Tourisme JOURNAL D’ESPAGNE : Madrid, le centre de l’Espagne (Episode 2)

Voyager par la route demeure agréable en Espagne non pas seulement en raison de l’excellent réseau dont dispose le pays, mais aussi et surtout à cause de la qualité de l’organisation des sociétés de transport et des stations d’autobus.

Place de la Puerto del sol, le centre de Madrid et d’Espagne.Place de la Puerto del sol, le centre de Madrid et d’Espagne.

A Madrid, nous posons nos valises à Hosta Puerta del sol. Tous les guides du pays nous apprennent que nous sommes là, juste sur la place en face de la statue de l’ours et l’arbousier réalisée par le sculpteur Antonio Navarro Santafe, à la fois au centre géographique de Madrid et d’Espagne. Nous n’avons aucun moyen de le vérifier. Sauf que l’animation exceptionnelle de la place et le nombre de visiteurs qui se font prendre en photo avec le célèbre ours suggèrent que beaucoup y croient. Qu’à cela ne tienne, je me fais prendre aussi ma photo.

La statue du célèbre peintre espagnol Goya en face du Musée Prado.La statue du célèbre peintre espagnol Goya en face du Musée Prado.

Pour se donner un aperçu général des sites et monuments d’une ville, il n’est pas superflu d’emprunter l’un des bus qui font la visiter. La mienne se fait ainsi avec le bus Madrid City Tours.

L’origine du nom Madrid ne fait guère l’unanimité. Certains évoquent l’arbousier qui poussait dans la région et d’autres un canal ou ruisseau, autrement dit un cours d’eau. Toujours est-il que la ville doit sa fondation à l’émir cordouan Muhammad Ier et remonte au 9ème siècle. Forteresse ayant pour fonction d’abord de protéger Tolède, l’antique capitale wisigothe, elle est saccagée du temps des Almoravides. Lesquels sont finalement chassés pour toujours de la région en 1132, avec la victoire d’Alphonse VII à Villarrubia de los Ojos. Mais ça, c’est de l’histoire ancienne.

La Place Christophe Colomb.La Place Christophe Colomb.

La Madrid d’aujourd’hui est une ville sans commune mesure avec celle de sa fondation. Avec sa Porte de l’Europe, son Palais royal, son Musée de la reine Sofia, son Musée Prado, son Congrès des députés, etc…sans oublier son stade et son Real de Madrid, la ville affiche fièrement sa modernité.

Pour un passionné de Flamenco, difficile d’être en Espagne et de résister longtemps à la tentation d’une soirée Flamenco. Un agent de Hosta Puerta del sol nous conseille la Carmodad. A cause de la proximité de la scène avec le public qui rend la salle plutôt sympathique. A cause aussi du côté traditionnel que l’endroit a su garder, en dépit du commerce de spectacles Flamenco pour touristes.

Effectivement, je ne suis pas du tout déçu après le spectacle. Le repas servi à l’occasion est excellent. Et le spectacle également. Longtemps après, j’entends toujours les chaussures des danseurs marteler le plancher de la scène ; et la voix plaintive et mélancolique du chanteur s’élever dans la nuit. Et que dire des guitaristes ! Le Flamenco, on le sent ou on ne le sent pas, tout est dans son for intérieur.

Une vue partielle du stade du Real de Madrid.Une vue partielle du stade du Real de Madrid.

Pour un passionné d’histoire ancienne, difficile aussi de se trouver à Madrid et de ne pas visiter le Musée archéologique national. Ce 22 avril, il y a vraiment foule. Et elle s’étend de l’intérieur jusqu’à la rue attenante. Il n’y a rien à faire d’autre que patienter dans la queue. Elle paraît interminable. Normal, après la fermeture pour rénovation, c’est la réouverture. Plus d’une heure avant d’accéder à l’intérieur et une fois muni du sésame, de pouvoir commencer la visite.

De manière ludique et didactique, vidéos et reconstitutions à l’appui, le musée retrace les différentes étapes de l’histoire de l’humanité et celle de l’Espagne en particulier. Des pièces issues de fouilles archéologiques et des pièces encore et toujours. On y passerait une journée entière, voire deux ou trois sans réussir à faire le tour complet. Il faut donc choisir ses centres d’intérêts. L’histoire de l’Espagne de l’époque antique à ce jour en constitue un pour moi. On apprend ainsi qu’il y eut du cannibalisme en Espagne dans les temps anciens. Deuxio : les pièces archéologiques importantes. Tertio : l’expo consacrée à l’Egypte et la Nubie. En effet, la mission archéologique espagnole est très active en Egypte, du côté de la Nubie sur laquelle je consacre toutes mes recherches actuellement. Et un ami vivant à Assouan m’a même donné le contact du chef de la mission. Du reste, en plein Madrid, dans un jardin, se dresse actuellement le temple de Dabod. Le gouvernement égyptien l’a donné gracieusement à l’Espagnol pour sa remarquable participation au sauvetage des monuments de Nubie. Simple chapelle construite par Adijalamani, le roi de Méroé et dédiée au dieu à Amon au tout début, il fut ensuite consacré à Isis à Philae.

Vue d’une rue de Madrid.Vue d’une rue de Madrid.

Je poursuis ma découverte du patrimoine espagnol les jours suivants. Il ne faut surtout pas oublier que ce pays a produit l’un des hommes les plus célèbres au monde, en l’occurrence Christophe Colomb à qui une place est ici dédiée. Au Palais royal de Madrid, c’est toute l’histoire de la monarchie espagnole avec l’avantage d’être dans l’une des demeures seigneuriales. Au Musée Prado, j’ai droit à une multitude de tableaux de grands peintres. Mais à l’intérieur comme à l’extérieur dudit musée, l’on peut toujours admirer tous ceux qui aspirent à voir leurs noms inscrits un jour dans les annales de l’histoire aux pieds de leurs tableaux, à l’œuvre. En plus d’être une place animée et vivante, la Place Mayor accueille aussi un grand nombre d’artistes-peintres. Beaucoup vous proposent de vous réaliser votre portrait en quelques minutes. Je préfère ma caricature plutôt que mon portrait et, en quelques minutes, je vois ce que j’appelle souvent ma tête de Cro-Magnon, mes cheveux noirs et blancs et mon nez d’Africain mutant se dessiner. Joli coup de crayon.

Le jardin de Madrid.Le jardin de Madrid.

Madrid dispose du plus grand marché Opus d’Europe. S’il vous arrivait un jour de vous trouver dans la capitale espagnole, n’hésitez point à y faire un tour. Il n’est pas loin de la Puerta del sol. J’y suis donc allé à pied. Et j’en ai pris plein les yeux. Je suis même tombé des nues en parcourant les boutiques des Antiquaires. D’objets qu’un bon coup d’œil peut reconnaître comme tout à fait authentiques venant de partout, y compris des confins de Chine, d’Inde et d’Afrique. Une promenade à travers le marché a de quoi me couper le souffle…Mais avant de partir vers l’Andalousie, mon rêve portatif, je me fais fort d’aller prendre un grand bol d’air au jardin de Madrid, où se trouve encore le plus vieil arbre de Madrid. Un excellent endroit de verdure et de villégiature pour citadins enfermés au coeur de l’Espagne, que dis-je, au centre de l’Espagne, dans leur tour d’ivoire de capitale : Madrid.

A suivre…

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