ZIMBABWE – Le commerce des éléphants pour la sécurité et l’entretien des parcs

L’exportation d’une vingtaine de jeunes éléphants de Harare vers la Chine est à l’origine de toutes les polémiques depuis le 7 juillet dernier. Selon le gouvernement zimbabwéen, cette vente est opportune au double plan du financement du fonctionnement des parcs et réserves mais aussi de la sécurité des communautés riveraines des parcs.

 

Robert Mugabe, le président du Zimbabwe.Robert Mugabe, le président du Zimbabwe.

 

Le Zimbabwe est l’un des rares pays au monde qui dispose d’une riche zoocénose avec un total d’environ 350 espèces. Parmi celles-ci, l’une des espèces les plus peuplées se trouve être celle des Loxondonta africana dits éléphants d’Afrique. L’an dernier, le nombre total de pachydermes, selon le gouvernement, dépasse les 80.000. Un nombre largement supérieur aux capacités des parcs et réserves zimbabwéens qui ne peuvent contenir, dans les meilleures conditions d’entretien et de sécurité, que 42.000 éléphants. Mais au-delà des insuffisances liées à la contenance et l’entretien dans les parcs et réserves, l’existence des géants de la forêt est non seulement menacée mais représente aussi une menace pour la sécurité des champs et des populations riveraines. Autant de raisons avancées par Harare pour se lancer dans une vente dite réglementaire d’éléphants vers la Chine et les Etats-Unis.

 

L’exportation d’éléphants : un commerce à polémique

Le lundi 7 juillet dernier, le Zimbabwe a exporté vers la Chine une vingtaine de jeunes éléphants à 40.000 dollars par animal. Cette vente suscite depuis ces dernières heures des remous au sein des communautés régionale et internationale. Selon Johnny Rodrigues, président de l’ONG Conservation Taskforce, du point de vue du droit, le problème ne se pose pas. Car, pour le ministre de l’Environnement, « il n’y avait rien d’irrégulier dans cette exportation, qui est une part de la politique de protection des éléphants. »

 

Ouganda 3 090

 

Le Zimbabwe est signataire au même titre que la Chine, la France et les Émirats Arabes Unis de la  Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) au vu de laquelle ladite vente est légale. Cependant, Johnny Rodrigues estime que « les conditions dans lesquelles ces animaux ont été exportés sont extrêmement cruelles ». Or, depuis l’annonce en décembre dernier de l’exportation d’au moins 62 éléphants vers la Chine, la France et les Émirats Arabes Unis, il y avait des voix telle que l’actrice canado-américaine Pamela Anderson qui se sont levées pour dénoncer ce projet. Par ailleurs, il y a bientôt deux ans, le pays a enregistré  la plus grande perte en éléphants (environ 300) à la suite d’un empoisonnement au cyanure par les braconniers. Ces derniers, en quête de l’ivoire, constituent une menace pour la survie de cette espèce.

 

La direction des parcs et réserves zimbabwéenne dit être financièrement limitée pour mieux lutter contre les braconniers et entretenir la survie de certaines espèces. Et pour pallier cet état de chose, le gouvernement de son côté mise sur le revenu de vente des éléphants pour financer le fonctionnement desdits parcs et réserve d’une part tandis que le reste des fonds sera versé aux populations riveraines d’autre part.

Commentaires