SANTE – DOCTEUR GIAMBATTISTA PRIULI DIT DOCTEUR FLORENT : « Beaucoup de plantes médicinales africaines ont été étudiées par des Instituts de recherche … »

Le Docteur Giambattista Priuli dit Docteur Florent, médecin-chirurgien bénino-italien des Frères hospitaliers de Saint Jean de Dieu, a célébré récemment ses cinquante (50) ans de vie religieuse à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta. Un demi-siècle consacré par ce médecin des pauvres hors du commun et à la réputation internationale au service des malades les plus démunis. Entretien avec le Docteur Florent qui nous parle ici de sa rencontre avec la médecine traditionnelle africaine qu’on appelle communément pharmacopée et ses propres expériences à cet effet.

 

Le docteur Florent (au centre) et au premier plan lors de la célébration de ses 50 ans de vie religieuse à l'hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.Le docteur Florent (au centre) et au premier plan lors de la célébration de ses 50 ans de vie religieuse à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.

 

Courrier des Afriques: Depuis quand vous intéressez-vous à la médecine traditionnelle africaine qu’on appelle communément pharmacopée ?

 

Docteur Giambattista Priuli: L’intérêt pour la médecine traditionnelle africaine qui fut mienne au départ est vite devenu une passion, je dirais même presque une conversion. Aux débuts de mon service en Afrique, j’étais catégoriquement opposé à ces pratiques que j’avais classées résolument parmi les réalités à combattre. Mais vers les années 80, des événements m’ont obligé à revoir mes convictions et à me pencher sur cette réalité, au point de devenir actuellement un ardent défenseur et un promoteur de formation et de la diffusion des pratiques dûment garanties par des études et recherches qualifiées.

 

Le déclic s’est produit à l’hôpital de Tanguiéta vers 1981 quand on m’a emmené une petite fille prise de grandes convulsions fébriles. J’ai tout mis en oeuvre comme traitement pour elle ; mais sans succès. Après deux jours de tentatives thérapeutiques vaines, le grand-père de l’enfant, un ami, m’a timidement demandé la permission de ramener la petite à la maison pour lui administrer des traitements traditionnels. Mon refus fut catégorique et doublé de la certitude que l’enfant allait succomber, le cas échéant. Mais malgré mes efforts redoublés, la santé de l’enfant ne fit que s’aggraver et, le lendemain, le père me refit la même requête en me disant qu’il connaissait un “Vieux” qui pouvait tenter un traitement par les plantes.

 

Voyant que l’enfant était en fin de vie, j’acceptai afin qu’elle ne meure pas à l’hôpital. Mais quel ne fût mon grand étonnement quand le grand-père et l’enfant revinrent, quelques jours plus tard, avec une pintade et une dizaine d’oeufs pour me remercier de leur avoir accordé le retour à la maison et le recours au “Vieux” qui avait sauvé l’enfant en lui faisant de petites scarifications dans lesquelles il avait mis de la poudre noire préparée avec des plantes calcinées. Ce fut un coup de foudre qui m’a obligé à revenir sur mes convictions et à me mettre dans une perspective de recherches qui, aujourd’hui encore sont une de mes passions pour la médecine.

 

Comment étudiez-vous les principes de ces plantes ?

 

Beaucoup de plantes médicinales africaines ont été étudiées par des Instituts de recherche durant le siècle passé et nous retrouvons sur Internet énormément de renseignements. Quand nous avons besoin de prouver la non toxicité d’une plante, nous avons recours à des Instituts de pharmacologie surtout italiens, à l’Université de Milan et celle de Pavia…. Un illustre pharmacologiste italien, le Docteur Gioncarlo Merotti, est notre référence en la matière, toujours disponible depuis des années ; et plus encore après avoir effectué un séjour à Tanguiéta pour organiser le laboratoire de phytothérapie afin de réaliser les préparations de la pharmacopée qui sont mis à la disposition des praticiens et des malades.

 

DOCTEUR FLORENT 162

 

Pour vous qui êtes d’une culture cartésienne, est-ce que cela vous paraît évident, a priori, d’associer la médecine africaine à la médecine occidentale ?

