TCHAD / MANIFESTATIONS ESTUDIANTINES – Il est temps de reprendre le chemin de la construction de notre avenir !

Oui, j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le débat télévisé d’il y a trois jours mettant en présence les deux ministres chargés de l’Education et de l’Université avec le président courageux de l’Union nationale des étudiants du Tchad (UNET), le représentant des parents d’élèves et celle du syndicat des enseignants. Ensuite, ce jour sur ma radio FM Liberté, l’autre débat mettant en présence les ministres de l’Intérieur, celui des Infrastructures et mes jeunes camarades du CAMOJET, de l’ACAT et un enseignant-chercheur militant de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH).
Vraiment, je dois reconnaitre que les positions ont beaucoup évolué dans le bon sens et féliciter les uns et les autres pour ce sursaut patriotique! Dès lors que personne ne nie plus les dérapages et les abus recensés lors de ces deux semaines folles, que des promesses sont faites et la parole donnée publiquement, je considère que cette crise est désamorcée et ne devrait plus empoisonner les intérêts des uns et des autres.
Les décideurs politiques ont conscience des précautions à prendre en amont et en aval pour optimiser les résultats attendus des décisions salutaires et bien motivées en faveur de la population. Les jeunes aussi ont pu faire entendre leurs voix, tant sur la nécessité de tenir compte de la vie chère pesant sur leurs parents que sur leur soif d’étudier tranquillement et de finir convenablement l’année en cours. Les parents aussi sont interpellés sur le fait de ne pas laisser leur progéniture être influencée par des éléments incontrôlés et manipulés qui veulent depuis toujours utiliser les milieux scolaires pour créer la faille fatale à l’effondrement de cette paix chère que Dieu nous a gratifié après tant de décennies de troubles, de sang et de larmes inutiles.
Je suis encore convaincu que notre pire ennemi Boko Haram et ses alliés objectifs (les cercles obscurantistes et les va-t-en-guerre infatigables) ont mordu la poussière une fois de plus, car ils n’auront pas l’occasion rêvée qui se profilait si les troubles avaient continué!
Les tchadiens sont souvent perturbés pour une raison ou l’autre de février en avril de chaque année mais la conjugaison des prières de tous les croyants va conjurer définitivement ce mauvais sort!
Pour ma part, je voudrais dire à mes enfants qu’a cause des acteurs politiques tchadiens de l’époque, j’ai perdu quatre années essentielles de ma vie d’étudiant dans l’errance de 1979 à 1983 que je n’ai jamais pu rattraper: mon cri est donc qu’aucun jeune de mon pays ne subisse de tel supplice pour des faits ou des causes dont il n’est pas directement responsable!
J’en profite pour présenter mes sincères condoléances à mes parents de Gouin qui ont perdu leur fils dans cette folle mêlée!
Enfin je demande aux autorités de réouvrir les écoles aux enfants et d’éloigner les forces de l’ordre des milieux scolaires pour que l’apaisement actuel soit consolidé dans les actions préventives et correctives recommandées par les uns et par les autres.
« Peuple tchadien, debout et à l’ouvrage ! Tu as conquis ta terre et ton droit… Que tes voisins admirent tes enfants, joyeux, pacifiques… »

La ville de N'Djamena, la capitale du Tchad, vue de haut.La ville de N’Djamena, la capitale du Tchad, vue de haut.

 

Enoch Djondang est ancien président-fondateur de la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH), ancien ministre, écrivain et essayiste.

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