Tunisie Beji Caïd Essebsi élu président au second tour des élections présidentielles

Le candidat de l'alliance laïque Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi, a remporté l'élection présidentielle en Tunisie, a annoncé la commission électorale, lundi 22 décembre avec 55,68% des voix contre 44,32% des suffrages obtenu pour le président sortant, Moncef Marzouki. Après une contestation du camp de ce dernier alors que les résultats officiels n’étaient même pas encore connus, le vaincu Moncef Marzouki a fini par reconnaître officiellement la victoire du vainqueur et nouveau président Béji Caïd Essebsi.

Le nouveau président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi.Le nouveau président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi.

C’est désormais officiel. Le premier président tunisien démocratiquement élu est connu. Béji Caïd Essebsi remporte la présidentielle avec 55,68% des voix. Cette information n’étonne guère car, le candidat et son entourage avaient revendiqué sa victoire dimanche 21 décembre dernier. Information relayée par plusieurs médias ; on pouvait lire par exemple la déclaration de Béji Caïd Essebsi dans les colonnes du journal Francetv.info : « Je dédie ma victoire aux martyrs de la Tunisie. Je remercie Moncef Marzouki. Nous devrions désormais travailler ensemble sans exclure quiconque ». L’ancien membre du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Zine El-Abidine Ben Ali accède ainsi à la magistrature suprême de son pays.

Mais le camp de Moncel Marzouki avait mal accueilli cette déclaration. En effet, France24 soulignait : « Mais le camp du chef de l’État sortant a immédiatement rejeté les propos de son adversaire, jugeant prématuré de dire qui était le vainqueur alors que l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) espère être en mesure d’annoncer des résultats lundi. « Ce qu’a déclaré le responsable de la campagne de Béji Caïd Essebsi sur sa claire victoire est sans fondement », estimait le directeur de campagne de M. Marzouki, Adnène Mancer, évoquant un écart « très serré », de « quelques milliers de voix ».

Par contre c’était presqu’une liesse populaire pour les alliés de Béji Caïd Essebsi. Car : « après l’annonce du clan Essebsi, des centaines de sympathisants de Béji Caïd Essebsi célébraient toutefois la victoire, scandant « Béji président » et brandissant des drapeaux tunisiens. Près de 5,3 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour le second tour de l’élection présidentielle, qui clôt la transition près de quatre ans après le renversement de Zine El Abidine Ben Ali », toujours selon France24.

RFI, pour sa part, renchérissait en écrivant dans l’une de ses publications du 21 décembre que : « Ce cri de victoire avant l’annonce officielle des résultats ne passe pas dans l’autre camp. Adel Selmi, porte-parole de Moncef Marzouki, dit avoir un « sentiment de forçage ». Il met en doute « le professionnalisme » et la « crédibilité » des sondages effectués par l’équipe adverse, et « une opinion tunisienne pas assez structurée » pour avoir des résultats fiables. Le camp du président parle d’un écart très serré de quelques milliers de voix et dit vouloir attendre les résultats officiels avant de s’avouer vaincu. En Tunisie, les sondages privés étaient interdits durant la campagne et les élections. »

Même si le processus électoral s’est déroulé apparemment dans le calme, des violences postes électorales ont éclatées dimanche soir dans le Sud du pays. C’est du moins ce que rapporte Francetv.info : « Le succès de Béji Caïd Essebsi a suscité la colère chez certains de ses opposants. Des heurts ont éclaté dès dimanche soir dans le sud du pays, où deux postes de police ont été incendiés, selon le ministère de l’Intérieur. Le parti Nidaa Tounès a en outre indiqué que des protestataires avaient tenté de mettre le feu à son local de Tataouine (Sud). Des actes condamnés par Moncef Marzouki, qui a appelé à « préserver la paix sociale » sur sa page Facebook. »

Dans l’un de ses articles, Courrier des Afriques avait – passé le premier tour -, pris la Tunisie comme : « un exemple de transparence électorale en Afrique. Avec la tenue des dernières élections législatives du 26 octobre, la Tunisie marque un nouveau départ. Lequel augure de bons lendemains pour peu que la classe politique arrive à toujours faire preuve de la maturité qui a prévalu quant à l’organisation de ces échéances électorales exemplaires. Et pourtant, rien n’était gagné d’avance. » L’Afrique a désormais les yeux rivés sur la Tunisie, en espérant qu’elle fera encore montre d’une grande maturité en matière postélectorale.

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