 

Depuis de longues années, il est apparu comme une évidence pour moi qu’il existe des remèdes dans la nature pour toutes les maladies et qu’il y a des personnes qui détiennent des connaissances précieuses transmises de père en fils, de mère en fille ou de guérisseur en disciple. Ces “guérisseurs” sont souvent pourvus de dons naturels qu’ils ont développés par un long apprentissage et par une pratique “professionnelle” qui font d’eux des personnalités de référence recherchées et respectées.

 

Moi-même, descendant lointain d’un peuple préhistorique : les premiers Camuni, je me rappelle bien d’avoir, dans les années 1950, fait la cueillette de centaines de plantes médicinales avec ma mère, soit pour les vendre au pharmacien du village soit pour les utiliser en famille pour telle ou telle autre affection (rage dentaire, coliques abdominales, etc.). En outre, ayant associé la recherche moderne avec des universités de renom dans cette aventure, j’ai fini par me convaincre et peu à peu convaincre mon entourage (communauté religieuse, collaborateurs médecins et paramédicaux) qui depuis plusieurs années ont fini par associer la médecine naturelle à la médecine moderne occidentale ; et cela à la grande satisfaction des patients et finalement celle aussi des soignants.

 

Je n’oublie pourtant pas la méfiance et parfois le mépris des premières années quand Soeur Ursule me reprochait mes pratiques en ces termes : Florent ! Tu n’as pas honte d’utiliser ces herbes dans notre hôpital ? Toi religieux, médecin, Blanc, tu deviens un guérisseur, un charlatan ? Mais la musique a vite changé quand surtout ce fut évident que c’était plus efficace pour le traitement de nombreuses maladies. Et que c’était aussi plus rapide et moins coûteux que les produits thérapeutiques en usage jusqu’alors. Depuis, et de plus en plus, la médecine naturelle est prise en considération en faisant partie intégrante de l’arsenal thérapeutique des hôpitaux Saint Jean de Dieu du Togo et du Bénin, à telle enseigne que l’OMS en est arrivé, il y a plus de dix ans, à proposer l’hôpital de Tanguiéta comme un exemple de belle intégration de la médecine naturelle dans la médecine occidentale.

 

Á quel moment, par exemple, jugez-vous de l’opportunité d’appliquer la médecine traditionnelle africaine plutôt que moderne ?

 

En tenant compte de tout ce que je viens de vous dire, il est évident qu’il n’y a plus un moment où je décide de soigner avec la médecine naturelle plutôt qu’avec la médecine occidentale, entendu que les deux peuvent être associées à tout instant pour obtenir un résultat que ni l’une ni l’autre ne peuvent obtenir seules…Parfois, ce n’est que le remède de la médecine officielle qui fait son office, parfois celui de la nature mais souvent l’association des deux est fort intéressante pour la guérison des patients. Encore une fois, c’est une question d’expérience et de sens d’ouverture d’esprit. Si je n’étais pas affirmatif, je mentirais au regard de Dieu qui nous a mis à disposition dans la nature tout ce qui peut soigner les maux qui nous font souffrir et qui entraînent la mort. L’intelligence humaine et les dons particuliers dont certains sont dotés peuvent leur permettre d’utiliser des plantes et des substances naturelles aussi bien pour guérir que pour tuer ou produire des maladies réversibles par des antidotes ou irréversibles, voire inéluctablement mortelles. Ce sont sur ces connaissances que comptent les féticheurs et les sorciers.

 

Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta Photo

 

Obtenez-vous des résultats probants avec vos traitements à base de plantes médicinales africaines ?

 

Dans ma pratique de la phytothérapie, j’affirme avoir continuellement des résultats plus que probants aussi bien en Afrique qu’en Europe où, via Internet, je soigne des centaines de patients. Surtout ceux qui souffrent d’hépatite C et qui n’ont pas tiré profit du traitement officiel par l’Interfénone et la Ribavirine ou d’autres qui souffrent d’asthme ou encore des diabétiques qui trouvent bénéfique la prise de la Sclerocaria Birrea. Ce qui est une évidence, c’est que la médecine naturelle parfois seule mais plus souvent en association avec la médecine occidentale, apporte un résultat plus probant dans la prise en charge efficace de beaucoup de maladies. Elle diminue, entre autres, le coût des soins et souvent, ce qui n’est pas négligeable, elle n’a pas d’effets secondaires indésirables.

