BENIN – Où sont passés les 4 millions d’euros des Pays-Bas destinés à l’eau potable des populations ?

Il s’agit d’un énième scandale afférent au détournement de fonds publics sous le régime du président Boni Yayi. Des fonds destinés à donner accès à l’eau potable aux populations du Bénin par les Pays-Bas.

Le président du Bénin, Boni Yayi.Le président du Bénin, Boni Yayi.

 

 

« Je ne peux tolérer cela. En conséquence, les Pays-Bas interrompent leur aide bilatérale au gouvernement du Bénin jusqu’à ce qu’il prenne des mesures concrètes pour mettre un terme à cette fraude ». C’est en ces termes sans fioritures diplomatiques et on ne peut plus claires quela ministre adjointe pour le Développement des Pays-Bas, Lilianne Ploumen, a annoncé la suspension jusqu’à nouvel ordre  de l’aide au développement de son pays au profit du Bénin. Et le communiqué du  ministère néerlandais des Affaires étrangères ne passe pas par quatre chemins pour qualifier la gestion des fonds alloués au Bénin de « cas de fraude massive » dans un communiqué rendu public.

 

Lancé depuis 2014, l’audit du gouvernement a révélé ce que bien des observateurs avertis soupçonnaient déjà. La gestion des fonds que les Pays-Bas avaient mis à disposition du Bénin afin de permettre la réalisation des projets d’accès à l’eau potable surtout pour les populations rurales laisse à désirer. Au demeurant, des millions sont partis sinon en fumée, du moins en eau à travers des dépenses sans autorisation et autres sociétés fictives.

 

Face à cette situation qui pénalise le pays tout entier du fait de la mal gouvernance du régime en place, l’ancien ministre Victor Topanou a demandé la démission du ministre Barthélémy Kassa en charge du secteur concerné.Dans un communiqué, il écrit : « D’autres pays, par le passé, ont pu être ainsi traités, non sans honte et humiliation.

Nous ne pouvons-nous résigner à l’admettre.
C’est une question d’honneur et de dignité.
C’est pourquoi, en attendant que les enquêtes ne désignent les mis en cause et la justice les coupables, exigeons la démission du Ministre KASSA Barthélémy pour sa responsabilité morale car c’est lui, le Ministre de tutelle du département de l’eau qui est aujourd’hui concerné. Travaillons pour aujourd’hui et demain la culture de « la responsabilité morale ». Il ne peut continuer de rester à son poste alors que, par la faute d’une administration sous sa responsabilité, notre pays perd sa coopération avec un grand pays frère et ami, les Pays-Bas. Le démettre serait une réponse forte envoyée à nos partenaires ».

Plusieurs Béninois ont exprimé les mêmes points de vue que Victor Topanou sur cette affaire. L’agence nationale de lutte contre la corruption (ANLC) s’en est même saisie.

Le ministre Barthélémy Kassa.Le ministre Barthélémy Kassa.

 

Tout compte fait, le communiqué de l’Ambassade des Pays Bas au Bénin se passe de commentaire. Il mentionne, entre autres, que : « Prenant la juste mesure de la gravité de la situation, le Gouvernement des Pays-Bas a pris les mesures suivantes :

–      l’arrêt anticipé du programme PPEA-II et la réalisation du bilan final en vue de la clôture de la convention de financement ;

–      la suspension de la préparation de la prochaine phase de ce programme ;

–      la suspension de tous les autres programmes financés par les Pays-Bas au Bénin et directement exécutés par le Gouvernement du Bénin ; y inclus les nouvelles activités en cours de préparation avec le Gouvernement.

Il a par ailleurs demandé aux autorités du Bénin, de réaliser un audit d’investigation sur les faits graves ainsi révélés et d’entreprendre les mesures appropriées y-inclus juridiques

Le Gouvernement des Pays-Bas reste malgré tout sensible aux conséquences de cette décision pour les populations béninoises, compte tenu des résultats importants obtenus aussi bien dans le secteur de l’eau et de l’assainissement que pour les pistes rurales ces dernières années mais il ne saurait tolérer cette façon de gérer des ressources mises à la disposition du Bénin.

Le Gouvernement des Pays-Bas avisera sur l’avenir du programme en se basant sur l’évaluation du dossier dans les mois qui viennent ».

 

 

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