Rwanda-Burundi Les cadavres du lac Rweru suscitent la polémique

On la croyait oubliée, noyée dans le grand tumulte des crises qui secouent le monde actuellement. Mais l’affaire des cadavres du lac Rweru vient de refaire surface. D’une manière tout aussi inattendue que polémique.

Le président Paul Kagamé du RwandaLe président Paul Kagamé du Rwanda

Le mystère des cadavres du lac Rweru qui embarrassaient le Rwanda et le Burundi a connu un nouveau développement. En évoquant des informations concordantes émanant de Rwandais, d’ONG étrangères et d’investigations menées par le Burundi, le procureur général de ce pays a déclaré que tout indiquait que ces cadavres provenaient du Rwanda voisin. « Tout ce travail que nous avons mené sur le terrain nous a conduit à conclure que ces cadavres proviennent du Rwanda à travers la rivière Kagera. Le problème qui reste, c’est celui d’identifier les corps », a ainsi déclaré Valentin Bagorikunda. Les cadavres en question avaient été découverts en août dernier par plusieurs personnes.

La déclaration du procureur général burundais qui est, du reste, sans ambages a été faite le 14 octobre et arrive à un moment où les deux pays sont dans le viseur de la communauté internationale concernant le respect des droits de l’homme. Et elle va sans doute susciter une réaction du Rwanda. Le pays du président Paul Kagamé ne saurait en effet se taire sur cette affaire de cadavres ayant descendu la rivière Kagera. Car le président rwandais est fréquemment accusé de liquider ses adversaires politiques, et n’est pas en odeur de sainteté auprès des organisations internationales des droits humains.

En son temps, le Collectif des ligues et associations de défense des droits de l’homme au Rwanda (CLADHO) avait demandé que toute la lumière soit faite à ce sujet. Tout en indiquant que ses enquêtes sur le terrain n’avaient pas permis de conclure à des disparitions au Rwanda. Elie Sinzabakwira avait alors déclaré : « Nous avons recommandé qu’il y ait une enquête indépendante pour nous montrer ceux qui ont commis les crimes afin qu’ils soient portés devant les juridictions compétentes. Que ce soit le FBI, que ce soit une enquête menée par l’ONU, que ce soit une enquête menée par un quelconque pays, nous, en tant que société civile, nous sommes prêts à collaborer ».

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