La traversée de la Mauritanie et la peur d’Aqmi (Episode 16)

 

Dans les rues de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie.Dans les rues de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie.

 

 

«Nous n’accueillons plus beaucoup de touristes comme par le passé. Depuis que AQMI sévit dans la région, nous sommes au chômage», déclare un guide mauritanien en parlant des guides en général. Et d’ajouter :«ce sont des grands bandits qui lisent le coran de travers. La religion musulmane ne recommande pas ce qu’ils font».

Deux autres compagnons avec deux véhicules, Max résidant dans le département du Gers et son ami Joël résidant dans le département de la Charente-Maritime en France nous ont rejoints pour la traversée de la Mauritanie depuis Dakhla. Nous quittons donc Nouakchott pour Kiffa en roulant deux heures encore pendant la nuit avant d’atteindre notre étape du jour. A Aleg, nous marquons une halte au niveau du monument dédié à la mémoire des Français qui avaient été tués par des personnes jusque-là non identifiées de façon formelle. Puis, après avoir longtemps cherché un arbuste où abriter pour déjeuner, nous trouvons un épineux un peu plus grand que tous les autres par un temps de canicule dans ce vaste espace désertique.

 

Plaque commémorative des Français tués à d'Aleg.Plaque commémorative des Français tués à d’Aleg.

 

Quand nous arrivons à Kiffa à la tombée de la nuit, Thérèse n’a plus de chance de pouvoir acheter les fameux voiles et perles de Kiffa. Car, le lendemain, nous partons de bonne heure pour pouvoir sortir de la Mauritanie au plus vite. Au cours du trajet, les trois véhicules se suivent en convoi. Avec comme instruction de ne s’arrêter qu’aux postes de contrôle de la police ou de la gendarmerie. En Mauritanie tout comme au Maroc, il faut faire des photocopies des passeports, des visas, des cartes grises des véhicules et mentionner les professions des passagers sur ces documents pour chaque poste de contrôle. C’est une exigence. Sécurité oblige.Au total, nous distribuons ainsi 45 photocopies des documents de chaque passager en plus ceux des voitures. Entre Kiffa et la frontière malienne, l’élevage est la principale activité des populations.

Chameaux, ânes, bœufs, moutons, cabris…, j’en vois presque partout et parfois de grands troupeaux. Contrairement à l’idée qu’on se fait de la situation en Mauritanie, les habitants des campagnes sont plutôt très accueillants et hospitaliers. A preuve : lorsque nous marquons une escale au bord de la route pour prendre notre petit déjeuner dans un village avant Aleg, un vieil homme s’emmène spontanément vers nous et me remet une calebasse de lait frais qu’il venait à peine de traire. Nous buvons le lait, et en remerciement, nous lui donnons des mandarines et de la conserve. L’image de ce vieil homme ne me quittera jamais de la vie. Tellement il l’a fait dans le style des temps anciens en Afrique qui est dans les traditions de mon village. Passé Aleg, entre dunes, montagnes et animaux, nous roulons sans arrêt jusqu’à Nioro du Sahel.

 

A lire aussi: Episode 1, Episode 2, Episode 3, Episode 4, Episode 5, Episode 6, Episode 7, Episode 8, Episode 9, Episode 10, Episode 11, Episode 12, Episode 13, Episode 14 et Episode 15 du voyage Paris-Cotonou.

 

Commentaires