Revue De Presse La liberté de Serge Lazarevic vaut-elle la sécurité malienne ?

Depuis la libération de Serge Lazarevic le 9 décembre 2014, le peuple malien s’indigne du comportement de leur président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui a sacrifié la sécurité et la justice pour son pays, au profit de la libération du citoyen français Serge Lazarevic.

Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

« Que personne ne se méprenne, à leur place j’eusse préféré rester en prison. » tel est la promesse du chef de l’Etat IBK à son peuple, c’était au cours d’un entretien qu’il a accordé à Radio France Internationale RFI mardi soir, ce après une longue période de silence dont à fait preuve le gouvernement malien sur cette affaire. En effet, selon RFI, ils ont gardé le silence sur cette affaire : « durant plusieurs jours, le pouvoir malien est resté aux abonnés absents sur cette affaire, certains magistrats allant même jusqu’à nier l’évidence. Pourtant, les jihadistes n’étaient plus dans les geôles de Bamako, provocant l’indignation de la rue et de la société civile. »

Il faut noter que si le chef d’Etat a voulu sortir de son silence et s’exprimer, c’était par contrainte et surtout pour calmer les esprits. Car pour MaliActu.net: « ces libérations ont suscité l’incompréhension au sein de l’opinion publique nationale, ces quatre hommes se revendiquant du jihadisme ou étant notoirement proches des groupes combattus par les forces françaises et celles de la Minusma dans le septentrion de nôtre pays. Le cas de Mohamed Aly Ag Wadoussène, qui était l’auteur de l’enlèvement de Serge Lazarevic et qui a tué un surveillant de prison (l’Adjudant Kola Sofara) au cours d’une tentative d’évasion en juin 2014, a soulevé moult protestations de la part des organisations des droits de l’homme et des Ong de défense des victimes des violations des droits humains. Aussi plusieurs partis d’opposition ont-ils dénoncé « une promotion de l’impunité qui ne crédibilise pas la lutte contre le terrorisme », accusant le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta de faire « peu de cas de la justice, des victimes et de leurs familles » ».

Beaucoup de Maliens et surement plusieurs Africains de la sous région touché par le terrorisme jihadiste, n’ont pas compris pourquoi quatre jihadistes ont été mis en liberté il y a quelques jours. Dans l’intégralité de l’interview publiée sur maliweb.net, IBK se défend : « Je peux simplement dire ceci. Il n’est pas toujours facile de décider. Surtout quand il s’agit de sujet aussi graves que ceux qui touchent à la vie et à la liberté. Nul au Mali, de bonne foi, ne peut mettre en doute le fait que, pour moi, la vie d’un malien vaut son pesant d’or. Nul en France, je pense, ne pourrait mettre en doute le fait que, pour Hollande, la vie d’un français vaut son pesant d’or. Nul ne pourrait mettre en doute le fait, que pour mon frère Mahamadou Issoufou, la vie d’un homme vaut son pesant d’or. Tous trois, nous partageons la même valeur fondamentale qui place l’homme au cœur de tous nos problèmes. Cette décision concernant la libération de Serge Lazarevic, ce souci de contribuer à faire en sorte qu’il recouvre ce que dont aucun homme ne doit être privé, nous avons commencé à en connaitre dès le sommet de Paris. »

Néanmoins un gros doute subsiste sur l’intégrité de cette décision du gouvernement malien de libérer les jihadistes et de ce brusque intérêt porté à la liberté d’un ressortissant français. C’est à se demander si la France n’a pas joué au rôle du marionnettiste dans cette affaire ? Et comme le dit l’adage : « la vérité finit toujours par se savoir… ».

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