Afrique Le mobile-banking, un tremplin pour la fourniture des services financiers

Avec un taux de bancarisation qui avoisine la moyenne de 11%, l’Afrique est classée dernière sur la liste des zones où les populations ont le plus accès aux services bancaires. Ainsi, les services de transfert d’argent grâce aux réseaux de téléphonie mobile, avec leur floraison au plan panafricain, viennent à point nommé booster un secteur où tout peine à prendre.

Les transferts d'argent par tout type de téléphone portableLes transferts d’argent par tout type de téléphone portable

Tout abonné de réseau de téléphonie mobile en Afrique subsaharienne a été soumis, au moins une fois, à la proposition d’ouverture d’un compte mobile. A travers ce dernier, les services proposés aux abonnés varient en fonction du pays et de l’opérateur mobile. Ainsi dans les pays de l’Afrique centrale et de l’est, les abonnés, identifiés grâce aux coordonnées de leurs cartes SIM, peuvent transférer de l’argent, régler des factures d’électricité ou d’eau, percevoir un salaire, faire des crédits ou encore  souscrire à des assurances. Qu’on le désigne par « m-banking » ou « e-banking », ce système a l’avantage de donner un coup d’accélérateur à la fourniture des services financiers dans les pays africains. Avec 25% d’Africains abonnés aux réseaux de téléphonie mobile contre environ 11% de bancarisés, le mobile-banking constitue à coup sûr un levain dans le développement économique du continent.

Une innovation de l’Afrique au service des Africains

Au commencement, il y a l’opérateur kényan Safaricom. C’est précisément en 2007 qu’il a eu l’idée de créer M-Pesa qui est un service de transfert d’argent par téléphonie mobile. L’abonné, sans avoir un compte dans une banque, peut désormais déposer de l’argent sur son compte mobile et le retirer dans l’une des agences ou au niveau des distributeurs de l’opérateur, ou faire le transfert à un autre contact. A la date d’aujourd’hui, « le service compte près de 15 millions d’utilisateurs, soit un Kenyan sur trois » utilise les services de M-Pesa, selon les responsables de Safaricom. Une innovation qui n’a pas tardé à devenir une tendance panafricaine. C’est d’abord les autres opérateurs de téléphonie mobile sur le continent tels que Orange, MTN, Airtel… qui vont étendre le service, sous d’autres appellations cette fois-ci, à leurs abonnés. Parmi les pays qui utilisent le plus les services du mobile-banking, le Kenya et la Tanzanie viennent en tête avec respectivement 17,8 millions et 9,2 millions d’abonnés aux services de mobile-banking, soit 44 % et 49 % de leur population.

Un vecteur de lutte contre la pauvreté

En dehors du fait que l’accès aux services bancaires est indispensable pour mener une vie normale dans une société moderne, la fourniture des services financiers aux populations les plus démunies est un vecteur de lutte contre la pauvreté. C’est déjà un premier pas important que de réduire aux usagers des services financiers les dépenses au triple plan économique, de la proximité et du point de vu temps. Il suffit que l’usager soit abonné chez un opérateur de téléphonie mobile et fini les tracasseries habituelles de transfert d’argent, de payement de facture, d’épargne connues au système classique dans les banques et les autres services de transaction. Autant dire que les frais de transactions à l’internationale ou au plan local sont suffisamment réduits. Il est aussi à noter la naissance de nouveaux partenariats ‘’banque-opérateur mobile’’ dans lesquels depuis son téléphone portable, l’abonné peut effectuer des opérations bancaires, vérifier son compte, etc. C’est le cas en Tunisie, en 2009, où la Société Tunisienne des Banque (STB) a lancé, grâce à son partenariat avec les sociétés de téléphonie mobile, deux offres de transfert d’argent. Mais il faut reconnaître que ces services ne sont accessibles qu’aux usagers des banques, pour la plupart des fonctionnaires ayant au moins un revenu moyen. Michel Losembe, Président de l’Association Congolaise des Banques (ACB), dans une interview accordée aux collègues du magazine African Business, a déclaré : « nous n’enregistrerons pas de croissance économique pérenne si le système bancaire ne joue pas un rôle plus important comme levier, comme accélérateur de cette croissance ». En attendant une plus large expansion de la téléphonie mobile aux autres 75% des Africains, le prochain défi des opérateurs réside dans la permanente lutte de mérite de confiance de la clientèle (sécurité et célérité) et l’augmentation de la couverture réseau dans les zones enclavées.

 

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