CENTRAFRIQUE / FORUM DE BANGUI – L’espoir d’un retour à la paix malgré tout…

Le Forum de Bangui tant attendu s’est ouvert le 4 mai et s’est achevé le 11 mai dernier. A la notable exception des deux principaux belligérants d’hier, à savoir les mouvements des anciens chefs d’Etat Michel Djotodia et François Bozizé, toutes les autres parties au conflit étaient au rendez-vous.

 

Bangui Forum PHOTO 1

 

Le Forum de Bangui que beaucoup de Centrafricains attendaient a finalement eu lieu. Après moult reports. Il est désormais du passé et classé dans les annales de l’histoire tumultueuse de ce pays. Parmi les grandes décisions qui ont été prises à l’occasion, il convient de mentionner celles du report des élections initialement prévues pour la fin juillet ainsi que le prolongement de la transition en cours et le maintien des autorités en attendant la tenue effective des prochaines échéances électorales.

 

Il faut cependant souligner que la reconduction des membres de la transition politique a suscité des récriminations, en l’occurrence concernant la présidente Catherine Samba-Panza. Certains membres des mouvements participant au forum ayant ouvertement réclamé sa démission. Il s’agit des membres des deux mouvements autrefois ennemis Seleka et anti-balaka qui ne se sont pas fait prier pour le manifester bruyamment, du reste. En exigeant la libération de certains d’entre eux.

 

L’un des volets les plus importants auquel la Centrafrique doit s’atteler avec l’aide de l’ONU et de la communauté internationale demeure le fameux programme DDR. Désormais passe-partout et administré à tous les pays qui connaissent des crises sociopolitiques majeures, le programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) vise à faire intégrer dans le tissu social tous ceux qui ont pris les armes pendant le conflit. Le ministère de la Défense travaillera de concert avec les groupes armés dans ce cadre. Si les Centrafricains pourraient éventuellement être intégrés dans des corps de l’armée, les supplétifs soudanais et tchadiens devraient par contre être reconduits dans leur pays d’origine. Mais seulement à condition de n’avoir pas commis des crimes de guerre. Concernant la lancinante question de la justice, le Forum de Bangui a repris aussi la formule d’une Commission vérité, justice et réconciliation. Laquelle doit être décentralisée pour toucher toutes les localités du pays.

 

En théorie, les quelque 600 participants à cette rencontre de Bangui ont esquissé les voies pouvant mener le pays à une sortie de crise. Il reste à les suivre en posant des actes concrets qui aillent dans le sens de l’apaisement des tensions et de la réconciliation entre toutes les composantes nationales. Surtout que les des deux principaux belligérants d’hier, à savoir les mouvements des anciens chefs d’Etat Michel Djotodia et François Bozizé, n’ont pas cru devoir participer à ces assises pour différentes raisons.Il faut donc espérer que tout se passe sans heurts majeurs jusqu’aux prochaines élections. Car l’avenir de la Centrafrique en dépend.

 

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