Usa – Cuba Le grand dégel ?

Le président américain, Barack Obama, a annoncé le 17 décembre dernier dans une déclaration télévisée, la normalisation prochaine des relations entre les Etats-Unis et Cuba. Cette annonce a été vivement appréciée à travers le monde entier. Il y avait bien quelques signes avant-coureurs. Mais est-ce pour autant le grand dégel entre les deux anciens frères ennemis américains?

USA-CUBA : Est-ce le grand dégel entre les deux anciens frères ennemis américains?USA-CUBA : Est-ce le grand dégel entre les deux anciens frères ennemis américains?

« Je veux remercier Sa Sainteté, le Pape François, dont l’exemple moral nous montre l’importance de rechercher un monde tel qu’il devrait être, plutôt que de se contenter du monde tel qu’il est ». Ces propos du président américain, Barack Obama, lors de son allocution télévisée du 17 décembre dernier en disent long sur le rôle clef que le Pape François 1er.

Dans sa déclaration télévisée, le président américain Barack Obama a informé les Américains et le monde entier qu’il avait demandé au secrétaire d’Etat John Kerry d’engager des discussions avec Cuba sur la normalisation des relations politiques. Avec à la clé, la réouverture prochaine d’une ambassade des USA à La Havane, à Cuba. Barack Obama, dit ainsi préférer une « nouvelle approche », car « l’isolement de Cuba n’a pas fonctionné ». Aussi, a-t-il lâché en espagnol : « Somos todos americanos » (Nous sommes tous Américains).
Face à l’épidémie d’Ebola il y a quelques mois, le président cubain Raul Castro avait bien fait de prévenir: « Je suis convaincu que si une réponse immédiate de la communauté internationale ne permet pas de repousser cette menace, Ebola peut devenir l’une des plus graves pandémies de l’histoire de l’humanité ». Et d’inviter les Etats-Unis d’Amérique à faire fi des relations politico-diplomatiques exécrables qui ont émaillé les 55 dernières années avec Washington pour travailler la main dans la main à endiguer Ebola: « Cuba veut travailler côte à côte avec tous les pays, y compris les États-Unis ». Pour leur part, les Etats-Unis d’Amérique avaient aussi vivement apprécié la contribution de Cuba qu’ils ont salué à travers la voix de John Kerry, leur secrétaire d’Etat: « Cuba, un pays d’à peine 11 millions d’habitants, a dépêché 165 professionnels de santé et prévoit d’en envoyer près de 300 de plus ».

Dans un éditorial de Courrier des Afriques intitulé : « Ebola, un grand MERCI à Cuba », Marcus Boni Teiga écrivait alors : « Le pays de Fidel Castro, depuis l’époque de Che Ernesto Guevara jusqu’à nos jours, démontre ainsi encore une fois par sa prompte réponse à l’épidémie d’Ebola qui frappe l’Afrique que les racines qui le lient à ce continent sont bien nombreuses et profondes. Et si la situation de l’Afrique peut faire que les relations entre les Etats-Unis d’Amérique et Cuba s’améliorent, alors ce serait tant mieux ! Au moins, vu sous cet angle, nous pourrions dire demain qu’Ebola ne nous a pas fait que du mal. Comme quoi, la sagesse proverbiale africaine qui veut que : « même du diable, on peut tirer du bien » a bel et bien sa raison d’être ».

Le président Barack Obama a donné son feu vert pour les pourparlers secrets entre les USA et Cuba en 2013, sous l’égide du Canada. Et le Souverain pontife que le président américain a tenu à remercier personnellement dans son allocution n’a pas ménagé ses efforts afin qu’ils aboutissent. Entre autres mesures, les Etats-Unis ont annoncé, qu’ils allaient d’ores et déjà retirer Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme. En réaction à ce début de dégel, le président cubain Raul Castro a eu dans ses propos, cette phrase sibylline : « Nous devons apprendre à cohabiter tout en respectant nos différences ». Néanmoins, pour lui, seul l’embargo contre Cuba reste le dernier obstacle à lever. Barack Obama qui devrait en discuter avec les membres du Congrès américain a déjà clairement indiqué qu’il souhaitait qu’il le soit avant la fin de son second mandat, c’est-à-dire en 2017. Ce n’est qu’en ce moment alors, qu’on pourrait parler du grand dégel entre les Etats-Unis et Cuba.

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