YEMEN / CONFLIT – Iran – Arabie saoudite : le torchon brûle entre les deux puissances régionales

Les bombardements de rebelles houthis au Yémen ne semblent pas baisser en intensité. Face à la coalition menée par l’Arabie Saoudite dans le conflit, l’Iran hausse désormais le ton.

YEMEN Carte Photo 1   Depuis le 26 mars, l’Arabie Saoudite s’est engagée à travers la coalition qu’elle dirige dans des frappes aériennes contre les rebelles houthis que l’Iran soutient. Lesquels houthis ont chassé le président Abd Rabbo Mansour Hadi du pouvoir et gagné considérablement du terrain dans le pays, notamment la capitale Sana. D’obédience chiite à l’instar de l’Iran chiite qui les soutient, l’Arabie saoudite tient à opposer fermement donc une réaction sunnite en vue de rétablir l’ancien président. Dans cet imbroglio politique sur fond de conflit religieux, il s’avère difficile de prédire jusqu’où les conséquences pourraient s’étendre.   Déjà, Human Rights Watch (HRW) est monté au créneau pour dénoncer l’usage par l’Arabie Saoudite de munitions à fragmentation dans de récents bombardements. En dépit de l’interdiction faite par un traité international de leur utilisation dans les conflits. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la guerre au Yémen a franchi le chiffre des 1.200 morts. A cela, il faut ajouter des plus de 5.000 blessés.   Après avoir maintes fois tenté d’obtenir une cessation des bombardements de la coalition menée par l’Arabie Saoudite, l’Iran commence maintenant à s’impatienter devant la pression que subissent les milices houthis qu’il soutient. En laissant entendre que la sécurité du Yémen le concernait au plus haut point et qu’il n’allait pas laisser les autres pays jouer avec leur sécurité commune, son vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahiann, a été on ne peut plus clair. Il s’agit ainsi de mettre en garde la coaltion des pays arabes sur une possible réaction. Le pays de Hassan Rohani cherche en effet à établir son influence sur le Yémen qui était jusqu’alors quasiment sous la tutelle de son rival de l’Arabie Saoudite avant la chute du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Cette nouvelle guerre dans la région n’est manifestement pas pour arranger les tensions à caractère souvent confessionnel entre chiites et sunnites qui sont désormais légendaires.

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