Pourquoi l’Atacora vaut vraiment le détour

Sans titre 1Si je n’avais pas vu le jour dans l’Atacora, j’aurais sans doute aimé l’Atacora quand même. Le nord-ouest du Bénin est la région la plus touristique du pays. Mais au-delà de ses paysages, de ses cascades et de sa faune, ce qui m’attache à ce pays, c’est bien plus les gens, leur culture et leur histoire. C’est-à-dire le terroir dans toute son acception.

Les Somba de l’Atacora sont en effet l’un des rares peuples d’Afrique à avoir conservé des pans entiers des us et coutumes de la Nubie antique. En ce sens, ils sont on ne peut plus intéressants à étudier pour tout chercheur ou passionné d’histoire comme moi.

L’Atacora est aussi une région de collines qu’on appelle ici improprement des montagnes parce que se trouvent dans cette région les plus hauts sommets du pays, entre 600 et 800 m d’altitude. Même si les Somba appartiennent presque tous à la même aire culturelle Gour, ils sont une mosaïque de peuples aux cultures riches et diverses.

Sans titre 2Cependant, ce qui fait courir beaucoup de gens dans l’Atacora demeure incontestablement le parc national de la Pendjari. Classé réserve de la biosphère par l’UNESCO, il est actuellement le plus important parc d’Afrique de l’Ouest. Outre plusieurs espèces d’oiseaux, on y trouve des lions, des éléphants, des buffles, des cobs de Buffon, des ourebi, des damalisques, des waterbuck, des guib harnaché… Ces dernières années, une bonne protection des guépards, emblèmes du parc, a permis leur multiplication. Au grand bonheur des touristes.

Parmi les sites les moins connus et les moins visités qui me fascinent particulièrement, il y a ceux de la guerre de résistance contre la conquête coloniale française. Que ce soit les murailles ou les cases en pierres sèches, les hauts fourneaux qui servaient à fondre du minerai de fer pour fabriquer des armes, les galeries d’extraction de ce minerai ou tous autres objets encore sur place in situ…, rien ne laisse indifférent sur les lieux où Kaba et ses guerriers se sont battus contre les troupes coloniales françaises. Ma passion pour l’histoire m’a conduit à consacrer du temps et un ouvrage à cette résistance méconnue qui est pourtant l’une des plus longues d’Afrique (1914-1917), et dont les sites sont dispersés dans un rayon de 100 km environ dans la chaîne des montagnes de l’Atacora. Sans titre 4

Sans titre 3Impossible de visiter l’Atacora et de résister à la tentation de ses Tata Somba (espèces de châteaux forts surmontés de greniers ou de tourelles). Un détour par le musée de Natitingou permet de mieux appréhender leur histoire et celle des peuples de l’Atacora. Il en existe cinq types : le Tata dit Somba qui est en fait Otammari avec deux variantes (Otchao et celui de Boukoumbé), le Tata Osori, le Tata Natemba et le Tata Berba. Le Tata Somba est classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour découvrir la cuisine locale, une adresse fait l’unanimité : le restaurant de l’hôtel Bourgogne de Natitingou avec sa spécialité devenue célèbre : la bosse de zébu. Mais il y a aussi d’autres mets locaux, tels le couscous de voandzou ou de fonio typiques du pays Somba. En matière de cuisine, je reste fondamentalement attaché à l’africaine. Comme ma compatriote, l’artiste-vedette Angélique Kidjo, le « monyo » est un met du sud du Bénin que j’affectionne particulièrement. Chaque fois que je reviens d’un voyage à l’étranger, c’est le premier sur lequel je me jette. A la fois pour retrouver les saveurs de mon pays et pour réveiller mes papilles gustatives.

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