Paul Hounkpè : Dessine-moi un inculte !

 

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Au Bénin, depuis Kérékou deuxième costume, le ministère de la culture, qu’il soit associé au tourisme ou à l’hôtellerie, est, lors des nominations, ce qui reste lorsqu’on a fini de tout distribuer. C’est le macaron qu’on attribue au dernier de la classe, c’est-à-dire au militant politique sans aucune compétence que la délation ou la traitrise. On se souvient par exemple des larmes de Timothée Zanou qui se plaignait, quand il fut nommé à ce poste, de devoir gérer un « ministère de la danse » alors que, agronome de formation, il aurait souhaité qu’on le flattât d’un portefeuille comme celui de l’agriculture. Inutile de dire qu’il fut l’un des pires serviteurs de ce macaron, lui qui s’était efforcé, de toute son énergie, d’y trouver à boire et à manger.

 

Les autres qui ont suivi n’ont pas fait mieux. L’un d’eux, Frédérique Dohou, un inénarrable parvenu, n’a été capable de servir à ses collaborateurs que son insolence et ses invectives, mettant sous coupe réglée le Fonds d’Aide à la Culture dont le montant devenait consistant. Justement, parce que l’inspection du ministère a voulu, peu de temps après son débarquement, regarder de près sa gestion, il s’était dépêché de s’envoler en Côte d’Ivoire, estimant que sa nationalité ivoirienne n’avait rien à cirer de la justice béninoise. Une blague. Car, si jamais les juges béninois lui mettaient le feu au cul, il aurait été fait comme un rat.

 

Et nous voilà, quatre ministres plus tard au cas de Paul Hounkpè. Ce Monsieur que j’avais eu l’occasion de croiser deux fois lors de mes échappées à Possotomè pendant la Saint Sylvestre, m’avait paru d’un niveau d’instruction « suspect ». Je m’étais dit que tant qu’il pouvait faire le bonheur des citoyens de Bopa, il ne fallait pas lui trouver des poils sur la calvitie.

Certes, comme tout le monde, j’ai suivi le feuilleton de son désamour avec Nago Mathurin, son ancien mentor ; j’ai suivi son retournement de veste, son soutien inconditionnel à Yayi Boni, les marches, les contre-marches qu’il a organisées pour clamer son amour fou, sa rage démentielle pour le locataire de la Marina. Mais balayé par le nouveau parti de Nago lors des législatives, écrasé à l’occasion des communales, le remuant ex-maire, volubile au moment d’insulter Nago, n’avait plus que son charabia pour pleurer.

 

Mais pour le consoler de ces échecs successifs, son nouveau Dieu l’a tout simplement bombardé ministre de la culture. Oui, un mauvais élève de CM2, c’est-à-dire, un apprenant incapable de réussir au CEP est devenu le fonctionnaire le plus élevé d’un ministère. Cela se passe au Bénin, pays de cadres et d’intellectuels avérés, pays justement de Paul…Hazoumè, qui enseignerait bien à cet homme que le chat a beau porter un smoking et des bottes, il ne pourra jamais emprunter l’intelligence des hommes. La preuve : sa prestation loufoque, bien au ras du lac Ahémé à l’Assemblée Nationale en tant que ministre de l’agriculture intérimaire.

 

C’est là, à cette occasion, que le premier fonctionnaire de notre ministère a montré que son niveau de mauvais élève de CM2 n’a pas été usurpé. Incapable de lire, se perdant dans ses papiers, irritant les cadres du ministère de l’agriculture et faisant se gondoler de rire les députés, il a donné la preuve qu’il n’est pas seulement une insulte pour les hommes de culture de son pays, mais une véritable tragédie nationale. Le naufrage du secteur culturel, déjà délabré, est attendu.

 

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