AFRIQUE DU SUD – Le sommet de l’UA, la CPI et l’affaire Omar el Béchir

La Cour pénale internationale (CPI) est depuis longtemps aux trousses du président soudanais, Omar el Béchir, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et pour génocide. Mais jusque-là, aucun pays africain n’avait daigné répondre à une quelconque sollicitation en vue de son arrestation. A l’occasion du 25 ème sommet de l’Union africaine (UA) à Johannesburg en Afrique du Sud le 14 juin, il a eu la mauvaise surprise de se voir restreindre ses mouvements, à la demande d’un tribunal de Pretoria et sur plainte d’une ONG de défense des droits de l’homme.

 

Le président du Soudan, Omar el Béchir.Le président du Soudan, Omar el Béchir.

 

Pour une mauvaise surprise, le président soudanais Omar el Béchir s’en souviendra. Arrivé en Afrique du Sud pour prendre part au 25 ème sommet de l’Union africaine (UA) à Johannesburg, il s’est vu notifié une interdiction de quitter le territoire par un tribunal de Pretoria, tant que la justice ne sera pas prononcée sur la demande d’arrestation à son encontre formulée par de la Cour pénale internationale (CPI) à l’endroit des autorités sud africaines.

 

A l’origine de la plainte déposée contre le président soudanais, il y a Southern Africa Litigation Center, une organisation de défense des droits de l’homme qui a saisi le tribunal sud africain en question. Objectif : obtenir l’exécution de la requête de la CPI adressée aux autorités sud africaines et visant l’arrestation d’Omar el Béchir. En effet, cela fait bien longtemps que cette institution est aux trousses de ce dernier. Avec à sa charge deux mandats d’arrêt, le premier de 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et le second de 2010 pour génocide, et cela relativement à la situation au Darfour. D’après l’ONU, ce conflit qui date de 2003 à l’Ouest du Soudan a fait environ 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés  ainsi que quelque 230 000 réfugiés au Tchad.

 

Dans un communiqué rendu public, le gouvernement sud africain a tranché en décidant de faire jouer l’obligation d’immunité accordée aux participants au 25ème sommet de l’UA, selon les normes internationales. Une décision que le Congrès national africain (African national congress – ANC) du président Jacob Zuma au pouvoir, a du reste vivement accueillie.

 

Pour sa part, Sidiki Kaba qui préside l’Assemblée des Etats de la CPI avait auparavant indiqué qu’une non-exécution des mandats de la part des autorités sud africaines ne contribuerait pas à renforcer la Cour.  Elle devrait donc en tirer les conséquences dorénavant. L’Afrique a en effet maille à partir avec cette institution en l’impartialité de laquelle ses dirigeants ne croient plus. Et le refus perpétuel d’arrêter le président soudanais, Omar el Béchir – en dépit des charges qui pèsent sur lui -, montre bien qu’ils ne tiennent plus grand compte de ses requêtes. En attendant le jour où, peut-être, ils s’en retireront carrément.

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