AFRIQUE – Vêtements et parures: de l’antiquité à nos jours

En prélude à l’exposition photos du Sénégalais Omar Victor Diop à Grenade en Espagne, l'écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga a été invité par l’Alliance française de Grenade en collaboration avec la Fondation Euro-Arabe de Hautes Etudes et la Faculté de Traduction et d'Interprétariat de l’Université de Grenade à prononcer une conférence sur le thème « Vêtements et parures en Afrique, de l’antiquité à nos jours ». Une thématique vaste et riche, car elle remonte à la plus haute antiquité. Compte-rendu de la substantifique moelle de cette conférence qui a eu lieu le 11 mai dernier dans la salle de conférence de la Fondation Euro-Arabe de Hautes Etudes.

 

Introduction

C’est une gageure que de vouloir parler des « Vêtements et parures en Afrique,  de l’antiquité à nos jours », même en une journée complète. Tant le sujet est riche. Multitude de choses ont été découvertes à ce propos, au travers du temps, mais beaucoup restent encore à découvrir. Il a paru nécessaire de scinder le thème en deux parties essentielles. Á savoir :

– les vêtements qui concernent uniquement tout ce dont l’homme habille son corps et les différentes raisons inhérentes.

– les parures qui complètent souvent les vêtements et pour lesquelles il convient de sous entendre : bijoux, coiffure, tatouages, etc.

Aucun Homme ne nait tout habillé. Même de nos jours, ce miracle n’est pas encore intervenu ! Un regard rétrospectif sur l’Histoire de l’Humanité nous montre bien qu’il n’y a pas si longtemps de cela qu’est intervenue la révolution qui a fait passer nos ancêtres de la nudité à la vêture, puis de la vêture à la mode à proprement parler et, enfin, à la mode contemporaine.

La raison d’être d’un vêtement est plurielle et varie fortement selon les cultures et les périodes de l’Histoire :

–  pratique (protection)

–  symbolique (signaler une posture morale)

–  sociale (afficher un statut).

 

Jeunes garçons Somba (Batammariba) de l’Atakora, Natitingou, Bénin, peu avant 1960. Jeunes garçons Somba (Batammariba) de l’Atakora, Natitingou, Bénin, peu avant 1960.

 

L’histoire du vêtement est indissociable de sa sociologie : étudier les conditions qui ont contribué à sa naissance ne peut être fait sans s’intéresser aux enjeux socioculturels de la période.

Il convient donc de dissocier les simples vêtements originaux des premiers costumes qui leur succéderont, donnant progressivement naissance à la notion de mode.

D’un rôle purement utilitaire — protéger le corps humain des intempéries et agressions extérieures, permettre de se mouvoir aisément — le vêtement évolue en s’adjoignant des fonctions immatérielles : orné, il devient parure. Le progrès technique et l’intensification des échanges commerciaux conduisent à une accélération de son rythme de transformation à compter du xive siècle. Activité originellement très locale, car dépendante des ressources naturelles d’un territoire, la fabrication des vêtements s’inscrit aujourd’hui au cœur de la globalisation économique.

 

Aperçu historique sur les origines des vêtements et parures en Afrique

Les premiers Hommes et bien longtemps après eux, des générations et des générations de l’espèce humaine, ont vécu en toute nudité. Il s’avère difficile de dire avec exactitude où et quand l’Homme s’est le premier vêtu. Mais il lui est certainement apparu comme une nécessité de se couvrir au moment où il a pris conscience de son humanité. Cette évolution s’est faite grâce au développement de ses facultés cognitives et de son habileté.

 

On peut affirmer sans grand risque de se tromper que les premiers habits de l’Homme ont été constitués de feuilles, d’écorces et de branchages. Puis, à partir du moment où il est passé de pêcheur-cueilleur à celui de chasseur-cueilleur, son habillement et ses parures ont également évolués. Avec eux, sa conception de l’abstrait, de l’art et du rituel pour ne pas dire du religieux tout court. Car, à y regarder de près, c’est le spirituel ou religieux qui a profondément inspiré à l’Homme ce qu’on peut appeler l’art et la mode. Á partir de ce moment les vêtements et les parures prennent en compte plusieurs fonctions : sociale, philosophique, didactique, culturelle, religieuse, etc.

