BENIN – Cotonou, au revoir compagnon de route (Episode 21)

Départ d'Alexandre Camp de l'aéroport de Cotonou pour la France.Départ d’Alexandre Camp de l’aéroport de Cotonou pour la France.

 

 

Avant notre arrivée à Cotonou, la capitale économique du Bénin, le directeur général de l’Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin (ORTB), Julien Akpaki, avait déjà programmé de nous recevoir en entretien sur les antennes de la radio et de la télévision nationales pour raconter notre périple de Vielverge à Natitingou.

 

Parvenus à Cotonou, nous nous faisons donc le devoir de répondre à cette invitation. Puis, nous accompagnons Alexandre Camp à l’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou-Cadjèhoun. Une dernière photo pour lui dire : au revoir, et à la prochaine fois à Vielverge en Bourgogne. Au bord de la Saône. Retour dans le centre ville de Cotonou pour des courses avant de reprendre la route pour l’hôtel Bourgogne à Natitingou, dans le département de l’Atacora.

 

Cotonou, la capitale économique du Bénin, évoque aujourd’hui trois images fortes pour le visiteur. Primo: les hommes en livrée jaune qui quadrillent la ville tous azimuts, c’est-à-dire les taxi-motos appelés communément « Zémidjan ». Secundo: la mégapole qui étend ses tentacules et forme avec les villes avoisinantes une capitale aux limites indéfiniment repoussées. Tertio: le littoral avec ses belles plages, sites et autres curiosités. Ici, le tourisme se décline dans tous ses aspects.

 

Quand on débarque à Cotonou, de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin complètement réfectionné il y a quelque temps à l’occasion du sommet de la Cen-Sad de Cotonou, on a l’embarras du choix pour son hébergement. C’est selon sa bourse. Bien des réceptifs touristiques de tous les standings n’ont cessé de renforcer les capacités d’accueil de la ville, entamée à l’occasion du sommet de la francophonie de 1995. Autant d’infrastructures hôtelières dont le cercle va s’élargir avec les nouveaux investissements en perspective dans le secteur.

 

A l’origine, les environs de Cotonou étaient habités par le peuple Toffin. Sa fondation remonte à 1830, et la ville doit son développement prodigieux à l’érection en 1891 du wharf qui constitue l’ancêtre du port de Cotonou et qui, au-delà du commerce, a servi au colonisateur français pour la conquête du Dahomey, ancien nom du Bénin. Cotonou veut dire « Koutonou » (au bord de la lagune de la mort), en décomposition: Kou = mort, To = lagune et Nou = berge.

 

C’est pour continuer le florissant commerce des esclaves, en dépit de l’abolition officielle de la traite, et loin des yeux indiscrets rivés sur le port de Ouidah, que le roi Ghézo a demandé à Francisco Félix de Souza de trouver un autre endroit. Les rois d’Abomey contrôlaient toute la région d’Allada (localité d’origine de Toussaint Louverture) et le littoral, mis à part quelques villages de pêcheurs Toffins au bord du lac Nokoué. Jusqu’au jour où le roi Agadja (1708-1732) y fit installer à Cotonou ses populations Fon. Ainsi naquit Cotonou.

 

Visiter Cotonou passe par quelques sites et édifices, au-delà des rues qui gagnent de plus en plus en asphalte ou en pavés et des immeubles de marbre ou de verre qui poussent çà et là. Il y a d’abord les sites à caractère touristique, comme le Centre de promotion de l’artisanat (CPA) et son mini zoo qui se trouvent au centre de la ville. Il est loisible de voir, des objets d’art et des animaux sauvages. Le passé marxiste-léniniste du Bénin lors des premières années du régime du général Mathieu Kérékou a fait que le pays a hérité des symboles de cette époque à laquelle la désormais historique Conférence nationale a mis fin en février 1990.

 

Aussi, la place de l’Etoile Rouge au quartier Sikèkodji, la place Lénine à Akpakpa, la place Bulgarie à Gbégamey, la place du Souvenir (ex-place des Martyrs de l’agression armée des mercenaires dirigés par mercenaire français Bob Denard) en face de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (ORTB) valent-elles le détour.

 

Ils ne sont pas légion ceux qui résistent à la tentation de visiter le marché international de Dantokpa. Vaste marché à ciel ouvert, s’il en est, où l’on vend et achète tout pour ainsi dire, il est le centre névralgique de l’activité économique de la capitale économique, en dehors du Port de Cotonou. De l’Afrique de l’ouest ou de l’Afrique centrale, il attire beaucoup plus de commerçants que de simples curieux et fait de Cotonou un carrefour commercial de premier plan dans la sous région. Avec son plan en damier unique dans la région, Cotonou offre ainsi ses belles plages le long de la côte. A cela, il faut ajouter à une quinzaine de kilomètres, le village lacustre de Ganvié, encore appelé « la Venise de l’Afrique ».

 

Depuis quelques années, l’Etat s’évertue à mettre en oeuvre un projet dénommé « La Route des Pêches ». Sur cette route de cocoteraie qui va de Cotonou jusqu’à Ouidah, se dressent les villages de Togbin riches en couleurs, d’Avlékété qui est un endroit de rêve pour les passionnés de pêche à la senne et de sport nautique, de Vodountô avec son cimetière aquatique unique en son genre qui rappelle les razzias impétueuses des négriers.

 

Si vous avez la chance au cours de votre séjour, vous pouvez tomber sur l’une des manifestations culturelles qui vous permettra de découvrir les richesses du Bénin méridional en la matière: danse « Zangbéto » (anciennement gardien de la nuit ou gendarme), danse dite des Revenants ou « Egungu », masques traditionnels « Guèlèdè » classés patrimoine mondial de l’UNESCO, cérémonies vaudous et j’en passe. Nous sommes ici au Bénin dans le berceau du vaudou.

 

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