Burkina Ainsi commence la transition démocratique « apaisée »

« Le Lieutenant-colonel Issac Zida a été retenu à l'unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du président Compaoré », selon un communiqué de l’armée. Le général Honoré Traoré qui prétendait aussi à diriger cette transition ayant reconnu la victoire de son frère d’armes.

Lieutenant-colonel Isaac Zida président par intérim du Burkina Faso Lieutenant-colonel Isaac Zida président par intérim du Burkina Faso.

Il y aura eu plus de peur que de mal finalement. A l’issue d’une rencontre entre les deux prétendants à la tête du pays le 1er novembre à Ouagadougou, le Lieutenant-colonel Isaac Zida a été choisi pour diriger la transition démocratique. Il reste à souhaiter qu’il privilégie le consensus et la concertation pour conduire la transition sans parti pris et dans la transparence vers la mise en place de nouvelles institutions de la République.

L’intérêt supérieur du pays et des Burkinabé a déjà prévalu au sein de l’armée. Il faudrait qu’il en soit ainsi au sein de la classe sociopolitique aussi. Né en 1965, le nouvel homme fort du Burkina était jusqu’à la démission de Blaise Compaoré, l’Adjoint à son Chef d’Etat-major particulier, à savoir le Général Gilbert Diendéré.

Mais l’opposition politique burkinabé ne l’entend pas de cette oreille. Elle qui rappelle que « La victoire issue de l’insurrection populaire appartient au peuple, et par conséquent la gestion de la transition lui appartient légitimement et ne saurait être en aucun cas confisquée par l’armée ».

L’opposition burkinabé reçoit en outre reçu un soutien de l’Union africaine (UA) qui est sorti de son silence assourdissant de ces derniers jours pour déclarer : « Il nous semble important que les forces armées et de sécurité du Burkina se mettent à la disposition des autorités civiles, qui doivent conduire la transition, et agissent dans un esprit républicain. Nous pensons qu’une transition civile et consensuelle répondrait non seulement aux aspirations légitimes du peuple burkinabè aspiration au changement, aspiration à l’approfondissement de la démocratie, mais faciliterait aussi grandement la mobilisation de l’assistance internationale pour permettre une sortie de crise ».

Tout semble indiquer, en fin de compte, que la transition apaisée souhaitée n’est manifestement pas partie pour être tranquille. Face aux nombreux appels en faveur d’un retour à la Constitution suspendue, et par voie de conséquence à une transition « démocratique civile ». Et l’opposition et la société civile d’appeler à une grande manifestation le dimanche 2 novembre à Ouagadougou.

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