 

Les découvertes archéologiques*(1) nous ont prouvé qu’il y a 82 000 ans, au Maroc, l’Homme se servait déjà de coquillages pour fabriquer des colliers. C’est ce que nous ont révélé les fouilles de la “Grotte des Pigeons” effectuées près du village de Taforalt. Elles ont mis à jour treize coquillages marins que des techniques de datation physico-chimiques ont permis de situer dans le temps. Les plus anciennes en la matière étaient jusqu’alors les 41 coquillages perforés de Blombos en Afrique du Sud, et dont la datation remonte à 75 000 ans, ainsi que certaines pièces d’Oued Djebbana en Algérie, mais dont la datation restait incertaine.

 

Pour ce qui est des anciennes parures découvertes au Maroc, plusieurs spécialistes ont suggéré que c’est l’Homme moderne (Homo sapiens sapiens) qui s’en serait servi, après les avoir collecté à la plage. En raison du fait qu’ils apparaissent colorés et usés, déduction a été faire qu’ils auraient été utilisés pendant longtemps comme parure, soit suspendus en colliers ou en bracelets ou bien cousus sur des vêtements. Pendant longtemps d’ailleurs, les scientifiques avaient pensé que c’est l’Homo sapiens qui avait tout inventé, avant de commencer à se rendre compte, aujourd’hui, qu’il n’a sinon rien inventé, du moins pas grand-chose.

 

Le roi des zoulou Goodwill Zwelithini et le président Jacob Zuma dans le costume traditionnel de chef.Le roi des zoulou Goodwill Zwelithini et le président Jacob Zuma dans le costume traditionnel de chef.

 

Dans un récent article publié dans le journal français “Le Point”*(2), Frédéric Lewino écrivait que : « Dans les génomes des Hommes actuels appartenant à plusieurs dizaines de populations réparties en Asie et en Afrique, la paléo généticienne du musée de l’Homme Evelyne Heyer décèle plusieurs migrations. Les premières restent internes au continent noir. Un premier groupe d’Hommes modernes quitte l’Afrique orientale voilà plus de 70 000 ans pour rallier la pointe sud du continent ». Il s’agit là de populations dont les descendants directs sont connus sous le nom de San et qui vivent essentiellement dans le désert du Kalahari en Namibie mais qu’on retrouve également en Afrique du Sud, au Botswana. Et pour l’éminent paléontologue sud-africain Christopher Henshilwood, ce sont les ancêtres des San qui auraient inventé l’art, les bijoux, les premiers outils en os, les pointes de flèches en pierre et plusieurs autres technologies. Autant d’invention qui auraient été réalisées plus de 30 000 ans avant l’Européen Cro-Magnon. Ce qui amène le paléontologue sud-africain à conclure que : « La culture et la technologie seraient donc des inventions africaines ».

 

Il s’avère difficile de déterminer avec précisions les origines de la production de vêtements en Afrique. L’histoire et les découvertes archéologiques nous renvoient à l’Égypte ancienne. Des traces de vêtements et de parures déjà bien élaborées nous font remonter à 2 000 ans avant Jésus-Christ, au moins, et à Méroé, dans le nord du Soudan avec des coupons d’étoffe de coton datant du Ve siècle.

 

La déesse Neith est pour le tissage ce que le dieu Thot est pour l’écriture dans l’Égypte antique. Á travers l’art égyptien, nous avons toute une représentation de ce qu’était la mode dans les temps les plus anciens en Afrique. Car en effet, aux peaux de bêtes avaient bel et bien succédé des tissus en coton. Sous la 12e dynastie, soit 2 000 ans avant Jésus-Christ, ce qui correspond au Moyen Empire égyptien, le schenti*(3) et le pech*(4) avaient déjà droit de cité.

 

Cette coiffure de l'Egypte antique ne diffère en rien des coiffures du même genre qu'on retrouve aujourd'hui encore en Afrique Noire.Cette coiffure de l’Egypte antique ne diffère en rien des coiffures du même genre qu’on retrouve aujourd’hui encore en Afrique Noire.

