Haïti Le calme après la tempête politique

La crise politique qui paralysait Haïti depuis plusieurs mois a connu un début de solution. Après que le président Michel Martelly a accepté de signer un accord avec le Parlement au sujet de la prolongation du mandat des parlementaires.

Le président de la République de Haïti, Michel Martelly.Le président de la République de Haïti, Michel Martelly.

Il y a quelques jours, Turneb Delpé, Coordonnateur du MOPOD déclarait : « il est incohérent de discuter avec Evans Paul, alors que le MOPOD (Ndlr : Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique) prône la poursuite des manifestations, pour réclamer la démission du président Michel Martelly ». Du coup, il balayait ainsi du revers de la main toute proposition de négociation avec le Premier ministre Evans Paul. Et comme pour ne rien n’arranger, le président du Sénat Dieuseul Simon Desras, indiquait également qu’il était hors de question de dialoguer avec l’Exécutif du choix d’Evans Paul, tant que la question de la prorogation du mandat des parlementaires n’a pas été réglée. Néanmoins, celui-ci promettait que la loi électorale sera amendée avant le 12 janvier si les deux parties parvenaient à un accord passé cette date.

C’est donc finalement pour calmer le jeu politique que le président de la République, Michel Martelly, s’est vu contraint de signer le 29 décembre dernier un accord avec le Parlement et le pouvoir judiciaire. Michel Martelly a donc cédé face aux pressions des parlementaires et de la communauté internationale : le mandat des députés et sénateurs va être prolongé jusqu’à l’organisation d’élections législatives. Et cela, pour apaiser le jeu politique qui était paralysé depuis plusieurs mois. Ledit accord tripartite a été approuvé au palais présidentiel par le chef de l’Exécutif, Michel Martelly, le président du Sénat, Simon Dieusseul Desras, le président de la Chambre des députés, Jacques Stevenson Thimoléon, et le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, Anel Alexis Joseph.

Au terme de cet accord, il convient de mentionner : la prolongation du mandat du parlement, l’engagement de procéder à des changements dans la législation électorale avant le 12 janvier. Laquelle permettra dès qu’elle sera votée de mettre en place un nouveau Conseil électoral provisoire (CEP) avec la participation des diverses composantes de la société.

Entre autres points, le document prévoit aussi la ratification de la politique générale du Premier ministre « de consensus » avant le 12 janvier 2015. « C’est un grand pas qui vient d’être franchi vers la résolution de la crise », a déclaré Evans Paul à l’issue de la signature dudit accord consécutif à la démission du Premier ministre Laurent Lamothe et de son gouvernement. Quatre partis d’opposition ont cependant exigé par ailleurs des corrections à ce qu’ils qualifient par la « décision unilatérale » du président Michel Martelly de nommer Evans Paul comme Premier ministre. Les prochaines élections locales, municipales et législatives sont prévues pour se tenir dans un délai de 120 jours à compter de la date d’installation de l’organe électoral. Mais elles auraient dû se tenir depuis trois ans déjà.

Faut-il le souligner, les partenaires internationaux de Haïti, en particulier les Etats-Unis, avaient envie d’en finir avec cette crise politique qui perdurait. Ils ont par conséquent tordu la main au président haïtien afin qu’il trouve un terrain d’entente avec les parlementaires du pays. Une concession que certains voient comme une victoire de l’opposition au détriment du pouvoir en place. Du reste, le président n’a pas daigné commenter les conclusions issues de ce bras de fer et qui sanctionnent le retour à la normale à Haïti en fin de compte.

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