Burkina Le Premier ministre Zida veut rouvrir l’« Affaire Sankara»…

La déclaration du Premier ministre de transition au Burkina Faso, le Lieutenant-colonel Isaac Zida, de reprendre l’affaire de l’assassinat du Capitaine-président Thomas Sankara n’a pas fait que des heureux seulement dans son pays. Elle n’est pas tombée dans des oreilles de sourds en Afrique.

Le Premier ministre, le lieutenant-colonel Zida.Le Premier ministre, le lieutenant-colonel Zida.

Lors d’un entretien avec la presse burkinabé le 27 novembre dernier, le Premier ministre de transition Isaac Zida a clairement annoncé que le dossier concernant l’assassinat de Thomas Sankara et dont on avait dit qu’il est mort de « mort naturelle » sera selon les propres termes du chef de la transition : « entièrement ouvert ». Et il a ajouté que : « aucun dossier pendant ne va dormir ». C’est dire donc qu’il en sera de même de l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons, elle aussi classée, voire de l’assassinat de l’opposant Oumarou Clément Ouédraogo. La liste sera sans doute longue à égrener.

Le Lieutenant-colonel Isaac Zida entend mettre en branle la justice pour connaître de la plupart des cas pendant la transition qu’il dirige. Mais il n’y aura pas que des affaires à caractère politique. Il précise aussi : « Il y a des dossiers des crimes économiques qui seront ouverts. S’il le faut nous allons nationaliser des entreprises parce que ce qui a été construit avec l’argent du peuple doit revenir au peuple ». En des termes tout à fait clairs, il a par ailleurs annoncé que le Burkina Faso allait demander au Maroc l’extradition de l’ex-président Blaise Compaoré pour qu’il réponde devant la justice burkinabé. Et ce, même s’il n’existe pas un accord de coopération judiciaire entre les deux pays.

Interrogée par RFI, la veuve de Thomas Sankara se veut prudente même si elle se réjouit de la déclaration publique du Lieutenant-colonel Isaac Zida. Pour Mariam Sankara : « Ce sont des discours, c’est une bonne chose, le fait de dire il y a une volonté. Maintenant, j’attends de voir. Depuis 27 ans on a toujours été confrontés à des dénis de justice et voilà qu’en une semaine on nous dit que la lumière va être faite et que les assassins vont être poursuivis. C’est bon pour nous mais maintenant nous attendons que ca soit concret ». Il n’y aura que la fin de la transition politique pour nous dire si les promesses du chef de la transition ont été tenues.

Commentaires