Pour les hommes, du tablier, qui n’est autre que ce morceau d’étoffe qu’on attache à sa ceinture abdominale pour le laisser pendre devant ses cuisses, l’habillement va connaître une évolution et se diversifier avec l’ingéniosité des artisans. Avec le temps, les manières de s’habiller évoluèrent et changèrent pour répondre aux caractéristiques des différents corps de métiers et des différentes classes sociales. Et plus tard, une mode venue d’Éthiopie fut largement adoptée en Égypte. Il s’agit de celle du port d’une large pièce qui couvre une partie du devant et de l’arrière du corps, à partir du dessous de la ceinture. La nette différence d’avec la mode vestimentaire des femmes tient dans le fait que les vêtements étaient moins transparents. En outre, ils couvraient une bonne partie du corps.

 

Sous l’Ancien Empire (environ 2 700 à 2 200 avant Jésus-Christ), la tenue vestimentaire se caractérisait par un pagne court, lequel était maintenu à la ceinture par une lanière qui pouvait être soit en tissu soit en cuir. Rien d’autre que les bijoux ne permettait de différencier les catégories socioprofessionnelles. Sous le Moyen Empire (2 033 à 1 786 avant Jésus-Christ), elle évolua pour prendre des formes plus complexes.

Chez les femmes, la longue robe de lin a longtemps été le vêtement de prédilection. Contrairement à ce qu’on peut penser, mettre en relief la forme du corps à travers son vêtement était chose courante sous l’Ancien Empire et ce, jusqu’au Moyen Empire. Elle pouvait soit recouvrir les seins soit les découvrir, en laissant passer des bretelles au milieu. Au Nouvel Empire (1 500 à 1 000 avant Jésus-Christ), elle devint plus transparente et parée de bijoux fantaisies.

 

L’Égypte antique n’a certes pas inventé les vêtements et les parures les plus anciennes en Afrique, mais dans maints domaines elle reste la référence. Et cela est dû tout simplement au fait qu’elle est la civilisation africaine la plus ancienne qui ait survécu et qui soit parvenue jusqu’à nous. Il nous suffit de voir la panoplie de parures qu’elle a sur conserver pour s’en convaincre. Que ce soit les coiffures ou les bijoux (boucles d’oreilles, bagues, pendentifs, bracelets), c’est dans la nature que les différents motifs ont trouvé les origines de leur inspiration. Une bonne partie de l’Histoire de l’Afrique s’est en effet transmise à travers les bijoux et autres sculptures : pour tout dire, simplement à travers l’art.

 

 

Feu le roi Tossoh Gbaguidi XIII de Savalou, au Bénin.Feu le roi Tossoh Gbaguidi XIII de Savalou, au Bénin.

 

 

 

Évolution des vêtements et parures en Afrique

L’un des outils qui a révolutionné la conception des vêtements et des parures aussi bien en Afrique que dans le reste du monde demeure l’aiguille à coudre. La plus ancienne jusque-là découverte dans le monde date de 61 000 ans avant Jésus-Christ et a été trouvée dans la cave de Sibudu en Afrique du Sud. Il s’agit d’une aiguille fabriquée avec un os et qui ne disposait pas encore de chas. Le fil qui était alors confectionné à partir de nerf ou de boyau ou encore de raphia était introduit dans l’une des fentes de l’os.

 

« Le Paléolithique supérieur a été caractérisé par l’émergence de technologies complexes et nouvelles qui ont aidé les humains à survivent en Afrique et en Europe. Ces outils révolutionnaires,  inclus des aiguilles en os avec œillets pour fourrures à coudre, des hameçons d’os, des flûtes en os, et des figurines en ivoire sculpté de défenses de mammouth »*(5), faisait état une étude menée par une équipe internationale d’experts, au nombre desquels des chercheurs d’Afrique du Sud, de France, d’Italie, de Norvège, des États-Unis et de Grande-Bretagne dont les travaux ont été publiés dans les “Actes de l’Académie nationale des Sciences des États-Unis”. Laquelle étude suggérait que la culture du Paléolithique supérieur peut avoir des racines encore plus lointaines, soit 44 000 ans, voire 50 000 à 60 000 plus tôt et pourrait avoir déterminé les premiers Hommes à s’aventurer plus loin en Europe.

