INTERVIEW – MARCUS BONI TEIGA: « Une Afrique unie est la géniale invention qui changerait la vie des Africains »

Né en 1966 à Tanguiéta, dans le Nord-Ouest de la République du Bénin, Marcus Boni Teiga est l'un des co-fondateurs du Magazine panafricain d’information en ligne Courrier des Afriques. Journaliste depuis 1987 - après avoir commencé en tant que freelance -, il a travaillé pendant dix ans (1989-1999) pour La Gazette du Golfe à Cotonou, au Bénin, où il a été respectivement rédacteur, chef des enquêtes, grand reporter, rédacteur en chef et directeur de la publication. En 1994, il a été le lauréat de l’Afrique francophone pour les bourses en journalisme de la Fondation Reuters et a passé une année académique à l'Université de Bordeaux 3 en France comme Reuters Fellow. Ancien chargé de communication à l'Assemblée nationale du Bénin en 1996 et au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme de la République du Bénin de 2005 à 2006, il est actuellement président du Conseil de surveillance de Courrier des Afriques. Marcus Boni Teiga est un spécialiste de la Nubie antique, et auteur de plusieurs ouvrages notamment «La Nubie et les origines des peuples d’Afrique I», «La Nubie et les origines africaines des peuples, des langues et des religions du monde II», et «La Nubie et les origines de la langue mère unique III», publiés aux Editions Dagan à Paris, en France; et co-auteur de «Journalisme 2.0: nouvelles formes journalistiques, nouvelles compétences » publié à La Documentation Française à Paris, en France. Il est aussi Lauréat du Prix international Imhotep en Nubiologie qu'il a reçu lors du Festival international du livre panafricain de Bruxelles (Belgique) en octobre 2014, pour toutes ses publications sur la Nubie.

 

 

 

Marcus Boni Teiga (1)

Ake Review: Est-ce que la littérature africaine existe?

Marcus Boni Teiga : Si l’on considère que les Africains parlent des langues étrangères (NDLR : même si elles ne sont pas si étrangères que ça, puisque la langue-mère-unique de laquelle dérivent toutes ces langues est née en Afrique, et plus précisément en Nubie), nous pouvons dire que la littérature africaine n’existe pas encore.

 

Citez un des privilèges d’être une personne créative?

L’un des privilèges d’être une personne créative, c’est l’opportunité d’élargir ses horizons.

 

Avez-vous des rituels en vue de stimuler votre créativité?

Non, je ne m’adonne à aucun rituel pour stimuler ma créativité.

 

S’il est un thème récurrent dans vos créations, quel est-il et pourquoi est-il important pour vous?

S’il est un thème récurrent dans mon travail de création, il s’agit du panafricanisme. Il est très important pour moi parce qu’il n’y aura aucun développement possible pour l’Afrique si les pays africains ne s’unissent pas.

L’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, lors de la présentation de sa communication: Participation des pays d’Afrique francophone à la Première Guerre Mondiale (1914-1918)L’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, lors de la présentation de sa communication: Participation des pays d’Afrique francophone à la Première Guerre Mondiale (1914-1918) à l’espace Terra Kulture à Lagos au Nigeria, à l’occasion du 96ème anniversaire de l’Armistice.

 

Vous avez été invité à vous joindre à une poignée d’autres auteurs africains pour une performance littéraire spéciale sur la lune. Que dites-vous?

Je dis partageons une petite partie de la lune avec ceux qui ne sont pas avec nous sur la lune.

 

Si l’Afrique était un fruit, lequel serait-il et pourquoi?

Si l’Afrique était un fruit, ce serait une pastèque pour moi. Parce que l’Afrique est comme de l’eau. Rien n’est possible sans eau. C’est une grande source d’inspiration.

 

De gauche à droite: le Directeur de l’Institut Goethe Marc-André Schmachtel (modérateur), le High Commissioner of British Council, le célèbre historien nigérian Edward Emeka Keazor, le Consul Général de France François Sastourné, le Consul Général d’Allemagne Michael Derus, l’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, le Dr. Jörg Theis et l’écrivain français Pierre Cherruau (modérateur) lors du débat.De gauche à droite: le Directeur de l’Institut Goethe Marc-André Schmachtel (modérateur), le High Commissioner of British Council, le célèbre historien nigérian Edward Emeka Keazor, le Consul Général de France François Sastourné, le Consul Général d’Allemagne Michael Derus, l’écrivain béninois Marcus Boni Teiga, le Dr. Jörg Theis et l’écrivain français Pierre Cherruau (modérateur) lors d’une conférence-débat à Lagos au Nigeria sur la participation des Africains à la Première Guerre Mondiale.

 

Citez deux livres que chaque Africain doit lire, selon vous, et dites-nous pourquoi?

« Les fondements culturels, techniques et industriels d’un futur État fédéral d’Afrique noire », 1960 ; réédité par Présence africaine sous le titre : « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique Noire », 2000 (ISBN 2708705350)et « Nations nègres et culture : de l’Antiquité nègre égyptienne aux problèmes culturels de l’Afrique noire d’aujourd’hui », 1954 (ISBN 2708706888). Tous deux sont de Cheikh Anta Diop.

 

Selon vous, quelle invention changerait la vie des Africains?

Une Afrique unie est la géniale invention qui changerait la vie des Africains.

L'écrivain béninois Marcus Boni Teiga en compagnie d'un autre compagnon résolument panafricaniste, le Kenyan Ngugi Wa Mukoma (fils du célèbre écrivain kényan Ngugi Wa Thiong'o), lors de la discussion du panel de «La fiction du crime à travers les continents » pendant le Festival Aké des Arts et du Livre d’Abeokuta au Nigeria (Crédit: TOJ Photograpy).L’écrivain béninois Marcus Boni Teiga en compagnie d’un autre compagnon résolument panafricaniste, l’écrivain kényan Ngugi Wa Mukoma (fils du célèbre écrivain kényan Ngugi Wa Thiong’o), lors de la discussion du panel de «La fiction du crime à travers les continents » pendant le Festival Aké des Arts et du Livre d’Abeokouta au Nigeria (Crédit: TOJ Photo).

 

 

Si vous n’êtes pas en train de lire ou d’écrire, que faites-vous?

Je chante l’Afrique à l’étranger.

 

Quelle est votre Afrique?

Mon Afrique est ce pays-continent où les Africains pourraient voyager partout en Afrique sans visa, où il y aurait un Président des États-Unis d’Afrique, un seul gouvernement et le Swahili comme principale langue officielle de notre continent.

 

Source: Ake Review (Nigeria)

Commentaires

  1. Le , Prof Kalamba Nsapo a dit :

    Merci.
    Le panafricanisme, c’est notre enjeu capital.