Angola La nouvelle puissance montante de l’économie africaine

Il aura suffi de mettre fin en 2002 à la guerre civile qui a longtemps ravagé et retardé le pays pour que les indicateurs économiques de l’Angola pointent en direction du sommet. Grâce à la manne pétrolière mais aussi à bien d’autres ressources, le pays de José Eduardo dos Santos aspire à devenir une puissance économique en Afrique.

José Eduardo dos Santos, président de l'Angola.José Eduardo dos Santos, président de l’Angola.

Tous les économistes sont unanimes à le reconnaître, l’Angola possède un potentiel économique pour assurer et soutenir son développement économique. Et ce n’est pas le fait du hasard si le pays fait courir les investisseurs du monde entier. Le secret de cette dynamique : la stabilité sociopolitique qui a permis, avec la fin de la guerre, d’asseoir de véritables politiques et les institutions. On a beau reprocher au président José Eduardo dos Santos, le peu d’ouverture démocratique de son régime. L’Angola dispose d’un potentiel économique exceptionnel. Avec ses importantes ressources notamment en pétrole, gaz naturel, cuivre, diamants, fer, zinc, manganèse, phosphates, uranium etc., le pays a compris qu’il pouvait s’en servir comme levier économique. La production de pétrole qui est de l’ordre de 85% du PIB angolais, soit en première position avant l’extraction de diamants dont les exportations s’élèvent à 5% du PIB, est passée du simple au double depuis 2002. Aussi, l’Angola a-t-il signé le processus de Kimberley sur le contrôle de la commercialisation des diamants. Mieux, il a été en 2006 à l’origine de la création de l’Association des pays africains producteurs de diamants (ADPA), qui a son siège dans le pays. De nombreux pays sont présents dans l’économie angolaise : le Potugal – ancienne puissance coloniale -, le Brésil, l’Espagne, la Chine…En ouvrant le pays aux investisseurs du monde entier, la première puissance économique de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) a compris qu’il fallait engager la diversification de l’économie nationale. Il s’agit notamment de la réalisation d’infrastructures et du développement des services. Le pétrole et autres ressources naturelles n’étant pas inépuisables. Surtout quand on sait que la production pétrolière actuelle est de 1,78 Mbarils/jour. Il s’avère donc important de réduire la dépendance de l’économie du pays à l’or noir. La seule ombre au tableau de ce développement demeure le retard qu’accuse encore l’agriculture et d’autres secteurs comme la pêche. Car ils sont susceptibles d’employer une grande majorité d’Angolais qui n’ont pas encore réussi à s’insérer dans le tissu économique. Les autorités de Luanda ont ainsi tout intérêt à y accorder une attention particulière si elles ne veulent pas que le boom économique du pays laisse bien plus de gens en marge. Malgré tout, de la septième place en 2008, l’Angola pourrait bien monter à la cinquième place des économies africaines en 2014, à en croire l’économiste angolais Manuel Alves da Rocha.

Données économiques

PIB (2013) : 121,7 MdUSD (Direction générale du Trésor) PIB par habitant (2013) : 5 700 USD (DGT) Taux de croissance : 5,2 % en 2012, 4.1 % pour 2013 ( DGT) Taux d’inflation : 10,3 % en 2012, +8,8 % en 2013 (DGT ) Solde budgétaire (2013) : -1,5 % (DGT) Balance commerciale (2013) : estimée à 45,5 MdUSD (FMI, 2014) Principaux clients (2013) : Chine (61,5 %), Etats-Unis (17,2 %), Portugal (6,7 %) (DGT) Principaux fournisseurs (2013) : Portugal (24,9 %), Chine (23,9 %), Etats-Unis (8,7%) (DGT) Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (SE, 2013) :

• industrie : 59,6% (dont 43,7% pétrole et produits raffinés)

• services : 28,3 %

• agriculture : 10 %

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