 

Les vêtements et parures sont des composantes essentielles dans les danses traditionnelles africaines.Les vêtements et parures sont des composantes essentielles dans les danses traditionnelles africaines.

 

L’aiguille à chas que “Le petit Larousse illustré”, édition de 2009, nous définit comme une « petite tige d’acier trempé et poli, dont une extrémité est pointue et l’autre percée d’un trou (chas) pour passer le fil »*(6) n’a fait son apparition que bien plus tard, soit 18 000 ans avant Jésus-Christ et 7 000 avant Jésus-Christ pour les aiguilles en cuivre, en fer ou en bronze.

De l’aiguille sans chas la plus ancienne à l’aiguille à chas, cette invention qui remonte au paléolithique supérieure continue, du reste, de nous servir jusqu’à ce jour. Au point d’avoir durablement changé notre mode de vie. Car elle donne à l’Homme d’infinies possibilités de travail de différents matériaux et même du corps, en l’occurrence pour ce qui concerne les scarifications ou les tatouages.

 

L’autre invention, relativement récente, mais qui a changé également le cours des choses demeure le tissage. Elle fait partie de l’une des innovations du Néolithique. Lorsqu’on remonte à l’Égypte antique, il y a des exemples qui foisonnent quant au développement des métiers à tisser. Comme on le sait, le tissage ne produit que de petites pièces. Et c’est encore grâce à l’aiguille que différentes pièces peuvent être reliées pour donner ce qu’on peut appeler un pagne. Des traces d’étoffe qui remontent à diverses périodes ont été retrouvées en Afrique de l’ouest, notamment au IXe siècle au Nigeria, au XIe siècle au Mali et d’éléments de métiers à tisser au XIe siècle également en Mauritanie.

 

La mode africaine et ses nouvelles tendances

L’Homme, au fur et à mesure de son évolution au cours des siècles, a progressivement délaissé ses premiers vêtements et parures. De la tradition de production de vêtements à partir d’écorces d’arbre, on est passé en Afrique à celle de fibres d’arbre de Kapok et enfin de coton.

Dans les traditions africaines, le coton en vrac était démêlé et mis en flocons. Et des deux mains, à l’aide de deux piquets mis de part et d’autre la fileuse, qui était généralement une femme, faisait tourner d’une main la quenouille qui déroulait le fil et de l’autre enduisait celui-ci de poudre d’os calciné ou de kaolin. Cette tradition de fabrication de fil avec un métier à tisser artisanal fait de bois savamment enchevêtrés et qui servent d’outils au tisserand, a longtemps servi à fabriquer des pièces de tissus pour coudre des vêtements.

 

Le roi Mohamed VI dans un habit caractéristique du royaume chérifien.Le roi Mohamed VI dans un habit caractéristique du royaume chérifien.

 

Dans le nord du continent et dans une grande partie du Sahel, il est loisible de constater que les femmes portaient aussi des vêtements tissés à base de laine de mouton ou de chameau. Des témoignages d’organisations des acteurs du secteur de l’artisanat textile existent en Tunisie et qui remontent au Xe siècle. Au Nigeria, des foyers de productions tant au nord à Kano qu’au sud furent identifiés. Au Cameroun, par exemple, le roi Njoya des Bamoun et sa cour élaboraient des tissus en raphia. Dans le royaume Ashanti du Ghana, Koumassi était reconnu pour sa maîtrise et sa production du fameux Kente (tissu fait de coton et de soie et composé de bandes cousues ensemble pour former des motifs et des figures aux couleurs vives…).

 

La révolution industrielle qui intervint en Europe bouleversa totalement la fabrication artisanale du textile en Afrique. « Á partir du XVe siècle, les Européens fréquentent le Golfe de Guinée. Au XIXe siècle, les Hollandais y ont introduit le tissu imprimé encore appelé le Wax hollandais. De nos jours, ces tissus se fabriquent également dans des usines implantées sur le sol africain».*(7) Le développement du textile qui s’est accompagné de celui du commerce entre l’Afrique et l’Europe a permis, notamment, la démocratisation du pagne. Le pagne n’est donc plus dorénavant l’apanage des rois, nobles ou riches. Mais il est cependant resté une sentence populaire en Afrique, et particulièrement au Bénin, qui dit : « il n’y a de pagne que le pagne tissé, le reste n’est qu’imitation ».

