JOURNAL D’ESPAGNE: Ronda, la capitale spirituelle de la tauromachie (Episode 5)

L'une des places publiques au centre de Ronda.L’une des places publiques au centre de Ronda.

Ronda : le nom de la ville est tentant. Tout comme ce qu’en disent les conseils des voyageurs qui s’y sont rendus et tous les guides touristiques. Nous décidons alors d’aller voir. La sentence proverbiale africaine dit qu’« il n’y a que l’œil qui a vu qui puisse apprécier quelque chose à sa juste valeur».

Le pont qui relie les deux parties de Ronda.Le pont qui relie les deux parties de Ronda.

De Manilva, nous partons en direction de Marbella via Estepona. Puis de Marbella, nous abordons le chemin qui doit nous mener là-haut sur la montagne. Peu à peu, l’on s’éloigne progressivement du bord de mer et longe la montagne à flanc, en tournicotant pour monter en altitude jusqu’à plus de mille mètres avant de descendre à 750 mètres. C’est à cette hauteur que se trouve logée dans les terres la ville certes petite mais dont la célébrité est grande.

La gorge profonde de Ronda.

L’une de ses grandes attractions et curiosités demeure la gorge profonde dénommée El Tajo de 170 mètres et longue de 500 mètres qu’enjambe le Puente Nuevo (Pont Neuf). Et sous ce pont et dans cette gorge, coule la rivière Guadelevín. La petite ville ne saurait dormir tranquille dans ses montagnes, d’autant que chaque jour arrive de partout des touristes pour troubler son sommeil. Ainsi va Ronda des bus qui vont et qui viennent avec des visiteurs qu’elle attire.

En effet, il est de notoriété publique que Ronda est l’un des plus hauts lieux de tauromachie d’Andalousie. Elle est d’ailleurs reconnue comme la capitale spirituelle en la matière. Car c’est là que ce qu’on considère comme la corrida moderne a vu le jour. Après avoir parcouru gorge profonde de long en large, nous allons donc visiter les arènes de la ville. La statue du taureau qui nous accueille indique bien que Ronda n’a point usurpé son nom de capitale spirituelle de la tauromachie.

La statue du taureau de Ronda en face des arènes.La statue du taureau de Ronda en face des arènes.

L’histoire raconte que c’est à cette même place que le 15 août 1752, le torero Francisco Romero, à la fin d’une course, demande l’autorisation de tuer lui-même le taureau a recibir, c’est-à-dire en recevant la charge. A partir de ce jour, est née la corrida moderne dont il est généralement admis que Francisco Romero en est « l’inventeur ». De même, le rodeno, cette manière de toréer doit son nom à la ville de Ronda. L’érection même des arènes n’est ainsi intervenue que bien plus tard en 1784. Et à l’exception des gradins qui étaient d’abord faits en bois et qui ont été reconstruits en dur en 1962, l’ensemble est bel et bien d’époque. Ce qui en rajoute au charme et à l’historicité du site.

Deux musiciens en train de jouer de la musique andine.Deux musiciens en train de jouer de la musique andine.

Au passage, nous tombons sur deux artistes-musiciens en train de jouer non pas de la musique andalouse, mais plutôt de la musique andine. Leurs sonorités nous interpellent et nous passons un quart d’heure à nous délecter de cette autre musique venue de si loin.

Ronda se réjouit aussi et toujours de citer au nombre de ses plus illustre visiteurs et aficionados, le tout aussi illustre écrivain américain Ernest Hemingway dont le nom a servi à baptiser l’une des ruelles de la cité qui donne sur les arènes. Son compatriote Orson Welles, et tout aussi célèbre écrivain, artiste-dessinateur, acteur, prestidigitateur, scénariste et producteur y avait également ses habitudes. Et lui aussi, était un aficionado.

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