USA / SOMMET CONTRE L’« EXTREMISME VIOLENT» – Enfin, la grande mobilisation contre le terrorisme ?

La propagation du terrorisme à caractère religieux et particulièrement islamique inquiète plusieurs pays du monde entier. Car il menace les fondements mêmes de leurs Etats. Un sommet réuni à l’initiative des Etats-Unis va élaborer des stratégies concertées pour tenter de venir à bout de ce péril contagieux.

Le président américain, Barack Obama.Le président américain, Barack Obama.

Plus d’une soixantaine de pays ont répondu à l’invitation des Etats-Unis à participer à un sommet de trois jours (18, 19 et 20 février) sur la lutte contre le terrorisme dans le monde à Washington. En y invitant les dirigeants du monde entier à cette rencontre, en l’occurrence ceux qui sont en charge de la sécurité dans leur pays, le président américain Barack Obama a tenu à indiquer aux uns et aux autres qu’il n’a pas de recette-miracle à leur proposer. Au demeurant, il a souligné qu’il incombe à chacun de faire face à cette réalité du terrorisme. Le président américain Barack Obama a cependant vu juste lorsqu’il a déclaré à l’égard des pays occidentaux : « Ce n’est pas en ignorant nos carences, exploitées par les terroristes que nous réglerons le problème ». Il en est de même quand il poursuit sa déclaration dans la même logique pour laisser entendre que : « Al-Qaïda et le groupe Etat islamique recherchent désespérément une légitimité. Ils tentent de se dépeindre comme des leaders religieux et ils diffusent l’idée que l’Occident est en guerre contre l’islam, a déclaré Barack Obama. Nous ne devons jamais accepter les principes qu’ils mettent en avant, et nous devons leur refuser la légitimité qu’ils recherchent. Ce ne sont pas des leaders religieux, ce sont des terroristes » !

Si jusque-là, l’Occident pouvait voir la menace de loin avec l’Etat islamique en Syrie et en Irak, au Pakistan, les Shebabs en Somalie, Al-Qaïda au Yemen et Boko Haram au Nigeria, Cameroun et Niger ; elle se rapproche de plus en plus de l’Occident avec la récente exécution sommaire de 21 Egyptiens de confession chrétienne copte. Des actions qui, comme le dit Barack Obama, vise à rechercher une légitimité aux yeux d’autres musulmans alors qu’ils entachent ainsi l’Islam ce faisant.

Le président américain, Barack Obama, se refuse à ce que ses compatriotes condamnent systématiquement l’islam à travers cet « extrémisme violent ». Ce qui n’est pas pour lui attirer la sympathie de ses adversaires républicains. Lesquels voient en l’islam radical l’origine de tous les maux du terrorisme actuel. Et leur représentant Michael McCaul de poser cette question : « Comment peut-on vaincre un ennemi qu’on ne nomme pas ? » Mais une chose est claire pour Barack Obama, aucun extrémisme ne peut trouver sa justification dans une religion. Et cela vaut tout aussi pour l’Islam que pour le Christianisme.

En somme, le terrorisme s’internationalise et avec des franchises pour chaque groupe qu’il faut lui trouver des solutions appropriées pour éviter des amalgames. Et le sommet de Washington a beau être critiqué sur certains aspects, il a en revanche le mérite d’avoir eu lieu et d’avoir engagé différents ministres de l’Intérieur ou de la Sécurité sur de meilleures pistes pour lutter contre ce qu’il qualifie pudiquement, il faut bien le dire, d’« extrémisme violent ». En effet, le sommet de Washington a pour vocation, avant tout, à trouver à ce phénomène des réponses autres que militaires. Sans en exclure pour autant des réponses militaires.

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