 

Des femmes adeptes du vaudou du Bénin en pleine démonstration dans leurs habits et bijoux.Des femmes adeptes du vaudou du Bénin en pleine démonstration dans leurs habits et bijoux.

 

L’apparition de différentes sortes de tissus et de pagnes a fait évoluer considérablement la mode en Afrique. Elle a intégré des éléments tout à fait modernes, mais sans pour autant perdre l’âme des traditions vestimentaires. Il n’y a qu’à se rendre dans les rues d’une capitale africaine pour s’en convaincre. Dans cet environnement, les deux Congo sortent du lot avec l’existence de  “Sociétés des ambianceurs et des personnes élégantes” (SAPE)*(8). On peut remarquer aussi fort aisément, encore de nos jours, que la mode africaine oscille entre tradition et modernisme. Comme dans bien des domaines, l’Afrique est encore tiraillée entre les deux. Mais cette évolution a produit des couturiers africains de renoms de même que de grands événements sur le continent. C’est le cas d’événements comme “l’Africa International Fashion Week” au Nigeria. Ce dernier pays, est d’ailleurs à mon avis, l’un des rares à avoir réussi son intégration sur le marché de la mode. Même s’il est à reconnaître honnêtement que l’Afrique, dans son ensemble, a un grand retard à rattraper en la matière.

 

Vêtements modernes en vogue en Afrique.Vêtements modernes en vogue en Afrique: un défilé de mode au Nigeria.

 

Il s’avère important de souligner l’initiative “Vogue Talents pour l’Afrique” qui a été lancée dans ce pays, en collaboration avec le “Consortium International Business Nigeria Limited” — les organisateurs de la plus grande manifestation de recherche de modèles et initiateurs de la “Semaine de la mode de la CEDEAO” et de la “Semaine internationale de la mode en Afrique” —, en partenariat avec le “Studio 24”.

 

DIOP expo PHOTO

Ainsi que Courrier des Afriques (www.courrierdesafrques.net)  l’écrivait récemment : « Il s’agit d’un nouveau projet de reconnaissance internationale visant à l’émergence de vêtements pour femmes, hommes ou de créateurs d’accessoires de nationalité africaine (Ils doivent être nés dans l’un des pays du continent africain, même s’ils sont actuellement basés ailleurs) ou être des concepteurs de toutes nationalités mais basés en Afrique. Les profils des meilleurs designers seront publiés  dans “Vogue Italia” du premier trimestre de 2015. Les meilleurs designers sélectionnés auront la possibilité de présenter leurs vêtements et accessoires dans les rayons du merveilleux “Palazzo Morando” à Milan, une vitrine internationale de promotion, en septembre 2015 au cours de cet événement spécial» *(9).

 

Contrairement à l’évolution que la mode vestimentaire a connue, les parures sont restées comme figées dans le temps. Les orfèvres africains ont certes acquis et maîtrisé de nouvelles méthodes de fabrication de leurs bijoux, mais ils se sont montrés plus ouverts aux apports nouveaux qu’ils n’en ont innové. Au demeurant, il est à observer dans ce domaine une forte tendance au retour à la mode des bijoux anciens notamment ceux de l’Égypte ancienne et de l’Afrique ancienne de manière générale.

 

De gauche à droite: la présidente de l'Alliance française de Grenade, la directrice de la Fondation Euro-Arabe de Grenade et l'écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga.De gauche à droite: la présidente de l’Alliance française de Grenade, Margarita Buet Solano; la directrice de la Fondation Euro-Arabe de Hautes Etudes de Grenade, Inmaculada Marrero Rocha et l’écrivain – journaliste béninois Marcus Boni Teiga (Photo: Fondation E-AHE).

 

 

 

Vue partielle de l’auditoire lors de la conférence de l'écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga.Vue partielle de l’auditoire lors de la conférence de l’écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga (Photo: Fondation E-AHE).

 

 

Conclusion

 La communication sur le thème “Vêtements et parures en Afrique : de l’antiquité à nos jours” est un vaste sujet qu’on ne saurait traiter en quelques heures seulement. La mode et l’esthétique ont toujours fait partie du quotidien de l’Homme depuis les temps les plus anciens ou les plus reculés.

