AFRIQUE – Face au paludisme, où en sont les recherches ?

Éradiqué depuis une quarantaine d'année en Europe et en Amérique du Nord, le paludisme sévit encore essentiellement dans la ceinture de pauvreté qui s'étend sous les Tropiques, de l'Amérique du Sud à l'Asie du Sud-Est, en passant par l'Afrique subsaharienne, la Méditerranée orientale, le Moyen-Orient et l'Océanie. Il n’existe pas de vaccin contre le paludisme pour l'instant. Toutefois, beaucoup de candidats vaccins sont à l'étude.

 

Hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta Photo

 

Le paludisme est une maladie qui peut être mortelle certes, mais c’est avant tout une maladie évitable dont on guérit. Selon les dernières estimations de décembre 2014, on a enregistré, en 2013, 198 millions de cas de paludisme environ avec 584 000 décès plus ou moins, soit une diminution de la mortalité de 47% au niveau mondial par rapport à 2000 et de 54% dans la Région africaine selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La plupart des décès survient chez des enfants vivant en Afrique, où chaque minute un enfant meurt du paludisme. Il faut souligner que le taux de mortalité des enfants a diminué de 58% par rapport à 2000.

 

Le paludisme est dû à des parasites du genre Plasmodium transmis d’une personne à l’autre par des piqûres de moustiques Anophèles infectés. Jusqu’à ce jour, quatre types de paludisme humain sont officiellement identifiés ; il s’agit du : Plasmodium falciparum (P. falciparum); Plasmodium vivax; Plasmodium malariae; Plasmodium ovale. Les Plasmodiums les plus répandus sont le Plasmodium vivax  et le Plasmodium falciparum qui est d’ailleurs le  plus meurtrier de tous. Près de la moitié de la population du monde est exposée au paludisme. Mais les plus vulnérables après les jeunes enfants (surtout ceux âgés de 0 à 5 ans), sont: les femmes enceintes non immunisées, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, les voyageurs internationaux en provenance de régions exemptes de paludisme etc.

 

La résistance de P. falciparum aux précédentes générations de médicaments comme la chloroquine, la sulfadoxine-pyriméthamine (SP)  et à l’artémisinine est un problème récurrent. En effet, Les patients sont tentés d’interrompre trop vite leur traitement dès que les symptômes ont disparu. Mais ils ne sont alors que partiellement guéris et des parasites persistent dans leur sang. Sans l’administration d’un second médicament en association (tel que l’ACT), ces parasites résistants survivent et peuvent être transmis à un moustique et à une autre personne. Face à une imminente impasse thérapeutique, de nouvelles molécules doivent aujourd’hui être développées pour préparer les médicaments de demain.

 

D’après l’OMS, il n’existe actuellement aucun vaccin homologué contre le paludisme ou aucun autre parasite de l’homme. Un vaccin expérimental contre P. falciparum, connu sous le nom de RTS,S/AS01, est le plus avancé. Ce vaccin a été évalué dans le cadre d’un vaste essai clinique dans 7 pays d’Afrique et a été soumis à l’Agence européenne des médicaments au titre de l’article 58 pour examen réglementaire. La décision de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de recommander ou non ce vaccin dépendra des résultats définitifs de l’essai clinique et de l’issue positive de l’examen réglementaire. Une recommandation relative à l’adjonction ou non de ce vaccin aux moyens de lutte actuellement utilisés devrait être formulée fin 2015. La principale difficulté de l’élaboration d’un vaccin contre Plasmodium est, qu’au cours de sa vie, le parasite passe successivement par plusieurs stades avec des phases d’intense multiplication asexuée chez l’homme et une phase de reproduction sexuée suivie de multiplication, chez l’insecte.

 

Chaque stade se termine par la libération d’un parasite d’une forme différente, donc porteur d’antigènes différents et induisant des réponses immunitaires différentes, ce qui complique autant la recherche d’un vaccin. Outre la recherche vaccinale, plusieurs équipes mènent des recherches plus fondamentales tant sur l’homme que sur le parasite Plasmodium et son vecteur, le moustique Anophèle. Ces recherches sont indispensables si l’on veut, à terme, trouver de nouveaux moyens de lutte contre le paludisme.

 

Par Bernadin Tessingou

 

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