CÔTE D’IVOIRE / PRESIDENIELLE 2015 – La coalition contre le président Ouattara est née à Abidjan

Il y a quelque temps, elle a été annoncée : la coalition contre le président Alassane Ouattara qui brigue un deuxième mandat pour la présidentielle d’octobre 2015. La Coalition nationale pour le changement (CNC) a fait sa première sortie médiatique récemment à l'hôtel Belle Côte à Abidjan. En lançant une mobilisation générale de ses partisans et sympathisants en vue d’une prochaine alternance au pouvoir en Côte d’Ivoire.

 

L'ancien Premier ministre de Côte d'Ivoire, Charles Konan Banny.L’ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, Charles Konan Banny.

 

Parmi les leaders de la Coalition nationale pour le changement (CNC), il convient de mentionner l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny en désaccord avec son parti originel, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ; l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, et leader du parti Liberté et démocratie pour la République (LIDER), Martial Ahipeaud du parti Union pour le développement et les libertés (UDL), et d’autres dissidents célèbres, à l’instar de Laurent Akoun du Front populaire ivoirien (FPI) ou Kouadio Konan Bertin (KKB) du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et des organisations de la société civile.

 

Tous sont signataires de la désormais célèbre charte de la Coalition nationale pour le changement (CNC). Ainsi que les ténors de cette coalition l’avaient préalablement indiqué à l’annonce que des concertations en vue de sa création, la priorité n’est pas pour le moment la question de leur candidat mais plutôt la nécessité d’une présidentielle démocratique et transparente. A propos d’ailleurs de la présidentielle d’octobre prochain, Mamadou Koulibaly a déclaré : « La priorité de la coalition est de dire au gouvernement qu’il va falloir négocier les conditions et puis nous dirons quels seront nos candidats ».

 

Devant plus d’un millier de militants et sympathisants réunis, l’opposition – toutes tendances confondues – contre le régime du président Alassane Ouattara semble se fédérer autour de deux points clefs. Comme indiqué dans ladite charte de la CNC, ils apparaissent d’ailleurs comme des exigences, à savoir « la libération des prisonniers politiques, notamment du président Laurent Gbagbo » et « la dissolution de l’actuelle Commission électorale indépendante (CEI) ». Et comme on pouvait s’y attendre, la lecture de la charte de la Coalition nationale pour le changement (CNC) a été suivie par de vives réactions des militants et sympathisants  qui scandaient : « Libérez Gbagbo ! »

 

Les leaders de la Coalition nationale pour le changement (CNC).Les leaders de la Coalition nationale pour le changement (CNC).

 

La charte exige, entre autres : « l’application effective de l’article 35 de la constitution; La révision de la liste électorale, la mise en place d’une commission électorale consensuelle, la clarification du rôle des forces conventionnelles de défense ; le retour des dozos dans leurs lieux de résidence habituelle ; la sécurisation des élections et la sécurité des candidats et de leurs états-majors ; le respect des droits de l’Homme et des libertés civiles et politiques ; la libération des prisonniers politiques et la fin des arrestations arbitraires ; le choix consensuel de la société chargée de produire la liste électorale et tous les autres documents électoraux ; le consensus sur le mode de compilation et de centralisation des résultats, la fin de l’interférence de la justice dans les affaires internes des partis politiques ; la fin de l’immixtion du pouvoir en place dans la vie des partis politiques ; l’accès des partis politiques, des candidats indépendants et des forces vives aux médias ; le rôle des forces de sécurité ; la tenue des rassemblements des partis politiques tels que consacrés par la constitution ».

 

Autant dire que dans les jours à venir, les actions de la CNC s’articuleront autour de ces différentes questions dans la mouvance de la présidentielle ivoirienne. Ce qui promet, en effet, une campagne à tout le moins contraire à ce que le président Alassane Ouattara et sa coalition pouvaient s’attendre. Kouadio Konan Bertin (KKB) a donné le ton à l’endroit des militants et sympathisants en ces termes : « Je voudrais vous inviter à vous approprier ce grand acte fondateur, CNC. Je sais que les dernières élections présidentielles ont créé un grand traumatisme et la peur s’est installée dans nos rangs. Je vous demande de retrousser les manches à nouveau. La CNC est un instrument de combat que nous mettons à votre disposition. Il appartient à chaque ivoirien de se l’appropriée. Nous nous donnons rendez vous dans les prochains jours pour démontrer qui est qui dans ce pays ».

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