BERTIN NAHUM – Un africain, franco-béninois, dans la Medtech et la High-tech

Le franco-béninois, Bertin Nahum, dont l’entreprise Medtech conçoit et commercialise le robot ROSA suscite l’admiration de plus d’un à travers le monde. Son parcours personnel le mérite encore davantage.

 

Le fondateur et directeur général de Medtech, Bertin Nahum.Le fondateur et directeur général de Medtech, Bertin Nahum.

 

Nombre de Béninois, voire d’Africains sont aujourd’hui fiers d’entendre parler de Bertin Nahum. Et de revendiquer même ses origines béninoise et africaine. Soit ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Bénin et tant d’autres pays africains, ne font souvent rien pour faciliter l’éclosion des Bertin Nahum. Bien au contraire…Et Dieu sait si l’Afrique peut produire des milliers et des milliers de Bertin Nahum.

Le Bénin d’origine de ses parents, le célèbre inventeur du robot Rosa ne l’a découvert que fort tardivement. Pour le faire découvrir à ses propres enfants. Car même si ses deux parents sont Béninois, il est né à Dakar au Sénégal le 14 novembre 1969.

 

Bertin Nahum a un an quand ses parents s’installent en France. A Lyon, ils ouvrent une épicerie exotique. Le jeune Bertin doit malheureusement faire face à la triste disparition de ses parents. Recueilli par la DDASS à l’âge de 8 ans, il va se construire sa propre personnalité et faire son petit bonhomme de chemin sur le plan scolaire et académique. A l’Institut national des sciences appliquées de Lyon, il obtient un diplôme d’ingénieur. Ensuite, il fait un Master of Science en robotique de l’université de Coventry au Royaume-Uni. Son parcours lui ouvre les voies vers l’ingénierie médicale.

 

L’idée de monter sa propre entreprise naît de ses propres expériences. Et des expériences, Bertin Nahum en a accumulées dans l’exercice de ses fonctions pour le compte de diverses sociétés réputées en matière de robotique chirurgicale. Lui-même a déclaré, il y a quelque temps, au journal français Le Monde : « J’ai participé à la conception d’un logiciel capable de détecter des lésions crâniennes à partir de scanners. Cela m’a donné envie de consacrer ma carrière aux patients, à travers la création de robots susceptibles d’accompagner les chirurgiens dans leurs opérations ». Lauréat du Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Bertin Nahum va créer sa propre entreprise Medtech en 2002 à Montpellier.

 

Grâce aux brevets de son robot de pose de prothèse de genou qu’il vend à Zimmer, une société américaine de chirurgie orthopédique, il développe le projet Rosa. Ce robot d’assistance à la neurochirurgie dispose d’un bras articulé qui lui permet de positionner l’instrument du chirurgien dans l’axe précis, afin d’atteindre une zone particulière du cerveau. Autant de gestes autrefois faits uniquement par l’homme que celui du retrait d’une tumeur ou l’implantation d’électrodes et qu’on peut dorénavant effectuer avec la précision et la sécurité du robot Rosa. Lequel est actuellement demandé dans les plus grands hôpitaux du monde, notamment aux États-Unis.

 

En 2013, Pour son invention Rosa, Medtech a reçu le Prix de la « Société Européenne de l’année dans le domaine de la robotique en neurochirurgie » par le cabinet de conseil Frost & Sullivan en 2013. Et en novembre 2014, le Prix « Révélation » du Palmarès Méditerranée Deloitte Technology Fast 50.

Bertin Nahum Photo 2

 

Bertin Nahum a été classé quatrième entrepreneur high-tech le plus révolutionnaire du monde par une publication de la revue canadienne Discovery Series, derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron en septembre 2012. En septembre 2013, il a été élevé au rang de chevalier de la Légion d’honneur par la ministre française chargée des petites et moyennes entreprises, Fleur Pellerin. Bertin Nahum a été aussi fait Docteur honoris causa en Technologie de l’Université de Coventry (Royaume-Uni), en novembre 2014, en témoignage de sa contribution essentielle à la profession médicale et à l’amélioration des procédures chirurgicales grâce à la technologie robotique.

 

Sans rien renier de ses origines béninoise et africaine mais sans non plus le porter comme une livrée, Bertin Nahum se sent à l’aise dans sa peau. N’empêche, il reconnaît cependant en toute honnêteté qu’il ne serait jamais parvenu à développer ce qu’il a fait sans les conditions accessibles dans son pays d’adoption. Comme quoi, l’Afrique n’a pas un problème d’intelligences mais plutôt d’organisation des intelligences.

 

Par Serge-Félix N’Piénikoua

 

 

 

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Commentaires

  1. Le , Roch NEPO a dit :

    La chute, c’est-à-dire la toute dernière phrase, cher Monsieur N’Piénikoua me paraît suffire, elle seule, hélas, pour résumer la problématique du développement de l’Afrique :  » l’Afrique n’a pas un problème d’intelligences mais plutôt d’organisation des intelligences. »

  2. Le , Roch NEPO a dit :

    La chute, c’est-à-dire la toute dernière phrase de votre article, cher Monsieur N’Piénikoua me paraît suffire, elle seule, hélas, pour résumer la problématique du développement de l’Afrique : » l’Afrique n’a pas un problème d’intelligences mais plutôt d’organisation des intelligences. »

  3. Le , Prof Kalamba Nsapo a dit :

    Organisation des intelligences! C’est bien dit!