NIGERIA – L’interdiction d’importer du riz va-t-elle encore faire les affaires des Béninois ?

Le Nigeria qui entend bien développer son agriculture a décidé de revenir sur l’interdiction d’importer du riz dans le pays. Pour ainsi limiter la concurrence sauvage que fait le riz d’importation de contrebande aux agriculteurs locaux et aux usines de transformation. Une mesure qui n’est pas à sa première expérience. D’autant que, par le passé, elle avait déjà fait les affaires de nombreux commerçants béninois qui passaient illégalement le riz par des chemins de contrebande jusqu’à l’intérieur du Nigeria.

 

Le Gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Godwin Emefiele.Le Gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Godwin Emefiele.

Le Nigeria n’entend plus continuer à engraisser des producteurs de riz étrangers au détriment de ses agriculteurs. Le Gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Godwin Emefiele l’a laissé entendre il y a quelque temps. C’était à l’issue d’une importante réunion qui avait rassemblé à Abuja, la capitale fédérale du pays, des officiels de l’Etat, des producteurs du riz Paddy ainsi que des investisseurs.

 

A l’occasion, le Gouverneur de la Banque centrale du Nigeria a révélé que le pays a dépensé quelque 2,41 milliards de dollars pour l’importation de riz dans la période allant de janvier 2012 à mai 2015. Pour éviter cette saignée du pays, les autorités ont décidé de revoir leurs politiques. La Banque centrale du Nigeria de concert avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, vont mettre en place un financement en faveur des producteurs, des investisseurs et des transformateurs locaux de riz. L’ambition, à terme, étant de développer le secteur local pour lui permettre de satisfaire à l’importante demande locale et d’éviter des importations qui plombent l’économie nationale.

 

« La banque mettra des fonds plus accessibles aux agriculteurs à travers certains de ses programmes de financement tels que le Programme de crédit commercial agricole et le fonds de développement des petites et moyennes entreprises d’un montant de 220 milliards de Naira, soit environ 1,12 milliard de dollars. Les fonds seront mis à la disposition des riziculteurs par les banques de micro finance à un taux d’intérêt de 9 % et toute banque qui fixe des intérêts au-dessus de ce taux doit être signalée à la CBN », a déclaré Le Gouverneur de la Banque centrale du Nigeria (CBN), Godwin Emefiele.

Afin de soutenir cette politique, il a par ailleurs lancé un appel à l’endroit des gouvernements de chaque Etat de la fédération afin qu’ils mettent des terres agricoles à la disposition des agriculteurs désireux de s’investir dans le secteur du riz.

 

A première vue, la mesure d’interdiction du riz est un coup dur pour l’économie béninoise qui en tirait un certain avantage du fait de sa proximité avec son géant voisin. Mais si ceux qui faisaient des transactions régulières avec le Nigeria ont des soucis à se faire, les contrebandiers vont sans doute encore se frotter les mains et développer de nouveaux circuits pour continuer d’inonder le pays de riz sans droits de douane. Une aubaine pour quelques habitués qui vont ainsi en tirer le plus grand profit quand on sait que la corruption au Nigeria est telle que cela risque fort d’être une expérience de plus.

 

Par Abdul Yazid

 

 

 

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