Pourquoi il faut sauver Le Parc de la Pendjari

Parc Pendjari (9)

 

Situé dans le département de l’Atacora au Nord-Ouest du Bénin, sur les territoires des communes de Tanguiéta et de Matéri, et aux confins du Bénin, du Burkina et du Niger ; le Parc national de la Pendjari est aujourd’hui le plus important d’Afrique de l’Ouest. Sa faune riche et diversifiée renferme en effet la plus grande population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest et l’une des rares espèces de lion en voie de disparition. Il compte aussi de nombreuses espèces menacées telles que l’éléphant, le buffle, le guépard, le lycaon, l’hyène, et des milliers d’antilopes (damalisques, hippotrague, bubale, cobes de Buffon, cobes Defassa, cobes des roseaux…). Et c’est à juste titre qu’on le considère comme le tout dernier sanctuaire de la faune sauvage en Afrique de l’Ouest.

 

Seulement voilà : ce parc qui tient son nom du fleuve Pendjari est en sursis depuis plusieurs années déjà. Condamné à mort en cela par la double menace de l’incurie du gouvernement du président Boni Yayi et la pression continue des braconniers de toutes nationalités ainsi que leurs complices du crime organisé à tous les échelons.

Pourtant…Et pourtant, grâce à la Coopération allemande, la gestion du Parc national de la Pendjari était montrée partout en exemple. Aujourd’hui encore, voire ! Car l’étroite collaboration qui avait été mise en place entre l’Etat et les populations riveraines à travers lesAssociations villageoises de gestion des réserves de faune (AVIGREF), en avait fait un modèle de gestion participative des aires protégées reconnu sur le plan international. Malheureusement, les différents ministres de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme du gouvernement du président Boni Yayi se sont méthodiquement attelés à démanteler toute cette organisation et collaboration. En commençant par le limogeage non-justifié de l’ancien directeur du parc, le Colonel Djafarou Ali Tiomoko, au mépris des textes régissant le Centre national de gestion des réserves de faune (CENAGREF).

 

Résultat : même les braconniers qui étaient en prison avaient en son temps célébré le limogeage du Colonel Djafarou Ali Tiomoko qui, lui, avait fait de la préservation de la faune et de la flore du Parc national de la Pendjari, une affaire d’honneur. On lui doit, du reste, le retour en nombre de plus en plus important du guépard, l’animal emblématique du parc.

Aujourd’hui, le braconnage et le trafic d’ivoire ont repris de plus belle. Et même l’abattage de bois s’est invité dans ledit parc. Face à cette situation, les populations riveraines qui s’évertuaient encore avec les AVIGREF à lutter tant bien que mal contre la destruction de ce patrimoine non seulement béninois mais africain, ont été carrément mises à l’écart. Tant les AVIGREF ont été suspendus, et cela en dépit des pétitions contre cet état de fait. Au demeurant, les populations riveraines soupçonnent même des responsables de l’Etat béninois à divers échelons de collusion avec certains braconniers. En raison des nombreuses interventions et tentatives de libération de braconniers mis aux arrêts.

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Depuis que ce parc a été crée, il n’a jamais été aussi livré à la merci des braconniers et autres trafiquants de tout acabit. Il faut, coûte que coûte, le sauver de sa condamnation et sa mort programmée. Parce que le Parc national de la Pendjari constitue non seulement l’unique ressource du très déshérité département de l’Atacora et la principale attraction touristique du Bénin, mais également le tout dernier sanctuaire de la faune sauvage en Afrique de l’Ouest.

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