BURKINA – Soutien à la Transition : Les « Forces vives » mobilisent « leurs troupes » à Ouaga

Des partis politiques membres de l’ex-CFOP (chef de file de l’opposition), des organisations de la société civile (OSC) et des forces de défense et de sécurité, réunis sous la dénomination de « forces vives » de la Nation, ont animé un meeting à Ouagadougou. Un meeting dit « d’information et de remobilisation des troupes » pour la défense du code électoral controversé et au-delà, pour le soutien aux autorités de la Transition. C’était ce samedi 25 avril 2015, où les autorités défendues ont-elles-mêmes fait le déplacement.

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La place de la Nation à Ouagadougou ‘’rebaptisé’’ à la faveur de l’insurrection populaire ‘’place de la révolution’’, a encore accueilli du monde ce 25 avril 2015. Mais ce ne fut pas de la taille des foules qu’on a vues à l’orée de l’insurrection populaire. Majoritairement des jeunes, certains détenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire ‘’Inclusion n’est pas impunité’’, ‘’Justice n’est pas exclusion’’, ‘’Défendons le code électoral révisé, voté le 07 avril, et promulgué le 09 avril 2015’’, ‘’On ne veut pas de général brouette’’.

Et dans leur message, les partis politiques ont, par la voix de François W. Ouédraogo, laissé entendre que le « code électoral voté par une écrasante majorité des membres du Conseil national de Transition et promulgué par le Chef de l’Etat, doit être appliqué dans sa lettre comme dans son esprit comme étant la volonté souveraine de notre peuple ». Pour eux, ce code « n’exclut personne ». Du reste, ils ont exprimé leur « soutien indéfectible » aux autorités de la Transition quant à l’application dudit code, et à tous les actes entrant dans le cadre de la bonne marche de cette Transition.

Pour Zéphirin Diabré, président de l’UPC (Union pour le progrès et le changement), le meeting du jour a été voulu pour exprimer « un message de soutien à la Transition, aux institutions de la Transition, aux dirigeants de la Transition, et aux actes qu’ils posent ». Et d’ajouter, « Il était important que les composantes qui ont été à la base de la mise en place de cette Transition, fassent passer aujourd’hui un message clair et net de leur unité, de leur soutien à ladite Transition ».

 

« Nous sommes tous d’accord que le code est valable »

Quant au président du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) Roch Marc Christian Kaboré – s’associant ses ‘’camarades des forces vives’’ – l’occasion est celle de « marquer notre attachement au nouveau électoral qui a été voté par le CNT (Conseil national de la Transition, ndlr), étant entendu que ce code est derrière nous puisque ceux qui se rebellaient contre ce code estiment aujourd’hui qu’ils ne sont pas concernés ». Et d’ajouter, « A partir de ce moment, il n’y a donc plus de discussion là-dessus ; nous sommes tous d’accord que le code est valable ».

En sus, précise-t-il, « Il est important de remobiliser les troupes ; il ne s’agit pas de dormir sur les lauriers ; beaucoup de travail reste à faire ; le peuple doit rester vigilant pour que nous puissions organiser les élections le 11 octobre ». Dans ce sens, il était, selon lui, nécessaire de tenir le meeting du jour pour exprimer « un message de fraternité, de solidarité, et d’engagement à soutenir la Transition ». Une Transition qui, selon le président du MPP, « a le devoir de poursuivre son travail dans la lutte contre l’impunité ».

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« L’inclusion dans l’impunité, jamais ! »

Par la voix du Dr Luc Marius Ibriga, la coordination des OSC actives dans le soutien à la Transition, a relevé que la « situation nationale est marquée par des tentatives de remise en cause des idéaux de l’insurrection d’octobre 2014 ». Et pour contrer ces « tentatives », il importe selon ces OSC, de « faire preuve de vigilance citoyenne, de courage patriotique et de mobilisation sociale pour être digne du sacrifice de nos martyrs ». D’où le meeting du jour, occasion pour ces OSC parties prenantes de l’insurrection populaire, de « rappeler leur attachement à la conduite du processus pour le renouveau de notre pays dans le strict respect des règles et principes de l’Etat de droit », mais aussi de « réaffirmer » leur « soif de changement » et leur « conviction dans la nécessité de réformes en profondeur pour réhabiliter la démocratie burkinabè ». Une démocratie qui bannisse l’impunité, qui promeuve la bonne gouvernance, et dans laquelle « nul ne saurait être au-dessus de la loi ».