 

Une chose est de connaître les plantes et une autre de les trouver et en quantité suffisante. Comment comptez-vous résoudre cette difficulté ?

 

Au cours des séminaires et conférences que nous avons organisés ces vingt dernières années, nous avons continuellement enrichi nos connaissances et augmenté le nombre de plantes africaines ayant des vertus thérapeutiques. Certaines de ces plantes sont omniprésentes, d’autres sont liées à des régions et des climats spécifiques et probablement ne seraient pas si efficaces si elles sont cultivées ailleurs. C’est pourquoi nous encourageons chaque centre de santé qui connaît une formule efficace, de continuer à la produire pour que des centres lointains puissent en bénéficier. L’augmentation de la production pour des tiers entraînera d’autres sources de revenus qui aideront ainsi les centres à l’autofinancement.

 

Pour ce qui est de notre laboratoire de phytothérapie, j’avoue que la plus grande partie des plantes utilisées viennent d’ailleurs. Nous sommes tributaires des monastères de Koubri et Diabo au Burkina Faso et celui de Notre Dame de l’Étoile de Parakou ainsi que le centre Saint Jean de Dieu de Porga au Bénin. Á cela, il faut ajouter une donatrice (H. A.) qui nous fournit gratuitement chaque année de quoi traiter gratuitement des centaines de malades en Afrique et en Europe. Cependant, pour ne pas en manquer, nous essayons d’agrandir chaque année notre jardin botanique. Néanmoins, il reste encore beaucoup à faire…

 

Un autre aspect qui a trait à la disponibilité des plantes est lié au fait que les plantes ne peuvent pas être cueillies à n’importe quel moment, car il y a des périodes et des modes qui en déterminent l’efficacité. Il y a des plantes qui, en particulier, sont efficaces si elles sont cueillies en phase de croissance lunaire et d’autres en phase de décroissance. Certaines ne peuvent pas être cueillies après une pluie ou en plein jour. Autre précaution, surtout pour les plantes qui sont conservées, le séchage doit être réalisé à l’ombre ou dans une machine spécialement conçue pour les déshydrater et la conservation doit éviter la contamination par des champignons. Si toutes les précautions sont prises en compte, les effets thérapeutiques seront concluants.

 

Quand on sait que la médecine traditionnelle africaine relève d’un savoir empirique qui ne vient qu’avec le temps et l’âge, que faire pour pallier la déperdition des savoirs endogènes avec la disparition progressive et inéluctable des anciens qui le détiennent ?

 

La préservation et la transmission des connaissances est effectivement une grande entreprise en partie déjà manquée. Car ils sont légion les “Vieux” détenteurs de recettes, fruit d’expériences de centaines, voire de milliers d’années, qui nous ont quittés sans avoir trouvé des disciples dignes à qui les transmettre. Il est inutile de pleurer sur ce à quoi nous ne pouvons plus remédier, mais il nous revient de sauver au moins ce qui peut être encore récupéré et mis en valeur. L’entreprise n’est pas facile si l’on pense que moi-même j’ai mis sept ans avant que le guérisseur ne collabore (il est encore vivant) et me montre l’arbre dont il utilisait l’écorce pour soigner les malades que je lui confiais pour être traités, dont l’asthme. Et selon la tradition, les choses se passent bien plus lentement et progressivement encore !

 

Ayant commencé avec une ou deux plantes-remèdes, le bagage a pu s’enrichir par des contacts providentiels avec récemment d’autres guérisseurs, et surtout avec des fils ou parents proches de guérisseurs devenus religieux ou religieuses ou par des recettes qui m’ont été données par des guérisseurs convertis. Les moments les plus enrichissants ont sûrement été les séminaires d’échanges et de formations que nous avons organisés à l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta, puis à Bamako et ailleurs. Les ministères de la Santé se sont investis à plusieurs reprises dans cette tâche, mais il est urgent que l’on fasse plus et mieux, en tout premier lieu par la sensibilisation des étudiants des Facultés de médecine, des biologistes… Car parfois, on a l’impression que le médecin africain a honte d’utiliser ces recettes de pharmacopée grâce auxquelles, pourtant, il a lui-même eu la vie sauve quand il était enfant. Ce sauvetage doit aller de pair avec des recherches sur