Cette mode de l’habillement a été révolutionnée en Afrique essentiellement avec la filature de manière artisanale, grâce au kapok, et cela avant même la découverte du coton. Et malgré le retard de l’Afrique en matière d’industrialisation, le continent n’est pas totalement absent des grands rendez-vous internationaux et s’évertue toujours à se faire valoir.

 

Aujourd’hui, il suffit d’entrer dans des boutiques de mode et des bijouteries à travers le monde pour remarquer que beaucoup de motifs, de modèles de l’Égypte antique en particulier et de l’Afrique en général sont remis au goût du jour. Il ne faut pas oublier que la mode est faite pour être continuellement réinventée. Á cet effet, l’Afrique a intérêt à revisiter ses vêtements et parures, soit pour les mettre au goût du jour, soit pour préserver leur authenticité, mais en tout état de cause pour ne plus rester en marge de l’évolution de la mode contemporaine à l’occasion des rendez-vous du donner et du recevoir au niveau mondial. Si elle ne le fait pas, des créateurs d’autres continents vont s’approprier toutes les inventions qu’elle a pu produire, et cela légitimement. Car il s’agit d’un patrimoine ancien qui est commun à nous tous. Et les Africains ne sauraient donc en aucun cas s’accaparer à eux seuls toutes ces inventions en vêtements et parures.

 

 L'écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga lors de sa conférence sous le regard de la directrice de la Fondation Euro-Arabe de Grenade.L’écrivain et journaliste béninois Marcus Boni Teiga lors de sa conférence sous le regard de la directrice de la Fondation Euro-Arabe de Grenade (Photo: Fondation E-AHE).

 

 

 

Marcus Boni Teiga est également écrivain, conférencier, spécialiste des études nubiennes (Nubiologue) et directeur de l’Institut de recherche de l’Atakora (IRA)

 

 

Fin de la Conférence.Lors de la conclusion de la Conférence (Photo: Fondation E-AHE).

 

 

Sources et Bibliographies

*1 – Équipe conduite sous la direction d’Abdeljalil Bouzouggar, chercheur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP, Maroc) et de Nick Barton de l’Université britannique d’Oxford.

*2 – Les généticiens le confirment : l’Afrique est la mère de tous les hommes, Le Point Afrique – Publié le 19/08/2014 à 17:09 – Modifié le 18/03/2014 à 08:25

*3 – schenti : dénomination apparue sous le Moyen Empire égyptien pour désigner le pagne.

*4 –  pech : dénomination apparue sous le Moyen Empire égyptien pour désigner le vêtement.

*5 – Reference: Proceedings of the National Academy of Sciences, DOI: 10.1073/pnas.1202629109 and 10.1073/pnas.1204213109

*6 – Le petit Larousse illustré, édition de 2009, aiguille à chas

*7 – Béatrice Lalinon Gbado, Christelle Ouassa, Mireille Agossou, Victor Aigbe, Victorin Avissoudo, Roger Boni Yaratchaou, Alexandre Gbado et Charles P. Tossou ; La longue histoire du pagne, Editions Ruisseaux d’Afrique, 2006

*8 –SAPE : Société Africaine des Personnes élégantes et Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes. Nous avons deux cas d’école sur le concept de la sape, le premier étant de l’école de Christian Loubaki (dit Mystère), qui a pour référence le dandysme bourgeois du xixe siècle et du début du xxe siècle. Et les seconds, Ben Mukasha et compagnie, ont comme référence DJO Ballard, ils sont en représentation permanente, dans le « m’as-tu-vu », dans l’exhibition de leurs marques de vêtements, Wikipédia

*9 – Clara Chinwe Okoro, rubrique Société, Courrier des Afriques : www.courrierdesafriques.net,  publié le 11 avril 2015 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  1. Le , Prof Kalamba Nsapo a dit :

    Merci pour cette contribution. Elle devrait faire partie de nos humanités classiques africaines.

    J’ai toujours été impressionné par les vêtements de mon grand-père KALAMBA MANGOLE, chef du royaume Luba. Jetez un coup d’œil sur mon profil Facebook..