Pour ce faire, il faut, selon les OSC, « mener une lutte de tous les instants contre l’impunité, lit de l’incivisme, du népotisme et de la corruption ». Leur conviction à elles, c’est que l’incivisme tant décrié « tire sa sève de l’injustice et de l’impunité ». Déjà, préconise Luc Marius Ibriga, « Sans état d’âme, il faut appliquer le droit, rien que le droit, tout le droit ». Et d’ajouter, « Nous devons rester mobilisés pour sauvegarder les idéaux de l’insurrection d’octobre. Ne nous détrompons pas ! Ceux que le peuple a vaincus useront de tous les moyens pour restaurer leur système vomi. Une vigilance de tous les instants s’impose donc ». Déjà, prévient M. Ibriga, « L’inclusion dans la vérité et la justice, oui ; l’inclusion dans l’impunité, jamais ! »

 

La victoire appartiendra toujours au peuple burkinabè

Réclamé par la foule, le ministre en charge de la sécurité, Auguste Denise Barry dira, « Peuple du Burkina Faso, vous avez confié une mission aux organes de la Transition, nous allons la mener à bien ». Dans ce sens, précise-t-il, « les jours à venir, nous allons nous exprimer ». En tout état de cause, relève-t-il, « la victoire appartiendra toujours au peuple burkinabè ».

Au rang des autorités de la Transition ayant fait le déplacement de la ‘’place de la révolution’’, le président du CNT, Chériff Sy, et la délégation gouvernementale composée des ministres Frédéric Nikiéma en charge de la Communication, Filiga Michel Sawadogo des enseignements secondaire et supérieur, Nébila Amadou Yaro de l’économie numérique, David Kabré des sports et loisirs, avec à leur tête le ministre Auguste Denise Barry qui dit n’avoir « jamais vu un peuple s’unir et être vaincu ».

 

Invite à participer massivement à l’enrôlement biométrique

Signalons qu’en plus des présidents Zéphirin Diabré de l’UPC, et de Roch Marc Christian Kaboré du MPP, d’autres présidents de parti dont Me Bénéwendé Stanislas Sankara de l’UNIR/PS, Ablassé Ouédraogo de Le Faso Autrement, Tahirou Barry du PAREN, Vincent T. Dabilgou (député CDP jusqu’aux événements des 30 et 31 octobre 2014) du NTD étaient présents au meeting de ce samedi 25 avril 2015. Et même Mamadou Kabré, le président de PRIT/Lannaya, un des trois députés qui ont opté pour l’abstention à la plénière qui a voté le code électoral, était de la partie. Un code qui, selon lui, non seulement instaure la ploutocratie en imposant aux candidats à l’élection présidentielle une caution de 25 000 000 FCFA et 10 000 FCFA pour les candidats aux municipales, mais aussi ne précise pas la date à partir de laquelle les personnes susceptibles d’être frappées par l’inéligibilité pour soutien à un changement anticonstitutionnel de gouvernement. Ces aspects du code électoral tel qu’adopté le 07 avril n’ont pas connu de modifications dans le sens qu’il aurait voulu, mais il est venu au meeting de soutien audit code.

Notons que l’invite à participer massivement à l’enrôlement biométrique a été lancée au cours du meeting du jour, notamment à l’endroit de ceux qui ne disposent pas encore de carte d’électeur. En rappel, et selon le calendrier établi par la CENI (commission électorale nationale indépendante), l’opération d’enrôlement biométrique se déroulera dans la province du Kadiogo – ainsi que dans les provinces du Houet, du Kouritenga et du Ganzourgou – du 12 au 18 mai prochain.

 

Par Fulbert Paré

Source : http://www.lefaso.net


Lefaso.net (Burkina Faso)

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