 

la toxicité de certaines plantes et sur l’identification des principes actifs. C’est en vue d’enrichir notre arsenal thérapeutique à base de plantes et de substances naturelles que nous venons d’envoyer un Frère de la communauté, qui depuis plusieurs années est trempé dans la phytothérapie, pour un stage à Bobo-Dioulasso auprès d’une religieuse africaine dont l’autorité dans ce domaine est acquise depuis longtemps. Cette religieuse “tradi-thérapeute” de renom a perdu presque totalement la vue mais elle s’est montrée disponible à transmettre son savoir à un religieux soignant — comme elle en faisait usage — pour soigner les malades. Humilité et patience unies à la persévérance sont indispensables pour réussir dans cette entreprise. Pour l’identification ensuite des principes actifs et leur application chimique, il faut beaucoup de ressources humaines et financières. Mais avant tout, il faut sauver les recettes et préserver le patrimoine végétal qui risque de disparaître à cause de la désertification et de la destruction des forêts par l’agriculture intensive, voire industrielle telle que celle de la culture du coton.

 

Pensez-vous que la médecine traditionnelle africaine pourrait apporter une contribution à la médecine moderne occidentale, notamment sur les maladies graves de notre temps ?

 

Pour moi, cela ne fait aucun doute. Voici d’ailleurs l’affirmation qui m’a été faite par le Docteur Peter Piott en 2004 au siège de l’Usaid: La prise en charge du Sida en Afrique n’aura de succès que si elle prend en compte la médecine traditionnelle. Cela en dit long… Ce fut au moment où nous lui avions présenté notre prise en charge du Sida alors que l’on n’avait pas encore accès aux ARV (Anti Rétroviraux). Á la suite d’études qui se sont prolongées sur plus de dix ans, nous avons pu prouver au laboratoire l’action antivirale du Combretum Micranthum sur le VIH et sur le virus de l’hépatite B. D’autres plantes parfois seules, parfois  en association donnent des résultats extraordinaires. Des centaines de malades qui n’ont pas pu bénéficier des traitements officiels ou qui refusent de s’y soumettre, ont des résultats encourageants avec nos produits qui ne sont donnés que sous surveillance des médecins traitants ou, par nous, via Internet, ce qui constitue notre Hôpital de nuit au Cyber de la Communauté.

 

Plusieurs thèses de doctorat en pharmacologie ont été faites à partir de notre pratique. Loin de pouvoir affirmer que la médecine naturelle peut guérir le Sida, partant de l’affirmation de Peter Piott, nous pouvons et nous devons affirmer que la médecine naturelle peut beaucoup apporter dans la prise en charge de l’infection au VIH et même dans les cas d’autres viroses, spécialement les hépatites. Si le site de prise en charge du Sida de l’hôpital Saint Jean de Dieu est si fréquenté, il l’est aussi et surtout en raison de la phytothérapie qui pour beaucoup de patients demeurent le traitement de base qui les garde loin des antirétroviraux pendant des années. Nous suivons aussi plusieurs malades au « Pays des Blancs » avec entière satisfaction des intéressés et au grand étonnement des médecins qui les suivent. Mais il reste encore beaucoup, beaucoup, tant à étudier et à expérimenter !… Pour d’autres pathologies telles que l’asthme, pour ceux qui sont réceptifs, le traitement phyto-thérapeutique n’a pas son égal dans la médecine occidentale, puisqu’un seul traitement peut entraîner la guérison définitive de la maladie asthmatique.

 

Que faut-il faire pour sauver la médecine traditionnelle africaine, en définitive ?

 

En premier lieu, il faut qu’il y ait une volonté politique qui se traduise en financement pour mener des enquêtes, études, expérimentations avec des supports qualifiés locaux et étrangers. Deuxièmement, il faut encourager les centres qui utilisent la médecine traditionnelle associée à la médecine occidentale,  car c’est seulement ainsi que l’on pourra avoir la garantie de la scientificité. Troisièmement, il faut collecter autant de recettes que possible en vue de les mettre en pratique peu à peu. Quatrièmement, il faut identifier et préserver les plantes et substances naturelles menacées de disparition. Cinquièmement, il faut créer des jardins botaniques régionaux et sous- régionaux où toutes les espèces seront représentées en plusieurs exemplaires. Sixièmement, il faut introduire l’enseignement de la médecine naturelle dans les cours universitaires des médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes. Et organiser des séminaires de formation et d’information pour les opérateurs sanitaires sur la valeur de l’association intelligente de la médecine naturelle à la médecine moderne occidentale. Á titre d’exemple, la tisane du Combretum Micranthum rend bien plus supportables les chimiothérapies, en réduisant significativement les effets secondaires parfois néfastes, etc.

