Revue De Presse/Gabon A peine libres, les leaders de l’opposition demandent une commission d’enquête internationale

Les manifestations du 20 décembre dernier ont fait au moins un mort, plusieurs blessés, et des dégâts matériels. Les leaders de l’opposition, qui avaient organisé ce meeting malgré l'interdiction du ministre de l’Intérieur, ont été convoqués par la police, le 24 décembre. Après avoir été écouté, ils ont été tous libérés. Mais ils réclament une commission d’enquête internationale afin de faire la lumière sur cette affaire. Cependant que le pouvoir, de son côté, a décidé de les poursuivre...

Ali Bongo Ondimba, Président du GabonAli Bongo Ondimba, Président du Gabon

L’opposition gabonaise a la dent dure contre le régime d’Ali Bongo Odimba, au point de demander sa démission, séance tenante. Pour Gabonactu.com cette démarche s’inscrit comme une: « suite de la récente publication du livre du journalise-écrivain français Pierre Péan. Le livre intitulé : « Nouvelles affaires africaines : mensonges et pillages au Gabon » (éditions Fayard), met en cause la nationalité du président gabonais, Ali Bongo Ondimba. Pour l’écrivain français, le numéro un gabonais est un « fils adoptif » d’Omar Bongo Ondimba, son prédécesseur décédé le 8 juin 2009 après 42 ans passé au pouvoir. Il a été adopté selon Péan en 1968 après la guerre de Biafra au Nigeria. »

A la suite de ces propos de Pierre Péan, les opposants ont réclamé la démission pure et simple du président à travers une action en justice, poursuit Gabonactu.com : « L’opposition demande la démission du chef de l’Etat. L’ancien président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping devenu virulent opposant au régime, Jean de Dieu Moukagni Iwangou de l’UPG, Luc Bengon Nsi du MORENA et d’autres opposants ont intenté récemment des actions en justice. La plainte sur le présumé « faux » acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba et celui demandant sa « destitution du pouvoir » ont été jugées irrecevables par le tribunal de Libreville qui s’est déclaré incompétent le 13 décembre dernier. »

Les leaders de l’opposition ont alors décidé de se faire entendre par la voix de la rue. Ils ont organisé le samedi 20 décembre passé un meeting. Et ce malgré l’interdiction de la marche par les autorités compétentes. C’est ce que mentionne RFI en ces termes: « La tension est montée d’un cran au Gabon où les leaders du front uni de l’opposition et leurs sympathisants, lors de rencontres avec la presse, à la veille de la manifestation de samedi, comme le jour-j disent exiger la démission du Président gabonais, Ali Bongo Odimba. […], Fabien Mbeng Ekorezok, président des opposants « Souverainistes », lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il préconisait un soulèvement populaire afin de renverser les institutions de la République.» Pourtant, au même moment que : « le ministre de l’Intérieur interdisait la manifestation de l’opposition à Libreville, il autorisait le même jour -20 décembre 2014- que le PDG organise une manifestation en faveur du chef de l’Etat à 35 km de la capitale. » relève Gabonreview. Une manifestation qui a dégénéré, avec à la clé un mort selon les sources officielles, des blessés, des dégâts matériels et plusieurs arrestations.

Les leaders de l’opposition ont été convoqués par la police, le 24 décembre, sans que le motif ne leur soit précisé. C’est ce que souligne Gabonreview dans sa publication du 25 décembre : « Le feuilleton relatif aux manifestations du 20 décembre 2014 ayant entrainé, selon les sources officielles un morts et selon celles des membres de l’opposition six morts n’est pas près de s’achever. Ce mercredi, veille de la célébration de la fête de la nativité, les leaders du Front de l’opposition pour l’alternance qui avaient été convoqués par la Police judiciaire (PJ) s’y sont rendus, comme ils l’annonçaient la veille dans un communiqué, pour s’enquérir de l’objet de cette convocation. »

Il faut noter, selon Pressafrik.com que : « Dans les locaux de la police judiciaire les leaders ont joué la carte de la solidarité. Ils ont tous refusé de répondre aux questions. Au contraire, ils ont demandé à être conduits devant un procureur. « Il faut qu’ils nous arrêtent tous et nous enferment en prison », ont-ils répété aux enquêteurs. Dépassés, les enquêteurs ont décidé de les libérer. » Pressafrik.com ajoute que : « Dans un communiqué qu’ils ont publié après cet épisode, ils ont exigé une commission d’enquête internationale pour établir les responsabilités sur les violences du 20 décembre dernier, dont le bilan officiel est d’un mort et une centaine d’arrestations. » Après avoir été entendus par la police judiciaire, ils sont tous rentrés chez eux libres. Mais le pouvoir a décidé, pour sa part, de poursuivre les organisateurs dudit meeting.

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