JOURNAL D’ESPAGNE: Un touriste africain en Andalousie (Episode 4)

Me voici maintenant en Andalousie, comme pour dire : un touriste africain en Andalousie. Pour moi qui en avais toujours rêvé, il m’en fallait un grand tour de découverte du pays. Le relief de montagne fait que je me sens dépaysé le moins du monde. C’est ça, l’esprit de « peuple de montagne » partout dans le monde.

Une statue du brave Sanche IV de Castille à Tarifa.

Nous attendions Robert et Odette Martin, et ils sont arrivés à Séville comme prévu. L’accueil et les retrouvailles ont lieu à Plaza Nueva. Nous ne perdons pas assez du temps peu après leur arrivée pour commencer avec eux, un grand tour d’Andalousie. A bord de leur véhicule, un nouveau modèle Touareg flambant neuf, nous partons en direction de Cadiz d’abord.

A en croire certaines sources, Cadiz doit son nom au mot berbère et phénicien Gadir. Et il signifie littéralement « château » ou « forteresse ». C’est ce même mot mais avec une préfixation que l’on retrouve dans Agadir, un terme assez fréquent en Afrique du Nord, avec par exemple Agadir au Maroc. Lequel terme signifie toujours en langue tachelhit chez les Berbères: « grenier » ou « forteresse ». La sémantique est en effet commune à toutes les formes anciennes des langues.

Nous parcourons Cadiz de part en part, à la recherche d’une Bodega ouverte. En vain. Et nous finissons par stationner devant un bar. A défaut de vin de Bodega, nous nous contentons d’un verre de bière de bar. Puis nous reprenons la route pour Tarifa. L’Andalousie a un relief montagneux et relativement moyen qui ressemble à maints endroits et égards aux montagnes de mon Atacora natal au Nord-Ouest du Bénin. Il s’agit de massifs dont l’altitude des sommets ne dépasse jamais 1 400 mètres. La grande différence demeure le fait que l’Andalousie possède une grande diversité de paysages. Avec ses oliveraies et autres fruitiers comme les papayers, les manguiers, les avocatiers ; on se croirait sous les tropiques en Andalousie. Le soleil dont la région bénéficie n’y est sans doute pas étranger.

Sans titre 1Le paradis du « kite-surfen » à Tarifa.

Ici à Tarifa, se trouve la pointe Sud de l’Espagne et la plus méridionale de l’Europe continentale. Mais ici, c’est aussi et surtout le paradis de la planche à voile et du « kite-surfen » en Europe. Car les vents fort issus du goulet entre l’Afrique et l’Europe formé à partir des montagnes situées de part et d’autre du détroit de Gibraltar y sont particulièrement favorables à merveille.

De la voie principale, au loin, nous pouvons apercevoir un essaim de voiles. Aussi, décidons-nous de bifurquer pour aller à la découverte de ce monde d’étranges passionnés. Nous y marquons une halte. Sur le parking, le nombre de véhicules en dit long sur la foule sur la plage. Nous descendons à la plage. Il n’y a pas que les éoliennes pour défigurer le paysage environnant, les voiles aussi sur ces côtes taillées et ventées de Tarifa aux plages pourtant si splendides. Sur cette belle plage où nous nous trouvons, une image me vient en tête. Celle de la savane africaine, lorsqu’un animal en décomposition attire une panoplie de vautours. Voilà ce à quoi me renvoie la plage envahie par les windsurfers.

Nous quittons à regrets l’endroit et ses occupants d’une espère rare qui volent tout en ayant les pieds sur l’eau ou dans l’eau pour faire un crochet dans la ville elle-même. Depuis l’extrémité de la pointe rocheuse, il est loisible d’apercevoir les montagnes du Maroc. En effet, il suffit de franchir un bras de mer en quelques kilomètres seulement pour atteindre les rivages du royaume chérifien, au pays de Mohamed VI. La plus courte distance entre l’Espagne et le Maroc étant d’environ 14 kilomètres.

Vue partielle de la ville avec le rocher de Tarifa.Vue partielle de la ville avec le rocher de Tarifa.

De Tarifa, nous partons pour le belvédère non loin de là. On peut laisser son regard s’y perdre au large. Et contempler le vide ou se faire du vide dans la tête. Mais attention à ne point tomber dans le vide quand on se prend une photo sur la margelle du belvédère. Après cette pause-photo, nous partons à travers une route en lacets qui nous emmène par cols de montagnes roulés à cols de montagnes roulés, à monter puis descendre finalement sur Algeciras. Les spécialistes de l’histoire ancienne nous apprennent que cette ville est habitée sans interruption depuis l’homme de Néanderthal, et qu’à l’époque phénicienne, elle joua également un rôle éminemment important. Nous ne nous y engageons pas. Nous la contournons, puis fonçons tout droit sur Manilva. Et c’est là que nous nous posons pour 72 heures. Tout en tournant en rond alentours jusqu’à Ronda ou jusqu’à Gibraltar.

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