Burkina La Charte de la transition signée, le président de la transition nommé, et après ?

La Charte de la transition est signée. Le président de la transition est désigné. Une Charte dont le contenu a obtenu le consensus de toutes les forces vives de la nation Burkinabé. Une étape importante vient d’être franchie. Si les conditions définies par la Charte dans le choix du président de la transition ont été respectées, en sera-t-il autant pour les autres nominations et la gestion du pays dans la période transitoire ?

Diplomate Michel Kafando, Président de la transition désigné au Burkina-FasoDiplomate Michel Kafando, Président de la transition désigné au Burkina-Faso

Dans l’après-midi d’hier dimanche 16 novembre, dans la grande salle de la maison du peuple, dans une euphorie patriotique, les 200 participants à la cérémonie de signature de la Charte de la transition ont chanté l’hymne national. La signature de la présente charte vient mettre fin à deux semaines de gouvernance militaire et à un vide constitutionnel au pays des hommes intègres depuis le 31 octobre, jour de la chute du président Blaise Compaoré, déchu après 27 années de règne, et qui voulait se présenter de nouveau en modifiant la Constitution. La charte qui vient en complément à la constitution du 2 juin 1991 pose les balises de la gestion de la période transitoire qui prend fin dès l’investiture du nouveau président de la république d’ici un an. Selon le document signé par les représentants de partis politiques, les organisations de la société civile, les forces de défense et de sécurité et les représentants religieux, « le président de la transition doit être une personnalité civile, intègre, impartiale et reconnue pour son engagement dans la défense des intérêts nationaux ». En lieu et place de l’assemblée nationale, un conseil de transition sera installé.

Michel Kafando est nommé président de la transition

Un peu plus tard dans la nuit du dimanche, comme le prévoit la charte de la transition, le président de la transition a été choisi à partir des différentes listes proposées par les parties politiques, l’armée et la société civile. Au détour des tractations, c’est le diplomate Michel Kafando qui a été retenu. L’ancien représentant du Burkina Faso auprès des Nations Unies et ambassadeur de la Haute-Volta (ancien nom du Burkina) est agé de 72 ans. Dans son discours qui a précédé son investiture, il a reconnu que « C’est une redoutable responsabilité » qui lui est confiée. Sa désignation vient mettre fin à la gestion militaire du pays par le Lieutenant-colonel Isaac Zida qui s’était auto-proclamé et ensuite confirmé par les hauts responsables militaires. C’est aussi la d’une attente au vue du souhait de la communauté internationale qui avait donné un ultimatum de 2 semaines aux militaires pour remettre le pouvoir au civil.

 Mais le plus important, et c’est là où les Burkinabé et la Communauté internationale attendent les dirigeants de la transition, est l’organisation des élections législatives et présidentielle d’ici un an à bonne date et dans une totale transparence. En attendant la publication d’un calendrier officiel, on sait déjà que dans les tout prochains jours, le président de la transition, Michel Kafando doit désigner un Premier ministre. Ce dernier se charge à son tour de former un gouvernement d’union nationale dont les 25 membres doivent remplir les conditions définies par la Charte signée ce dimanche. Il sera ensuite question d’établir un chronogramme des grandes activités devant conduire aux élections des députés et du président de la république. Comme l’a reconnue Barkissa Konaté, membre de la société civile «La révolution est en marche. Maintenant, nous allons avoir une vraie démocratie !». Soit.

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