TCHAD – «Déby doit revoir vraiment toute sa diplomatie», dixit Saleh Kebzabo

Dans un entretien qu’il a accordé à notre confrère RFI, le chef de file de l’opposition tchadienne, Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) a dit que «Déby doit revoir vraiment toute sa diplomatie». Et pour cause.

 

Saleh Kebzabo, le président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) et chef de file de l'opposition tchadienne.Saleh Kebzabo, le président de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR) et chef de file de l’opposition tchadienne.

La principale question qui a fait dire à Saleh Kebzabo, le leader de l’opposition tchadienne que «Déby doit revoir vraiment toute sa diplomatie» est liée à l’échec de la candidature ministre des Finances et du Budget du Tchad, Kordjé Bedoumra, à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD).

 

A cette question, l’opposant au régime du président Idriss Déby Itno a répondu notamment à RFI en ces termes : « Je suis profondément déçu parce que finalement on se demande quelle est la politique extérieure que Déby mène ? C’est pour nous un échec. Un échec cuisant qui fait mal aux Tchadiens (…)  Si vraiment tout ce que nous sommes en train de faire ne sert à rien, il faut qu’on remette les pendules à l’heure ».

 

Qu’on soit partisan ou adversaire du président Idriss Déby Itno, l’échec du candidat tchadien à la présidence de la BAD ne peut que susciter des interrogations quant à la politique étrangère du régime tchadien. En effet, Kordjé Bedoumra, ministre des Finances et du Budget du Tchad depuis octobre 2013 avait auparavant, passé 28 ans de sa carrière dans cette institution qu’il connaît bien. Et avant sa nomination comme ministre au Tchad, il était jusqu’alors le vice-président de la BAD. Au demeurant, contrairement à bien d’autres candidats, il avait le soutien de la communauté régionale à laquelle le Tchad appartient, en l’occurrence la CEMAC. Il ne lui fallait que quelques appuis étrangers dont le Tchad avait besoin. Et logiquement, l’on s’attendait que la part de sacrifice accordée par le Tchad aux crises qui ont secoué et continuent de secouer l’Afrique méritait les appuis en question.

 

Contre toute attente, ainsi que le souligne l’opposant tchadien, Saleh Kebzabo, les interventions militaires du Tchad au Mali, au Nigeria et au Cameroun notamment n’auront pas servi à grand-chose diplomatiquement. A preuve : le Mali et le Nigeria avaient leurs candidats à la présidence de la BAD et les alliés français de Déby n’ont même pas cru devoir voter pour le candidat tchadien. En dépit même d’un déplacement express du président Idriss Déby Itno à Paris quelques jours seulement avant le vote.

 

De quelque bord politique que l’on soit au Tchad, l’intérêt national commande qu’on soit d’accord pour dire que le pays d’Idriss Déby Itno a été remercié en monnaie de singe dans sa candidature à la présidence de la BAD. D’où la nécessité de revoir ses relations extérieures et sa diplomatie. A ce propos, Saleh Kebzabo, a bel et bien raison. Le Tchad n’a pas vocation à faire des sacrifices dans les crises internationales pour rien.

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