Comme Barack Obama, n’ayons pas peur du mot « Nègre » !

SANS COMMENTAIRE Obama

« Nègre », c’est le mot le plus lourd de sens et le plus tabou, aussi bien de la langue anglaise que pour les Américains. Pourtant… Et pourtant, le Président Barack Obama, encore locataire de la Maison- Blanche, a décidé de le prononcer dans une interview à une radio de Los Angeles. Comme s’il s’agissait pour lui de conjurer ou d’exorciser ce racisme ambiant et galopant on ne peut plus inquiétant, du reste, qui ne cesse de défrayer la chronique aux États-Unis. Comme si c’était en guise de thérapie de choc. Et comme pour choquer aussi !

 

« Le Nègre de la Maison-Blanche » a en effet décidé de jeter à la face des Américains et du monde entier, le masque derrière lequel beaucoup de gens se cachent pour regarder le monde noir. Un masque qui danse à l’intérieur de ceux qui, encore, continuent de se masturber l’esprit sur les Africains-Américains, les Africains-Noirs, les Noirs, les Nègres, tout court. Du coup, Barack Obama reconnaît, en toute honnêteté, que l’Amérique n’est pas guérie du racisme. Et, de surcroît, il va plus loin en déclarant notamment : Il ne s’agit pas seulement de ne pas dire « nègre » en public parce que c’est impoli… Le reste en dit long, mais c’est bien dit.

 

L’Amérique découvre alors, et ce pour la deuxième fois consécutive, un Barack Obama dans toute la profondeur de son âme, qui brise tout, surtout le grand tabou. Après son « Amazing Grace » en hommage aux victimes de la tuerie raciste de Charleston, le voilà décidé à donner un coup de pied dans la fourmilière du racisme. Quitte à faire valser et s’éparpiller en mille morceaux le pot-pourri du « politiquement correct » La presse, les universitaires et les politiques sont unanimes là-dessus : les six lettres (NDLR : « nigger » en anglais) du mot que personne n’osait guère prononcer jusque-là, Barack Obama les a prononcées et voire amplifiées de sa sacrée voix grave et de son piédestal de la Maison-Blanche.

 

Á ce propos, l’opinion publique des Américains se partage en trois grandes tendances. Primo : ceux qui pensent que dire « Nègre » est indigne d’un président de la République. Secundo : ceux qui pensent que le fait de remettre le mot « Nègre » en usage va accentuer les clivages racistes. Tertio : ceux qui applaudissent que l’on brise enfin ce tabou en appelant un chat un chat. Histoire de poser le doigt là où cela fait le plus mal à ce grand corps de la société américaine encore malade du racisme.

 

Mon avis compte pour peu dans ce grand jeu du grand corps malade du racisme, mais je le donne quand même. Il faut arrêter avec cette hypocrisie collective qui consiste à dire que tous les hommes sont égaux, indifféremment de leur couleur, lors même que dans la réalité quotidienne on n’observe en société que l’exact contraire. On a beau prouver de manière scientifique, ce qu’ont fait les généticiens quand ils ont confirmé de manière irréfutable que 60 000 ans en arrière seulement, tous les hommes étaient Noirs ou disons-le « Nègres »; et que tous les hommes sont originaires d’Afrique. Mais il y aura toujours des esprits retors pour voir en la couleur du « Nègre » une malédiction incurable. Que faut-il y faire ? Un abruti est un abruti, et cela quelle que soit la couleur de sa peau. Et il  se trouvera toujours des gens qui, même lorsqu’ils sont dans ou de la « merde » la plus royale ou la plus infâme — excusez ce vocabulaire merdique — pour croire qu’ils sont supérieurs à un « Nègre ». Á ceux-là, il est préférable de répondre carrément mais poliment et toujours élégamment comme Aimé Césaire : « le Nègre vous emmerde ! ».

 

Comme Barack Obama, n’ayons pas peur du mot « Nègre » ! Car un mot n’a de valeur que dans son acception et le sens qu’on lui donne. Si comme dans certaines langues ce vocable désigne la couleur à laquelle un autre vocable malheureusement vide de sens tente de répondre par « Subsaharien », alors le Noir est un Nègre. Par contre, s’il est connoté négativement pour déshumaniser, dénigrer et ravaler le Noir au rang de sous-homme, il faut plutôt voir en cela que l’inculture de ceux qui ainsi le sous-entendent ou le conçoivent est démesurément à la dimension de leur misérabilisme moral. Et debout le « Nègre » pour dire deux fois, trois fois…mille et une fois : « je suis un Nègre fondamental (…) Nègre je suis, Nègre je resterai » et «  le Nègre vous emmerde ! ».

 

Cela dit, le temps est peut-être venu de revisiter la Négritude…Pour désamorcer le mot « Nègre » de sa charge à connotation négative ou péjorative que les nostalgiques d’un passé nauséabond et révolu voudraient continuer à lui faire porter, afin de pallier leurs tares psychosociales. Il s’agira donc pour tous les Noirs du monde de lui donner un nouveau contenu sémantique que tout « Nègre » assumera dorénavant avec fierté et sérénité, de manière narquoise certes mais non narcissique. Comme savaient le faire si bien nos ancêtres les Nubiens (Soudan), aux premiers temps où la couleur de la terre-mère et nourricière était en osmose avec celle de la peau des hommes qui l’habitaient, dans cette historique Vallée du Nil qui a vu naître la première civilisation au monde : « Km » ou « Kama » ou encore « Keme ». En somme, qu’est-ce que le Noir, si ce n’est la somme de toutes les couleurs !  Il n’y a donc pas de quoi à en avoir honte. Bien au contraire. Dont acte !

Commentaires

  1. Bon de toutes les façons ce terme existe dans les esprits donc Oubama a dit de haut ce que d’autres pensent si bas.