exception parmi les canards contenant beaucoup de fautes de grammaire et de syntaxe partout y compris à la UNE. Cependant, je voudrais souligner la nécessité de veiller à équilibrer les informations afin que toutes les Afriques soient représentées dans le journal. Par ailleurs, j’ai constaté l’absence d’une page éditoriale pour marquer ou démarquer « le Courrier des Afriques » des autres journaux. Qu’en penses-tu? Reçois mes sincères félicitations et mes encouragements. Ton confrère, François AGOSSOU

    • Le , Marcus Boni Teiga a dit :

      Mon cher doyen a raison de dire qu’il faut veiller à l’équilibre des informations de toutes les Afriques. Nous nous évertuerons à en tenir compte. Cela dit, notre Editorial est logé dans l’angle droit tout en haut du site.