Le Gers, au pays de d’Artagnan (Episode 2)

D'Artagnan et les trois mousquetaires.D’Artagnan et les trois mousquetaires.

A l’aller tout comme au retour de mon voyage dans le département du Gers, je n’ai guère pu rencontrer le responsable du Groupe d’études et de recherches sur les médias africains de l’université de Bordeaux 3 ainsi que prévu. Je n’ai non plus visité la ville dont la transformation sous la houlette du maire Alain Juppé m’a souvent été vantée par des compatriotes qui s’y sont rendus après moi, voire des amis français. Je me suis contenté d’un passage devant la Gare Saint-Jean et d’une rencontre avec mon ami Pierre Michel Delgay, le Consul honoraire du Bénin en Aquitaine qui – il faut le dire – fait tout en son pouvoir pour le rayonnement du Bénin en France et le développement de la coopération avec les Français résidant dans sa juridiction consulaire.

En traversant les Landes, je suis passé de la plaine arborée de pins à une région très vallonnée par le fleuve L’Adour et la Barcelone du Gers pour aller visiter La Romieu. Le principal centre d’attraction dudit village, c’est la Collégiale de La Romieu : un magnifique ensemble collégial érigé par le cardinal d’Aux au 14eme siècle. Classée patrimoine mondial depuis 1998, l’église attire beaucoup de touristes. Visiter les deux tours aux escaliers d’époque relève d’un véritable parcours du combattant. Mais qui est loin de rebuter tant la découverte est passionnante. Non loin de là, dans la ville de Condom, le monument dédié aux « Trois mousquetaires » vaut tout aussi le détour pour voir les héros du livre d’Alexandre Dumas de même que Lupiac, le village natal de d’Artagnan.

J’espérais au retour de grandes retrouvailles à Bordeaux non seulement avec des amis sur place mais aussi avec la ville elle-même. D’autant plus que j’ai connu la France par Bordeaux il y a seize ans quand j’y ai débarqué en tant que lauréat et boursier de la Fondation Reuter (la Fondation de l’agence britannique de presse Reuters) pour une année académique au Centre d’études des médias de l’université Michel de Montaigne de Bordeaux 3. Bordeaux est donc pour moi en France, pour ainsi dire, ce que Tanguiéta représente au Bénin.

Je me souviendrai toujours de ma première rencontre avec feu le professeur André-Jean Tudescq, de mon passage au journal Sud Ouest ou encore de celui plus bref et non moins enrichissant à Radio France Bordeaux-Gironde. C’était à l’époque où Alain Juppé – le maire de Bordeaux – venait d’être nommé Premier ministre du gouvernement Jacques Chirac. Et à l’occasion de sa première visite à Bordeaux, j’ai eu l’opportunité de l’interviewer avec une consoeur alors en stage sur la situation des SDF (Sans domicile fixe) que les maires de certaines communes chassaient comme des pestiférés des lieux publics alors même que l’hiver approchait.

Je me souviendrai toujours et encore de la présidentielle de 1995 au cours de laquelle j’ai découvert Nicolas Sarkozy sur une chaine de télévision française peu après l’annonce des résultats du premier tour. Et je vois toujours l’ex lieutenant d’Edouard Balladur dont le champion était annoncé pour le second tour par les sondages, cracher toute sa bile sur les instituts de sondage et les journalistes. Tout comme s’ils étaient responsables ou comptables de leur échec. Entre le Sarkozy de cette époque-là et le président de la République d’aujourd’hui, il faut avouer que l’homme politique s’est manifestement mué. N’empêche que cette image d’hier me revient chaque fois que je l’entends ou que je le vois.

 

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