 

Vue partielle de la cour de l'hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.Vue partielle de la cour de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta.

 

Malgré les énormes progrès de la médecine moderne, on a l’impression que les Africains vivent moins longtemps aujourd’hui qu’autrefois. N’est-ce pas votre avis ?

 

Je me souviens avoir connu à l’hôpital Saint Jean de Tanguiéta un vieillard de cent vingt ans qui raisonnait encore très bien, au point de nous relater des faits historiques qui justifiaient l’évaluation de son âge. En réalité, son hospitalisation ne fut qu’un court séjour pour le guérir d’une diarrhée par quelques perfusions et pour permettre à sa famille de dire qu’on l’avait soigné à l’hôpital. Des vieux d’un âge pareil, il n’y en a plus beaucoup bien que la moyenne d’âge ait été rehaussée ces vingt dernières années, grâce aux progrès  de la médecine et aux programmes de vaccinations qui ont presque effacé les tragédies des épidémies, surtout de rougeole et de méningite qui pouvaient décimer les familles et même des villages jusque dans les années 1970-1980.

 

Aujourd’hui, les gens vivent plus longtemps mais cela ne signifie pas qu’ils vivent mieux. Puisque beaucoup ne prolongent leur longévité que grâce à des produits pharmaceutiques qui corrigent tant bien que mal les états de pathologie causés par des désordres alimentaires ou de comportements. En définitive, l’Africain est de plus en plus touché par des maladies métaboliques des Blancs en raison de la “mal nutrition” qui remplace la nutrition simple, pauvre mais saine de nos parents qui, au village, ne vivaient que de la nature et des fruits de la terre, de cette terre que les jeunes fuient maintenant dans l’illusion d’un plus grand bien-être recherché dans les grandes villes d’où ils reviennent souvent trop tard pour mourir.

 

Au fond, il y a aujourd’hui un taux de mortalité infantile beaucoup plus bas car les enfants vivent au moins dans de bien meilleures conditions que pendant les années pré-1960 ; ils passent de plus en plus le cap des cinq ans. La suite est malheureusement compromise par des maux qui n’existaient pas autrefois : les accidents de la voie publique qui se sont multipliés ces dix dernières années, l’alcoolisme, les viroses (Sida, hépatites), l’hypertension, le diabète et très bientôt des pathologies dues à la pollution de l’atmosphère et des aliments étalés le long des routes et arrosés par des gaz d’échappement des véhicules interdits en Europe et importés en Afrique sous l’appellation de « Venus de France », « Congelés », etc.

 

Couverture Livre Dr Florent OK_

Pourquoi une telle amélioration de l’espérance de vie des enfants et l’inverse chez les adultes ?

 

Le droit à la vie s’élargit de plus en plus grâce à l’éducation, aux moyens de prévention des maladies et aux procédés thérapeutiques qui sauvent beaucoup d’enfants et de jeunes qui, à l’inverse, seraient emportés par des infections et des épidémies. La sélection naturelle a de moins en moins de place, l’abus de médicaments, surtout ceux du marché ; l’alimentation déréglée, l’alcool, le tabac, le stress, les A.V.C (NDLR: Accidents vasculaires cérébraux) et enfin les nouvelles maladies font que les risques de décès avant la vieillesse augmentent. La pauvreté et le manque d’informations jouent aussi leur rôle en ce sens que certaines maladies autrefois méconnues telles que l’hypertension et le diabète exigent un régime alimentaire et surtout des traitements médicamenteux à vie et donc à des dépenses continuelles, sans compter les ruptures d’approvisionnement. La médecine traditionnelle a perdu une partie de son influence et la médecine moderne n’est pas toujours accessible, faute de moyens financiers, de disponibilité de soins continus, de compétences, etc.

 

Entretien réalisé par Marcus Boni Teiga (extraits du livre: Docteur Giambattista Priuli dit Docteur Florent: une vocation d’exception au service de l’Afrique)

Le . Par Marcus Boni Teiga.

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