BENIN / NIGER – Construction de la ligne ferroviaire Bénin-Niger : le Bénin et le Niger prennent de gros risques

 

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L’heure est grave. Il y a de belles et légitimes raisons de redouter le scénario ‘‘catastrophe’’ pour les gouvernements béninois et nigérien qui, d’après des informations concordantes, se proposent d’envoyer le 21 juillet prochain à Paris, des collaborateurs en vue de procéder à la signature des documents complémentaires pour la mise en œuvre du projet de construction de la voie ferroviaire Cotonou-Niamey par le Groupe Bolloré. En dépit donc de la plainte devant les juridictions compétentes du Groupe Pétrolin au détriment de qui le projet a été concédé à Bolloré et de la polémique sans cesse croissante, rien n’arrête les accords entre les deux Etats et le Groupe français pour la mise en œuvre du projet.

 

Mais, au-delà de la signature du 21 juillet prochain prévue à Paris, la grosse interrogation de l’heure est relative aux dispositions prises par les Etats béninois et nigérien pour éviter non seulement qu’on ne rentre dans un énième conflit juridique avec le groupe Pétrolin et surtout pallier d’éventuels effets néfastes en ce qui concerne cet imminent accord qui polarise les attentions. En effet, pour un projet où déjà des partenaires ont fait recours aux tribunaux et n’attendent que justice leur soit rendue, il faut forcément craindre des conséquences imprévisibles. Car, rien ne dit que les contentieux judiciaires en cours et en perspective auront une suite favorable pour le Bénin, le Niger et le Groupe Bolloré. De plus, il est à redouter les conséquences qu’auront les différends juridiques qui entourent ce projet sur l’économie béninoise.

 

A la vérité, les gouvernements du Bénin et du Niger ne doivent pas prendre à la légère le point de vue de ceux qui redoutent les insuffisances de ce projet et les conséquences désastreuses que sa mise en œuvre engendrera pour l’économie béninoise à court, moyen et long terme. Et la première interrogation à laquelle nos gouvernants doivent répondre est celle de savoir si comme l’annoncent certaines sources, la construction de ladite voie ferroviaire se fera avec du matériel obsolète et non conforme aux normes actuelles. Sinon, pourquoi nos gouvernements s’engagent dans ce projet avec Bolloré alors même qu’un compatriote s’est engagé à exécuter le même projet avec des matériels modernes (rails à écartement métrique standard de 1, 435m) conformes aux normes actuelles en la matière ? Tout un mystère que seules les parties prenantes à la signature des documents complémentaires pour la mise en œuvre du projet de construction de la voie ferroviaire Cotonou-Niamey par le Groupe Bolloré prévue pour le 21 juillet prochain sont en mesure d’élucider. Mais, pourvu que parmi eux, il n’y ait pas des avocats du diable !

 

Angelo Dossoumou

 

 

Source : http://www.fraternitebj.info

 

Fraternité (Bénin)

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