Maurice RT/STREETDANCE : Tout savoir sur le hip-hop avec Cedrix Baboo

Un style, une souplesse digne d’un gymnaste, des pirouettes improbables... les danseurs de streetdance sont indéniablement de véritables acrobates. Cedrix Baboo, 33 ans, ne dira pas le contraire.

Membre du group Cyber Step Breakerz.Membre du group Cyber Step Breakerz.

Membre du group Cyber Step Breakerz fondé en 2004, le jeune homme danse depuis l’âge de 12 ans. Avec son groupe, appelé “crew” dans le jargon, il a participé à plusieurs compétitions et évènements de streetdance. Il pratique du breakdance, mais aussi la danse debout. En ce qui concerne les compétitions en solo, Cedrix Baboo a participé à “Dance Fever 1” et a été finaliste de “Ti Mambo 2005”. Il porte également la casquette de chorégraphe pour le groupe 007 juniors. Il est également le vice-président de l’association Street Arts & Sports dont le but est de promouvoir le hip-hop et des artistes de rues aussi. Bref, du talent il en a à revendre. Le danseur a accepté de nous parler de sa spécialité: le hip-hop.

“Le hip-hop se compose principalement de cinq éléments fondamentaux: le Graffiti ; le Djing ; le Rap ;
le breakdance et la connaissance (knowledge)”, explique Cedrix Baboo. “Quand on parle de danse en hip-hop, c’est principalement le breakdance, aussi connu comme B-boying qui est, à l’origine, la danse de rue du hip-hop.” Une personne qui pratique cette danse s’appelle un Bboy (breakboy/beatboy) ou une Bgirl. D’autres styles de danse sont associés au hip-hop, notamment le popping, le locking, le hip-hop dancing (newstyle) et la house. Chaque style de danse se pratique sur des musiques spécifiques, explique Cedrix Baboo. Le breakdance se pratique sur des “breakbeat”, le popping/locking sur le pop n funk styles music et le Hiphop newstyle (danses debout) sur les musiques hip-hop et rap. Celui-ci est le style le plus médiatisé et se voit dans les films, les clips vidéos, entre autres.

Chaque “crew” pratique sa danse à sa façon. Mais il existe aussi des moniteurs (ou professeurs) qui montrent leurs talents aux plus jeunes intéressés. Certains s’entrainent et partagent leurs savoir-faire chez eux, et certains, qui ont le moyen, ont la possibilité de se procurer un studio. Il y a eu plusieurs breakdance crews à Maurice. Le plus ancien est Alliance Suprême : le groupe est aujourd’hui inactif, mais les membres sont toujours présents dans les évènement hip-hop. Il y a également Cyber Step Breakerz — dont Cedrix Baboo est membre—, Buruth family crew où un père, son fils et son neveu partagent la même passion pour la breakdance ; ou encore Flava Kidz. De ceux qui pratiquent la danse debout il y a les crews Da-movement, Mafia Swagg,Venom-Us, et U4YUH (groupe de filles).

Le style streetdance est reconnaissable à ses mouvements et sa musique :

“Contrairement à la danses debout (poppin, locking, hiphop newstyle, house), le breakdance comprend le contact au sol: les autres caractéristiques du breakdance sont le toprock, footwork, powermoves et freeze. C’est l’une des danses de rue la plus difficile, mais pas impossible à pratiquer, car cela comporte des mouvements acrobatiques et physiques”, explique, en fin connaisseur, Cédrix Baboo. Et de poursuivre: “À Maurice, on a tendance à dire : ‘to pe breaké’, pour parler du popping (wave), mais c’est une erreur. Donc, de par les mouvements et la musique qui accompagne la danse, on peut facilement reconnaître le style streetdance en question.”

Une culture et un art de vivre avant tout

Pour le danseur, le hip-hop est avant tout une culture, une façon de s’habiller, de parler et de marcher. “Le hip-hop est une façon de penser et d’agir. Le slogan des danseurs de hip-hop est : ‘peace, love unity and have fun’, mais surtout le respect, respect de soi et d’autrui.” Mais Cédrix Baboo se désole que les médias et certains jeunes d’aujourd’hui donnent une mauvaise perception du mot hip-hop dans leur façon d’agir. “Les gens voient d’un mauvais œil ceux qui ont le look hip-hop. J’ai moi-même déjà eu l’étiquette de vagabond rien qu’à cause de mon style. Il ne faut pas oublier que l’esprit hip-hop est né dans la rue, où les jeunes au lieu de se droguer ou de tomber dans les fléaux sociaux dansaient. Ils pratiquaient les éléments du hip-hop dans les rues pour s’éloigner de toute mauvaise tentation. Le hip-hop est une échappatoire positive aux énergies négatives de la société.” Cédrix Baboo souligne que dans les quartiers démunis, le hip-hop peut être une solution contre la pauvreté et “l’outil suprême” pour l’épanouissement des enfants. “Dans d’autres pays, les danseurs ont de la valeur, sont respectés et encadrés, ce qui est primordial pour mieux évoluer dans leur art. Certains sont même des héros nationaux. À Maurice, on n’a pas le soutien social et matériel pour arriver à un plus haut niveau alors qu’il y a plein de talents cachés qui ne demandent qu’à être dévoilés”, constate-t-il.

Les différents style de streetdance

Breaking (B-boying)
House
Hip hop
Krumping
Locking
New Jazz
Punk
Tutting
Uprock
Jerkin
Popping
Boogaloo
Tecktonik

Les difficultés d’organiser les évènements streetdance à Maurice

Les grandes compétitions de street dance sont très à la mode de nos jours, et il existe de par le monde un grand nombre de festivals de cette dance. Citons notamment la “Battle of the year” ou “Juste debout”, mais aussi la compétition “House Dance International”. Ces compétitions sont principalement basées sur des battle, mais il y a également des catégories où les shows chorégraphiques sont jugés. “À Maurice, l’on retrouve des évènements tels que “Break & Share”, “Street unity Battle”, “Break on the floor” et “festival hip-hop”, ou encore le “Bodytalk” qui sont organisés pour motiver les jeunes a progresser dans leur art et pour promouvoir le hip-hop”, indique Cedrix Baboo.

“Mais les organisateurs galèrent beaucoup pour l’organisation de tels évènements, car il y a des dépenses. Ainsi, pour chaque évènement, certains membres de plusieurs crews apportent leurs soutien. Il y a des battle pour tous les styles de streetdance: battle de breakdance, battle de hip-hop newstyle qu’on appelle aussi danses debout, etc. Je tiens tout de même à remercier les shopping malls tels que Bagatelle, Cascavelle, Centre Commercial Phœnix et Gallery Evershine qui nous ont cédé un espace et nous ont permis de mettre en avant ce style de danse durant cette année”, dit-il.

À noter qu’en ce moment se tient la compétition Malta Guinness Streetdance dont a finale aura lieu au Caudan Waterfront le 28 février 2015. Les vainqueurs des deux catégories de la compétition pourront assister au Festival international de Street Dance en France en mars 2015. Ils pourront échanger leur expérience avec ces danseurs qui viennent des quatre coins du monde et apprendre les nouvelles tendances de Street Dance.

 

Source : www.lemauricien.com

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