Burkina La « révolution populaire du 30 octobre» avec un arrière goût d’inachevé ?

Les Burkinabé ont renoué le 7 février dernier avec la mobilisation dans les rues de Ouagadougou, la capitale du pays, avec un meeting à l’emblématique Place. Après la chute de Blaise Compaoré, ils réclament maintenant la dissolution du Régiment de la sécurité présidentielle (RSP) qui a manifestement pris la transition en otage.

En renonçant à dissoudre le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), le Premier ministre Yacouba Zida a étalé toutes les faiblesses du gouvernement de transition.En renonçant à dissoudre le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP), le Premier ministre Yacouba Zida a étalé toutes les faiblesses du gouvernement de transition.

 

On a beau dire qu’ils étaient moins nombreux, les Burkinabé sont quand même sortis encore une fois à Ouagadougou pour dire tout leur mécontentement contre le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP). Une entité ayant survécu à l’ancien régime du président déchu Blaise Compaoré et dont l’ancien Aide de camp vient d’être nommé à sa tête. En effet, c’est cette fameuse RSP qui a rappelé à l’ordre récemment le Premier ministre Yacouba Zida qui cherchait à mettre un terme à son hégémonie sur la vie publique du pays en voulant la dissoudre. Non sans être personnellement menacé et faire machine arrière, parce que les éléments de la RSP sont allés carrément jusqu’à réclamer la démission du Premier ministre. Comme pour démontrer le Régiment de la sécurité présidentielle (RSP) a droit de vie ou de mort sur la transition politique en cours au Burkina.
Le peuple burkinabé a donc vite compris que sa « révolution populaire du 30 octobre » était bien loin d’être achevée. Puisqu’elle est actuellement prise en otage par le RSP. A l’initiative de la société civile, ils étaient ainsi plusieurs citoyens à se rassembler à la désormais célèbre « Place de la Révolution », le 7 février dernier.
« Nous réclamons la dissolution du RSP, une milice façonnée pour l’ancien régime », a lancé à l’attention des participants Luc-Marius Ibriga, l’un des leaders des mouvements de contestation qui ont fait tomber le régime Compaoré en octobre dernier. Le RSP a beau tenter de rassurer par la suite les citoyens burkinabé, plus rien ne sera comme avant. Tant il a déjà défié les autorités de la transition. En exigeant la démission « pure et simple » du Premier ministre Yabouba Zida avant d’y renoncer en échange de sa non-dissolution. Une sortie malencontreuse qui prouve, comme s’il en était encore besoin, que la « révolution populaire du 30 octobre» au Burkina traîne derrière elle un arrière goût d’inachevé comme un boulet.

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