ERYTHREE – Un pays oublié des droits de l’homme

C’est un secret de polichinelle que le régime du président érythréen, Issayas Afeworki, est l’un des plus autoritaires du continent africain. L’ancien guérillero devenu héros de la libération a, en effet, mis son pays en coupe réglée. Au grand désarroi de ses concitoyens et au grand dam de la communauté internationale qui semble avoir fermé les yeux sur le triste sort des Erythréens.

 

Le président d'Erythrée, Issayas Afeworki. Le président d’Erythrée, Issayas Afeworki.

 

Les Erythréens sont considérés aujourd’hui comme les « damnés de l’Afrique ». Au nombre des régimes les plus dictatoriaux du continent, leur pays arrive sans doute en peloton de tête. Ce n’est pas le fait du hasard si les Erythréens sont souvent aussi nombreux parmi les migrants qui tentent vaille que vaille de gagner l’Europe. Mais aussi bien dans leur pays que sur les chemins de la migration, les Erythréens subissent des traitements les plus humainement dégradants.

 

Depuis son accession au pouvoir, le président Issayas Afeworki s’est méthodiquement et patiemment évertué à construire une véritable dictature. Au motif que son pays doit toujours rester sur le pied de guerre compte tenus des conflits latents qu’il a avec des voisins, notamment l’Ethiopie. Longtemps soutenu par feu Mouammar Kadhafi de la Libye, l’ancien chef de guerre qui a mené la guerre contre l’Ethiopie voisine dont son pays s’est séparé en 1993 a transformé son pays quasiment en camp retranché. Sous sa propre autorité qu’il n’adviendrait à aucun autre citoyen de contester sans subir ses foudres. Les opposants au président Issayas Afeworki n’ont pas d’autre alternative que l’exil.

 

En Erythrée, beaucoup de jeunes ne fuient pas seulement les mesures restrictives et dictatoriales du régime, mais aussi et surtout le fameux service militaire obligatoire. Il s’agit d’un service militaire qui peut durer 20 ans, voire au-delà. Ce qui, du coup, prive les jeunes de toute perspective d’émancipation, en ce sens que tout refus de service militaire est passible d’emprisonnement. Conséquence : ils sont légion à chercher de l’argent afin de payer des passeurs pour échapper à ce que certains qualifient de goulag à ciel ouvert. Au risque même de subir un autre esclavage des temps modernes de la part des passeurs et autres trafiquants sans foi ni loi. En effet, le service militaire en question en Erythrée a bien des allures de travaux forcés sur les chantiers du régime au pouvoir. Ce qui place les jeunes érythréens en face d’un véritable dilemme.

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